François René Jean de Pommereul
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Fougères (Ille-et-Vilaine)
Ancien 8e arrondissement de Paris
| François René Jean de Pommereul | ||
| Naissance | Fougères (Ille-et-Vilaine) |
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| Décès | (à 77 ans) Ancien 8e arrondissement de Paris |
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| Origine | ||
| Allégeance | ||
| Arme | Artillerie | |
| Grade | Général de division | |
| Années de service | 1765 – 1811 | |
| Conflits | Campagne de Corse (1769) | |
| Distinctions | Officier de la Légion d'honneur Baron de l'Empire |
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| Autres fonctions | Préfet d'Indre-et-Loire Préfet du Nord Conseiller d'État (France) |
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| Famille | Famille de Pommereul | |
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François René Jean de Pommereul, né le à Fougères, mort le à Paris, est un général de division de la Révolution française, qui devient préfet sous le Premier Empire.
Sa carrière militaire
Né à Fougères d'une famille bretonne noble mais sans fortune, Pommereul entre en 1765 dans le corps de l'artillerie en qualité de lieutenant. Après avoir été employé au siège de Corfou et à la campagne de Corse (1769), il parvient au rang de lieutenant-colonel au corps royal d'artillerie en 1785[1]. Il est vers ce temps-là, un des examinateurs de Napoleone Buonaparte, à sa réception dans ce corps à l'École militaire.
C'est en 1787 que le ministère l'envoie au royaume de Naples pour y organiser l'arme à laquelle il appartient, et c'est là qu'il obtient successivement les grades de brigadier et de maréchal de camp. Il se trouve dans ce royaume au moment de la Révolution française : il se montre partisan de toutes les innovations irréligieuses et politiques proclamées alors. Lorsque le gouvernement napolitain entre dans la coalition des puissances étrangères contre la Première République française en 1793, Pommereul sollicite ses passeports pour revenir en France ; mais ils lui sont refusés, sous le prétexte assez plausible qu'il connait l'état des forces napolitaines. De plus, le roi de Naples veut le retenir à son service, mais il s'y refuse.
Pendant ce temps-là, il est inscrit en France sur la liste des émigrés, ses biens sont vendus, et sa femme et son fils aîné sont incarcérés. Dès qu'il en a la nouvelle, il s'empresse de réclamer de nouveau, et dans le mois de , il obtient enfin ses passeports.
Il se rend en 1796 auprès de l'ambassadeur français à Florence pour obtenir la radiation de son nom de la liste des émigrés. Pendant son séjour dans cette ville, Buonaparte y vient aussi, et lui offre du service dans son armée : mais Pommereul, qui n'est jamais d'une humeur très belliqueuse, quoique dans la suite il soit parvenu au grade de général de division, ne croit pas devoir accepter ; et ayant obtenu sa radiation de la liste des émigrés (accordée seulement en ), il se rend à Paris, où il est employé au comité central d'artillerie.
Un préfet anticlérical
De retour en France il reprend du service, et il parvient au grade de général de division. Mis à la réforme en 1798, il y reste jusqu'au retour de Bonaparte d'Égypte. Il entre dans l'administration, et devient préfet d'Indre-et-Loire le 6 frimaire an IX (). C'est dans cet emploi qu'il pose un buste dans la chambre où naquit Descartes et fait restaurer vers le même temps le tombeau d'Agnès Sorel au château de Loches. Il remplace l'ancienne inscription latine par une française : « Je suis Agnès, vive France et Amour ! ».
À Tours, il fait publier officiellement un almanach dans lequel les noms des saints étaient remplacés par ceux des philosophes du paganisme et par les figures emblématiques de leurs systèmes. Il fait circuler les listes d'athées publiées par Lalande, sur lesquelles il se glorifie d'être un des premiers inscrits ; il y a fait porter celui du cardinal de Boisgelin qui est alors archevêque de Tours. Cette publication cause un grand scandale : le prélat demande à plusieurs reprises qu'on éloigne un tel préfet de son diocèse, mais il ne peut y réussir. Ce n'est qu'après la mort du cardinal que les plaintes des habitants, relatives à une somme considérable que le préfet a dû employer à la réparation des routes, amènent le déplacement de Pommereul. Il ordonne[réf. nécessaire] la destruction de la basilique Saint-Martin, chef-d'œuvre d'architecture, et fait tracer une rue (rue des Halles) à l'emplacement de la nef.
