Le prince Franciszek Ksawery Drucki-Lubecki, en français François Xavier Drucki-Lubecki, né en 1778 à Pohost Zahorodzki[1] (près de Pinsk) et mort en 1846 à Saint-Pétersbourg, est un officier, économiste, financier et homme d'État issu d'une famille polonaise du grand-duché de Lituanie, mais qui a fait toute sa carrière au service de la Russie.
Carrière militaire (1785-1800)
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Il est issu d'une famille de haute noblesse désargentée de la région de Pinsk.
Formé comme officier d'infanterie à l'école des Cadets de Saint-Pétersbourg, où il entre dès 1785, François Xavier sert dans l'armée russe de 1794 à 1800, notamment lors des campagnes de Souvorov en Italie et en Suisse, sans toutefois avoir jamais à combattre personnellement les Légions polonaises de Dombrowski.
Du point de vue de la théorie économique, il se place dans le courant des partisans de l'intervention de l'État.
Il réussit à redresser les finances du royaume en exigeant le paiement effectif des impôts dus, disposant alors de ressources pour des investissements (salines de Ciechocinek; canal d'Augustów). Il est à l'origine de la Société de crédit foncier (1825) et de la Banque de Pologne (1828) et joue un rôle important dans le développement économique du royaume durant cette décennie. Il obtient du gouvernement russe la levée des barrières douanières vis-à-vis du royaume, mais impose des taxes à l'importation des produits allemands.
L'option pour la Russie après l'insurrection de 1830
En , il est opposé à l'insurrection, déclenchée le 29 novembre, qu'il considère comme une aventure dangereuse. Le gouvernement polonais d'orientation encore modérée l'envoie alors avec Jan Jezierski à Saint-Pétersbourg, afin de négocier avec le tsar (Nicolas, successeur d'Alexandre), à qui il est demandé de respecter la constitution du royaume, de ne pas utiliser l'armée et de céder au royaume les terres polono-lituaniennes annexées par la Russie. Après le rejet de ces demandes, qui entraîne la déposition de Nicolas comme roi de Pologne () et le début de la guerre polono-russe, il reste à Saint-Pétersbourg[2], où il travaille sur la réforme des institutions du royaume.
En 1832, il devient membre du Conseil d'État de Russie.