Vindobala est un fort romain du Northumberland en Angleterre situé sur le territoire de Heddon-on-the-Wall[1],[2] qui fit partie de la seizième chaîne fortifiée du mur d'Hadrien et en protégeait la partie orientale. Le camp fut probablement utilisé par l'armée de 122 à , avec une interruption plus longue. Le site de fouilles est devenu célèbre au niveau national pour un mithraeum et une citerne romaine. Malgré son mauvais état de conservation, le site a livré plusieurs découvertes archéologiques importantes, qui ont fourni des informations précieuses sur la vie à la frontière nord de la Grande-Bretagne.
L'ancien toponyme Vindobala est d'origine celtique et pourrait signifier imposante montagne blanche ou remparts. Il est connu grâce à la Notitia dignitatum de la fin du IVeou du début duVesiècle et à la Cosmographie du géographe de l'Anonyme de Ravenne du VIIesiècle. Dans ces documents, il apparaît sous les noms d' Uindobala et de Vindovala. Le nom actuel de Rudchester vient de l'anglo-saxon et signifie Forteresse rouge. Lors de fouilles en 1924, on a découvert que de nombreuses pierres avaient pris une teinte rougeâtre lors de l'incendie du fort.
Description
Le fort protège la vallée du March Burn à l'ouest, une ancienne route menant au sud vers le gué de la Tyne à Newburn. À l'est, le terrain descend jusqu'au Rudchester Burn. Le fort est de forme oblongue, mesurant 157 m du nord au sud sur 117 m d'est en ouest, et couvre environ 1,8ha. Il s'avançait partiellement au nord du mur, typique d'un fort de cavalerie, pour permettre un accès rapide au nord. Il y avait quatre portes principales à doubles portails et deux portes plus petites à portail unique. Une porte principale se trouvait sur le mur nord du fort, tandis que les portes est et ouest s'ouvraient sur le côté nord du mur romain. Il ne restait donc qu'une seule porte principale sur le mur sud du fort, et deux portes plus petites qui donnaient probablement accès à une voie militaire longeant le côté sud du mur. Des tours étaient situées à chaque angle du fort, ainsi que de chaque côté des portes principales.
Forts du mur d'Hadrien.
Détruit par un incendie, il fut reconstruit sur le même plan à la fin du IIeou début duIIIesiècle. Désaffecté au dernier quart du IIIesiècle, il fut remis en service vers , lorsque des bâtiments à pans de bois, posés sur des fondations en pierre, furent érigés et occupés jusqu'à la fin de la domination romaine.
Le terrassement (vallum) passait à environ 220 m au sud du fort, et un village (vicus) s'étendait au sud et au sud-ouest du fort. Au sud du fort, au sommet d'une colline, se trouve une citerne, communément appelée le Tombeau du Géant.
Aujourd'hui, il ne reste plus grand-chose à voir en surface, hormis les monticules au sud de la route militaire marquant les remparts ouest et sud. Aux XVIIIeetXIXesiècles, des pierres furent systématiquement retirées du site pour les bâtiments agricoles locaux, ainsi que pour la construction de la Route Militaire(en).
Garnison
On pense que le fort a été construit pour une cohorte de 500 hommes, en partie montés. Puis, il a été occupé par la Legio VI Victrix, selon l'un des autels du mithraeum fut offert par Lucius Sentius Castus, centurion de cette légion.
Selon la Notitia Dignitatum, le fort était occupé à la fin du IVesiècle par la Cohorte I de Frisons(de). Il s'agissait de troupes recrutées dans une tribu côtière de Germanie inférieure.
(en) J. Gibson, A Geophysical Investigation of the Roman Fort and Vallum at Rudchester (Vindobala), Unpublished MSc dissertation, Durham University, 1988.
(en) Humphrey Welfare, Vivien Grace Swan, Roman camps in England, the field archaeology, Royal Commission on Historical Monuments (England), London, 1995 (ISBN0-11-300039-1).
(en) R. G. Collingwood, R.P. Wright, The Roman Inscriptions of Britain, Vol. 1, Inscriptions on Stone, Oxford, 1965.
(en) Guy de la Bédoyère, Hadrian’s Wall: history and guide, Tempus, 1998 (ISBN0-7524-1407-0).
(en) John Pearson Gillam, Iain MacIvor, The Temple of Mithras at Rudchester in Archaeologia Aeliana, ser. 4, Bd. 32. S. 176–219, pl. XIV-XVIII, 1954.