Le gouvernement le transfère dans une des plus importantes préfectures : celle du Nord. Ce changement, loin d'être une disgrâce, lui vaut au contraire une place meilleure. Il passe à Lille le , et administre ce département jusqu'au , époque où il est nommé conseiller d'État et créé baron de l'Empire par lettres patentes du .
Directeur général de l'Imprimerie
Outre son anticléricalisme, Pommereul, sous l'Empire, jouit d'une sorte de renom par sa haine de la noblesse. Quand un gentilhomme est fait chambellan, il s'écrit plein de joie :
« Encore un pot de chambre sur la tête de ces nobles ! »
Et pourtant Pommereul prétend, et avec raison, être gentilhomme. Il signe Pommereux, se faisant descendre de la famille Pommereux des Lettres de Madame de Sévigné[2].
En , lors de la disgrâce de M. Portalis, l'Empereur confie à Pommereul la direction générale de l'Imprimerie et de la librairie. On sait que Portalis a perdu cet emploi pour avoir montré quelque zèle en faveur du pape. Napoléon n'a assurément rien de pareil à redouter de la part du successeur qu'il lui donne : aussi celui-ci a-t-il dit souvent que c'était par antithèse qu'on l'avait mis à la place de M. Portalis, qu'il n'avait été élevé aux fonctions qu'il occupait que pour persécuter le pape, et qu'il s'acquittait de sa mission avec une fidélité dont on dût être satisfait.
Il s'attend en conséquence à quitter ses fonctions lorsque son maître se réconcilie avec le pape : mais comme le pontife ne cesse pas d'être persécuté tant que dure la puissance de Napoléon, Pommereul est directeur-général de la librairie jusqu'à la chute du gouvernement impérial, et pendant trois ans, il dirige cette partie importante de l'administration au grand déplaisir de tous les libraires et de la plupart des gens de lettres.
Pendant toute la durée de son pouvoir, il ne manque aucune occasion d'exercer le plus odieux arbitraire, et de faire peser sur une branche de commerce alors très souffrante une fiscalité sans mesure, et qui ne tourne pas toujours au profit de l'État. On a établi, en faveur de son administration, un impôt sur la réimpression des anciens ouvrages, et c'est principalement aux livres de piété et de morale qu'il en fait supporter le poids. Enfin il exerce souvent, contre les gens les plus honnêtes et les plus paisibles, des vexations, et que ne lui prescrit pas le despotisme même de Bonaparte.
La chute du gouvernement impérial
Alors que la régence (l'impératrice Marie-Louise et sa cour), qui a à fuir devant les armées de la sixième coalition, s'éloigne de Paris en , Pommereul, devenu gouverneur de la Fère, est contraint de capituler le et se réfugie en Bretagne. Remis bientôt de sa première frayeur, il vient à Paris et se présente au gouvernement provisoire pour recouvrer son emploi, mais il ne peut l'obtenir, et reste sans fonctions sous le gouvernement royal de la première Restauration.
Aux Cent-Jours, Lazare Nicolas Carnot, ministre de l'Intérieur, résolu de rendre la presse absolument libre, supprime le poste de directeur-général de la librairie. Napoléon n'abandonne pourtant pas son protégé : le , Pommereul est rétabli au Conseil d'État, et est un des signataires de la fameuse délibération du destinée à exclure les Bourbons du trône. D'autre part, il est envoyé dans les départements du Bas-Rhin et du Haut-Rhin en qualité de commissaire extraordinaire auprès de la 5e division militaire avec mission de renouveler tous les membres de l'administration locale.
Au second retour du roi, il est compris dans l'ordonnance du 24 juillet 1815, et se voit ensuite obligé de quitter la France par suite de la loi du . Il se réfugie à Bruxelles, d'où il reçoit ordre de s'éloigner en , après avoir été arrêté et gardé à vue pendant plusieurs jours. Autorisé à rentrer en France en 1819, il meurt à Paris le , à son domicile de la rue Saint-Maur-Popincourt.
Il est à noter que Pommereul joua un grand rôle dans l'organisation du culte théophilantropique en France.
