Franck Cinot

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Franck Cinot
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Franck Cinot, né à Saint-Martin-les-Voulangis le et mort à Crécy-en-Brie le , est un peintre français.

Franck Cinot, Chasse réservée.

Paysagiste, il fut un des peintres majeurs de la vallée du Morin. Il a appris à peindre auprès d’Alexandre René Véron, Alexandre Bouché, du groupe de Luzancy et Amédée Servin « le maître de la Vallée du Morin. »

Franck Cinot, Les Cuirassiers.

Franck Cinot est issu d'une famille de notables briards. Son grand-père était adjoint au maire de Crécy (1940-1844), puis maire (1845-1949). Son père, Amynthe Cinot (1822-1898) était sculpteur et dessinateur. Il avait exposé en 1863. Il était aussi membre de la Société d'archéologie de Seine-et-Marne, collectionneur et numismate réputé. Les deux grands-pères de Franck Cinot, Charles François Cinot, propriétaire, et François Sylvain Simon, propriétaire, sont chevaliers de la Légion d'honneur. Un Cinot est également propriétaire de la ferme de Montgeoffroy à Maisoncelles-en-Brie en 1829. Frank Cinot débute au salon de 1874, avec la toile nommée Péché d'envie. Il exposera jusqu'en 1889 des paysages[1], des toiles de genre, ainsi que des sujets militaires et équestres[2] bien accueillis par les critiques[3].

Il meurt à Crécy-en-Brie à 39 ans. Il fut enterré dans le vieux cimetière de Crécy (pas très loin d'Alexandre Altmann), à quelques pas de l’endroit où il était né. Il laisse une veuve, Mme Franck-Cinot, née à Barbot d'Haute-Claire, et sa fille, Jeanne[4].

Franck Cinot, Moulin de Crecy, circa 1870.

Il avait acquis une certaine notoriété, et reconnu par ses pairs de son vivant. Sa nécrologie paraît dans La chronique des arts et de la curiosité[5], l'Almanach de Seine-et-Marne[6], dans la presse régionale, mais aussi nationale[7]. Une notice est écrite à son propos dans la Notice historique sur Voulangis, de Th. Lhuillier[8], Meaux 1893.

Il fait partie du cercle des peintres de la Vallée du Morin dont Amédée Servin fut l'initiateur[9]. Ces peintres fréquentaient principalement Voulangis, La-Chapelle-sur-Crecy, Crecy-en-Brie et Villiers-sur-Morin ainsi que les hameaux alentour[10].

Les débuts de la vallée des peintres

Au milieu du XIXe siècle, rejetant les scènes héroïques et futiles du rococo, la peinture réaliste se veut calme, éloquente et exemplaire. Cet art moral et didactique utilise des scènes antiques, le décor n'est qu'accessoire. C'est l'apogée de Jacques-Louis David et de son école. Traditionnellement, pour entrer à l'Académie des Beaux-Arts, un jeune artiste devait commencer un apprentissage dans l'atelier d'un peintre de renom.

Amédée Servin

Franck Cinot, Les Marmitons, circa 1880.

Amédée Servin apprit son art avec Martin Drolling et François Nicot. Enthousiaste, il se lia d'amitié avec de nombreux étudiants en arts ; ils le rejoignirent plus tard à Villiers-sur-Morin où il s'installa. De nombreux jeunes artistes se rebellent contre les enseignements académiques. Ils s'affranchissent des contraintes du travail en atelier, installent des chevalets en plein air, profitent des évolutions technologiques comme le tube de peinture qui vient d'être inventé. Ils ont peint le paysage qu'ils habitaient en utilisant les couleurs et les nuances qui leur étaient contemporaines.

La liberté émotionnelle leur vient de l’observation de la nature. Amédée Servin fréquente Barbizon jusqu'en 1855. Lors de ces séjours, il a rencontré le propriétaire des lieux : Théodore Rousseau, Jean-François Millet, Narcisse Diaz, mais aussi Paul Huet, Eugêne Decan, Jules Thépaut. Ces artistes ont ensuite fréquenté la Vallée du grand Morin, en même temps que Franck Cinot. Après de nombreux séjours dans différentes régions de France, dont la Bretagne, l'Auvergne, la Normandie, Amédée Servin revient à Paris et se marie en 1857.

Ses deux élèves principaux furent Franck Cinot et Francisque Chatelain, qui fit venir son ami Camille Corot à Crécy. La peinture de Franck Cinot s'inscrit dans la continuité de ces maîtres, tout en développant son propre style.

