Francesco Trevisani
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Francesco Trevisani dit Il Romano[1], né le à Capodistria (alors partie intégrante de la république de Venise, aujourd'hui Koper en Slovénie), mort le à Rome, est un peintre italien rococo. Il a vécu et exercé son art à Rome pendant plus de 65 ans, entre 1678 et 1746.
Il part très jeune à Venise, où il devient l'élève du peintre Antonio Zanchi. Il fréquente également l'atelier de Joseph Heintz der Jüngere[2].
En 1678, Trevisani part à Rome où se déroule toute sa carrière. Il est rapidement employé par le cardinal Flavio Chigi, pour lequel il exécute, entre autres œuvres, deux retables pour la cathédrale de Sienne, Le Christ entre saint Philippe et saint Jacques (1687) et Le Martyre des quatre saints couronnés (1688)[2]. Il devient à Rome le peintre de cour du cardinal vénitien Pietro Ottoboni, figure de premier plan de l'Académie pontificale d'Arcadie[2], et un des plus grands mécènes du moment, qui protège le jeune architecte Filippo Juvarra et des compositeurs de musique comme Arcangelo Corelli, Alessandro Scarlatti et Georg Friedrich Händel.
Trevisani est admis officiellement à l'Académie pontificale d'Arcadie en 1712. Il en adopte les codes et les idéaux. Il dépasse les tendances baroques pour aboutir à des compositions simplifiées, une expression plus sobre des sentiments, des tonalités délicates et un usage plus fonctionnel de la lumière[2].
À Rome, Trevisani devient un des plus importants artistes qui œuvrent dans le sillage du peintre Carlo Maratta.
Parmi les œuvres les plus importantes de Trevisani, on note :
- deux toiles pour l'église Santa Cristina de Bolsena, Le miracle eucharistique du corporal (1699) et La Naissance de la Vierge (1704)
- La Mort de saint Joseph, toile peinte en 1712-1713 pour l'église Saint Ignace de Loyola (Rome)
- les peintures pour la chapelle de la bienheureuse Lucie de Narni, à la cathédrale de Narni (1712-1715).
Entre 1708 et 1717, Trevisani réalise plusieurs tableaux pour le prince Lothar Franz von Schöborn, conservés au Château Weissenstein à Pommersfelden[3].
Parmi les élèves de Trevisani, on note Francesco Civalli et Ludovico Mazzanti. L'activité de portraitiste de Trevisani a servi d'exemple à Pompeo Batoni[2].
Angelo Trevisani, lui aussi peintre, était le frère de Francesco Trevisani.

Œuvres
- Saint Pierre baptisant le centurion Corneille, 1709, huile sur toile, collection privée[4]
- Le Martyre des Quatre Saints couronnés, huile sur toile, 401 x 263 cm, cathédrale de Sienne
- Le Sommeil de l'Enfant Jésus, 1709, huile sur toile, 148,5 × 126 cm, musée du Louvre, Paris[5]
- L'Enfant Jésus désignant à la Vierge les fleurs de la passion, huile sur toile, 71 × 56 cm, musée du Louvre, Paris[6]
- Portrait de jeune fille, huile sur toile, musée Granet, Aix-en-Provence
- Annonciation (1710-1715), huile sur toile, 50 × 39 cm, musée des Beaux-Arts de Nantes. Esquisse probable du tableau de l'Église San Filippo Neri (Pérouse)[7]
- Fresques de la chapelle sainte Claire de la basilique San Silvestro in Capite, Rome
- Trois peintures de l'Histoire de la Passion du Christ à la chapelle du Crucifix de la même basilique (1696 - 1697)
- Portrait du cardinal Pietro Ottoboni (1700), huile sur toile, 134 × 98 cm, Bowes Museum, comté de Durham
- Le Banquet de Marc Antoine et Cléopâtre (1702), au palais Spada, Rome. Probablement exécuté à l'intention du cardinal Fabrizio Spada-Veralli
- Le Banquet de Marc Antoine et Cléopâtre, étude préparatoire au tableau du palais Spada, huile sur toile, 65 × 63 cm, monogrammé F. T., musée des Offices, corridor de Vasari. Envoyé par l'artiste à Ferdinand de Médicis[1]
- Joseph et la femme de Putiphar (vers 1710), huile sur toile, 67 x 51 cm, musée Saint-Léger, Soissons
- La Princesse Maria Clementina Sobieska, épouse du Prince James Francis Edward Stuart, National Galleries of Scotland
- Le Christ mort porté par des anges (vers 1710), huile sur toile, 130,8 x 97,2 cm, Metropolitan Museum of Art, New York. Plusieurs versions de cette composition sont conservées à Vienne (Kunsthistorisches Museum), Rome (Galleria Pallavicini), Bristol (City Art Gallery), Grande-Bretagne (collection particulière) et Prague (Narodni Galerie).
- Retable de la Mort de saint Joseph (1712-1713), chapelle Sacripante, église Saint Ignace de Loyola, Rome
- Le Martyre de saint André, presbytère, basilique Sant'Andrea delle Fratte, Rome
- Stigmates de saint François, retable du maître-autel, église Santissime Stimmate di San Francesco, Rome
- Esquisses à l'huile sur toile pour la mosaïque de la chapelle baptismale de la basilique Saint-Pierre de Rome
- Le prophète Baruch (1718) pour l'archibasilique Saint-Jean de Latran, Rome
- La Mort d'Alexandre le Grand, musée des Beaux-Arts de Pau, Pyrénées-Atlantiques
- Le martyre de Sainte Félicité et de ses sept fils, huile sur toile, 74 x 62 cm, Rijksmuseum, Amsterdam
- Allégorie de la musique (1730)
- La famille de Darius aux pieds d’Alexandre (vers 1737), huile sur toile, 98 x 73 cm, musée du Louvre, Paris
- Dans la Galerie nationale d'art ancien, au Palazzo Corsini (Rome)
- Le Martyre de saint Laurent
- Le Martyre de sainte Lucie
- La Vierge affligée
- Marie Madeleine
Huiles sur cuivre
- Deux cuivres qui faisaient partie des collections du prince Ferdinand de Médicis[1] :
- Le Songe de Joseph (1690-1700), musée des Offices, Florence
- La Vierge cousant (1690-1700), 38 × 30 cm, musée des Offices, corridor de Vasari, Florence
- Le Christ mort porté par des anges, 34 × 28 cm, musée du Louvre (tableau donné au Louvre par Fabrizio et Fiammetta Lemme)[8]
- Autoportrait, 28 x 25 cm, Musée des Augustins de Toulouse