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François-Louis Suleau

pamphlétaire monarchiste français From Wikipedia, the free encyclopedia

François-Louis Suleau, né le à Grandvilliers et mort le à Paris, est un pamphlétaire monarchiste français.

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François-Louis Suleau
Biographie
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Biographie

Il est le fils de Nicolas Antoine Victoire Suleau, négociant à Grandvilliers, et de Marie Jeanne Fortin. Il fait ses études à Amiens et au collège Louis-le-Grand (en compagnie de Desmoulins, Robespierre et Fréron fils). Suleau reçoit le grade de maître des arts.

Il s'engage ensuite dans les hussards. En 1784, il renonce à une carrière militaire et devient avocat aux conseils du roi. En 1787, il vend cette charge, part pour un voyage aux îles du Vent et à Saint-Domingue.

Période révolutionnaire

Après la démission du sénéchal de la Guadeloupe, il ne peut le remplacer sans l’agrément du roi. Il part pour la France, visite les différents États de l’Amérique du Nord, et arrive à Paris le .

Suleau prend position. D'abord favorable aux principes nouveaux, les journées d’octobre le ramènent du côté royaliste.

Il se rend en Picardie, dans sa famille, et entreprend de convertir la municipalité d’Amiens à ses idées. Invité à quitter la ville, il refuse et est enfermé dans la citadelle.

Dans le plan du « marquis » de Favras consistant à emmener le roi dans une ville du nord, Suleau est considéré par les révolutionnaires comme l’émissaire chargé de soulever la Picardie. Ces bruits se répandent ; le Châtelet de Paris évoque l’affaire de Suleau, et le fait transférer à la Conciergerie. Une commission est nommée ; après quatre mois de captivité, le prisonnier est relâché le sans avoir été entendu.

Il écrit des pamphlets dans les journaux hostiles à la Révolution. Dans les Actes des Apôtres (à dater du no 102), sa collaboration est considérable. Il pourfend les pamphlets offensants pour la majesté royale, menace même le duc d’Orléans, l'accuse de pactiser avec le mouvement révolutionnaire, provoque les députés du côté gauche.

Il fréquente Mirabeau, le garde des sceaux Duport du Tertre et La Fayette.

Il s’emploie à persuader le roi qu’il faut satisfaire Mirabeau, et pousse Mirabeau à rétablir l’ordre.

Ses lettres et ses plans sont confiés à son exécuteur testamentaire, le comte de La Marck, et n’ont pas été publiés. Il y conseillait de commencer la guerre civile dans le Midi et de corrompre les députés : il avait calculé qu’avec moins de deux millions de livres, cent dix voix étaient enlevées au côté gauche, et assuraient une majorité au gouvernement.

Les ministres du roi écartent ce plan. Le Journal de M. Suleau paraît le . Il donne des renseignements sur la cour de Coblence et les plans de l’émigration. En , Suleau se trouvait à Neuwied sur le Rhin. Il ne croit pas à l’armée de Condé, et cherche à établir une monarchie représentative.

En 1792, il s’efforce de convertir Danton et Robespierre à la constitution anglaise. Il publie un nouveau journal, d’un seul numéro, daté probablement du .

Le , il épouse à Oncy-sur-École une artiste peintre, Adélaïde Victoire Hall, fille du peintre suédois Pierre-Adolphe Hall et de Marie Adélaïde Gobin. Le mariage est célébré par son frère, René Suleau, chanoine de l'abbaye de St-Victor de Paris et prieur curé d'Oncy[1].

Ils auront un fils né post mortem en 1793, Élysée de Suleau[2].

Dans la nuit du 9 au , le directoire du département de Paris lui confie la mission de vérifier l’état des choses et d’en faire son rapport au procureur général syndic. Dans la matinée du 10 août 1792, avec quelques jeunes gens, il se rend aux Tuileries en uniforme de garde national.

Il est arrêté, en même temps qu'un ex-garde du corps, M. de Solminiac, et l’abbé Bouyon, « auteur dramatique » identifié comme étant Victor Auguste de Bouyon (1758-1792)[3].

Meurtre

Le , Suleau meurt, massacré par la foule, une heure avant l’assaut du palais des Tuileries.

Ce meurtre fait suite à une rixe en date du  : dans les jardins des Champs-Elysées, une délégation de Marseillais avaient affronté des membres royalistes du bataillon des Filles Saint-Thomas. Un patriote marseillais avait été gravement blessé et un royaliste tué.

Par esprit de vengeance, dans la nuit du 9 au suivant, des listes de proscription circulent, identifiant plusieurs de ces royalistes constitutionnels, parmi lesquels le journaliste et ancien député Regnaud de Saint-Jean d’Angély. Suleau est confondu avec lui et est massacré[4].

Le journaliste royaliste Jean-Gabriel Peltier a prétendu, à tort, que Anne-Josèphe Théroigne de Méricourt avait poignardé Suleau, à cause des quolibets dont il l'affublait dans les Actes des apôtres. Cette calomnie est toujours colportée[4].

Écrits

  • Lettre d’un citoyen à MM. les présidents et commissaires de son district, Paris, sept., 1789, in-8° ;
  • Un petit mot à Louis XVI, sur les crimes de ses vertus, par un ami des trois ordres, Paris, oct. 1789, in-8° ;
  • Projet d’adresse à l’Assemblée nationale, Amiens, , in-8° ;
  • Fidelissimse Picardorum genti, ou Tu dors, Picard, et Louis est dans les fers, Amiens, , in-8° ;
    C’est la brochure incriminée par le Châtelet ; Suleau a nié en être l'auteur ; elle semble de sa main.
  • Premiers interrogatoires de M. Suleau, Paris, , in-8° ;
    La suite parut dans le même mois.
  • Lettre à M. l’évêque d’A… (Autun ) et compagnie, Paris, шагs 1790, in-8° ;
  • Les Pâques de M. Suleau, Paris, , in-8°; réimpression du no 5 de l’Apocalypse, publication périodique ;
  • Nouvelle conspiration de M. Suleau,  ;
  • Le Réveil de M. Suleau, suivi du prospectus du journal politique que le public lui demande, : en ligne;
  • Voyage en l’air, second réveil ; à Ballomanie, , in-8° de 160 p. ;
  • Journal de M. Suleau, 12 n(os) du à  ; le 1er n° du deuxième abonnement est unique, en ligne ; autre numéro de 1791, en ligne;
  • Plusieurs brochures, extraites des Actes des Apôtres.

Suleau avait préparé une Histoire de la chute de la monarchie ; cet ouvrage est perdu.

Notes et références

Bibliographie

Liens externes

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