Un contemporain, dont les jugements ne pèchent pas d'habitude par excès d'indulgence, le général Thiébault, parle du baron de Pommereul en ces termes :
« Quant au général Pommereul, ce que j'avais appris de ses travaux scientifiques et littéraires, des missions qu'il avait remplies, de sa capacité enfin, était fort au-dessous de ce que je trouvai en lui. Peu d'hommes réunissaient à une instruction aussi variée et aussi complète une élocution plus nerveuse. Sa répartie était toujours vive, juste et ferme, et, lorsqu'il entreprenait une discussion, il la soutenait avec une haute supériorité, de même que, lorsqu'il s'emparait d'un sujet, il le développait avec autant d'ordre et de profondeur que de clarté ; et tous ces avantages, il les complétait par une noble prestance et une figure qui ne révélait pas moins son caractère que sa sagacité. C'est un des hommes plus remarquables que j'aie connus[3]. »
Vie familiale
Fils de Louis François Pommereul ( - paroisse Saint-Sulpice, Fougères † - Fougères), sieur de La Gaumerais, procureur du roi à Fougères, François René Jean épouse le à Josselin (Morbihan) Anne Josèphe Martin-Daumont, dont il a :
- Gilbert Anne François Zéphirin (1774 † 1860), marié avec Sidonie Charlotte Marie Novel de La Touche (née le ), sans postérité ;
- Louis Frédéric (1776 † 1842), chef d'escadron de cavalerie, chevalier de la Légion d'honneur, qui vécut en retraite, dès 1827, à Néant (Morbihan), dont postérité ;
- Jacques Henri François ( - Fougères † - Mayenne (commune)), Capitaine de dragons, marié le à Mayenne (commune) avec Caroline Élisabeth Marie Novel de La Touche (1808 † 1830). Veuf, il se remaria en 1833 avec Sophie Louise de La Mondière. De son premier mariage, il a :
- Henri Charles Jean ( - Mayenne (commune) † 1904), baron de Pommereul, propriétaire du château de Marigny (Saint-Germain-en-Coglès, Ille-et-Vilaine), conseiller général d'Ille-et-Vilaine, marié le avec Sidonie MacDonald de Tarente (1850-1905), fille du 2e duc de Tarente et petite-fille du maréchal Macdonald. Ils ont :
- Jeanne Flora (1872 † 1942), mariée, dont postérité.
État de service
- Lieutenant dans l'artillerie (1765) ;
- Lieutenant-colonel (1785) ;
- Passe au du royaume des Deux-Siciles () ;
- Colonel (royaume de Naples, ) ;
- Brigadier des armées (royaume de Naples), () ;
- Inspecteur général de l'artillerie et du génie du royaume des Deux-Siciles ( - ) ;
- Maréchal de camp (royaume de Naples), () ;
- Repasse au service de la France () ;
- Général de brigade () ;
- Membre du Comité central d'artillerie () - ) ;
- Général de division () ;
- Mis en réforme () ;
- Admis en retraite () ;
- Gouverneur de La Fère (fin 1813 - ) ;
Campagnes
Décorations
- Légion d'honneur[4] :
- Légionnaire (1811), puis,
- Officier de la Légion d'honneur ().
Titres
- Écuyer, sieur de Joué
- Baron de Pommereul de l'Empire (décret du et lettres patentes du (signées à Saint-Cloud).
Hommage, honneurs, mentions...
- Sylvain Maréchal et Lalande l'avaient placé dans le Dictionnaire des athées, honneur dont Pommereul était digne à juste titre.
Autres fonctions
- Préfet d'Indre-et-Loire ( - )
- Préfet du Nord ( - )
- Conseiller d'État (en service ordinaire hors section - 1814, rappelé le ) ;
- Directeur général de l'Imprimerie et de la Librairie ( - 1813) ;
- Commissaire extraordinaire dans la 5e division militaire (Haut-Rhin et Bas-Rhin) durant les Cent-Jours.
Armoiries
| Figure | Blasonnement |
| Armes de la famille de Pommereul
De gueules, au chevron d'or, accompagné de trois molettes du même.[5] | |
| Armes du baron de Pommereul et de l'Empire
Écartelé à la bordure d'hermines au premier d'or à la plante de fougère de sinople ; au 2e des barons préfets brochant sur la bordure, au 3e de gueules à la pomme d'argent, tigée et feuillée de sinople en barre, au quatrième d'azur au tube de canon en barre et à la plume en bande d'argent croisée en sautoir.[6],[5],[7] |