Le cercle de Villiers

Le dix-neuvième siècle est caractérisé dans l'histoire de la peinture par la multiplication des foyers d'arts locaux. Il y en a eu un peu partout en France. Trois sont bien connus du public : Barbizon, où Claude Marumo, un spécialiste du dix-neuvième siècle, recense environ 600 peintres ; Honfleur, parce qu'il fut le berceau de l'impressionnisme et Pont-Aven. Dans ces trois « écoles », il s'est toujours produit quelque chose de marquant à une date donnée. Par exemple, la présence de Gauguin à Pont-Aven, et de ses amis, à partir de 1886, en firent le point de départ d'une révolution picturale, alors que le foyer de Pont-Aven était fréquenté bien avant par de nombreux peintres français et étrangers, autour de l'auberge de Marie-Jeanne Gloanec.

Franck Cinot, Les Saules.

Pour le « cercle de Villiers », ce fut autour de l'auberge « le Souterrain » et de son tenancier, M. Douet, que s'organisèrent les artistes. Beaucoup de ces foyers de peintres s'organisaient autour des auberges (et surtout des aubergistes généreux) où les peintres trouvaient le gîte et le couvert.

En 1857, Amédée Servin fut le premier qui partit à la découverte des paysages briards, sur les conseils de son ami Alexis Ledieu, qui habitait Quincy-Voisins. Il ne devait y rester que quelques jours mais, charmé par les paysages, décida de s'y installer. Il logeait à l'auberge de Villiers (dite « le Souterrain ») car les auberges étaient moins chères que les hôtels pour les peintres désargentés[11]. Henry Ego le raconte[12] :

« Plus près de nous, à une demi lieue de Crécy, se trouve une modeste auberge - les hôtels coûtent tant ! - à l’enseigne du Pont de Villiers, qui devient le rendez-vous de jeunes peintres dont le talent et la réputation attendent l’occasion de se produire au grand jour pour être populaires. (...) Viennent de nouveaux hôtes au Pont de Villiers, qui y laissent des traces de leur passage, et un jour cette modeste auberge, tout en offrant plus d'économie, n'aura plus guère à envier à Barbizon, que son voisinage de la forêt. (...) Une jeune et nombreuse société d'artistes, lesquels depuis 1858 ont su se faire une place au grand jour et dont les noms - déjà connus pour la plupart - sont, n'en doutons pas, destinés à passer à la postérité ! »

Sabine Gervais et René Blaise[13] :

« L'accueil de l'aubergiste Aimé Douet, la communication franche et agréable avec les villageois, qui accueillait chaleureusement « les Parisiens, la beauté des paysages verdoyants et la lumière toujours changeante » firent des alentours de Villiers sur Morin l'endroit parfait pour pouvoir travailler « d'après nature ». À la suite de son installation, beaucoup d'amis de Servin suivirent ; parfois pour de brefs séjours mais aussi parfois pour s'y installer, agrandissant ainsi la population d'artistes locaux. Amédée Servin et son ami Jules Grenier, un jeune journaliste local purent ainsi créer une nouvelle scène artistique propice aux rencontres et aux fêtes. »

Un foyer artistique prolifique

Franck Cinot, Le Garde champêtre.

Villiers-sur-Morin devient un cercle intellectuel et amical artistique[14], tout au long de la seconde moitié du XIXe siècle, jusqu'à la veille de la Première Guerre mondiale.

Les artistes qui y séjournaient ne faisaient pas forcément partie du même courant artistique. Les paysagistes étaient les artistes les plus représentés, d'autres ne venaient que par amitié avec Amédée Servin, et non pour peindre.

Paul Baudry, Jacques Henner, Eugène Decan et Henri Otolle-Delage s'installent à Saint-Germain-sur-Morin, Crécy-la-Chapelle et Villiers-Morin, où Amédée avait établi son cercle artistique. Vincent Van Gogh, Henri de Toulouse-Lautrec, Suzanne Valadon et Émile Bernard ont également été invités à séjourner dans la région par Albert Grenier, peintre estimé, et son épouse, la célèbre mannequin Amélie Sans. Dans leur demeure de Villiers, ils organisaient des soirées « parisiennes ».

Deux générations de peintres ont fréquenté Villiers. La première était liée à un camarade de classe de Servin, né vers 1830, attiré par la réputation de ce lieu. La deuxième génération avait environ 20 ans de moins, nés vers 1850 (Guéry, Smitt, Prévot-Valéry…). Tous sont d'illustres paysagistes.

Cinot, l'enfant du pays

Références

Liens externes

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