François-René Lemercier
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Il est le fils de René Lemercier et de Jacquine Batel. Il effectue ses études médicales à Paris, en particulier à l'hôpital Saint-Louis. Il soutient le , sous la présidence de Salmtier, sa thèse doctorale intitulée : Dissertation sur le cancer des lèvres, Paris, 1808, 21 pp. in 8.
Etabli à Mayenne, il est médecin des hôpitaux et des prisons, médecin des épidémies de l'arrondissement ; en 1816, il fut nommé membre du jury médical du département en remplacement de René-François Plaichard Choltière, et le membre correspondant de l'Académie de médecine.
Il apprit que le Congrès scientifique de France, qui devait tenir sa 7e session au Mans en , avait porté sur son programme la statistique du département de la Sarthe. Cette clause ne fut pas remplie. Mais lorsque le Congrès se réunit le , sous la présidence de Pierre-Aimé Lair et d'Arcisse de Caumont, Lemercier apporta à la section de médecine la statistique de la Mayenne, et en donna lecture le 20. Il prit également part aux discussions inscrites à l'ordre du jour de la section, sous la présidence d'Etoc-Demazy en particulier sur le parallèle de la taille et de la lithotritie. Membre, avec Lepage d'Orléans, et Bourjot de Paris, de la Commission chargée de nommer les lauréats de la section de médecine, Lemercier ne put être rangé parmi les médaillés ; mais les congressistes lui votèrent, le , avant de se séparer, tous leurs éloges pour l'ensemble de ses travaux[1]..
De ses ouvrages, la Statistique qui fut publiée en partie dans les comptes rendus du Congrès, puis dans l' Annuaire de la Mayenne de 1841, enfin en un volume spécial, la Statistique était le plus original, et le seul édité jusque-là sur l'hygiène mayennaise[2] au XIXe siècle.
Il épouse à Mayenne, le , Eulalie Lottin[3]. De ce mariage sont issus : 1° Hippolyte-François Lemercier, né à Mayenne le ; 2° Théophile Lemerccier, né à Mayenne le , mort à Mayenne le .
- Paul Delaunay indique que Lemercier nous montre les villes mal percées, sales, les immondices entassés aux portes des faubourgs ; les cimetières maintenus en plein centre ; les casernes, les hôpitaux, les prisons, foyers permanents de contagion, installés dans de vieilles bâtisses mal appropriées à cette destination nouvelle ; les maternités seulement projetées ; les salles d'asiles trop peu nombreuses ; les écoles insalubres. Aussi les épidémies font rage : scarlatine, et fièvre catarrhale avec affection des membranes muqueuses » (probablement la grippe); rougeole, variole même, car, malheureusement, la vaccination est peu répandue et Lemercier observe que : « la vaccine semble restreinte à la classe éclairée ; les enfans du peuple et des campagnes sont rarement vaccinés. L'administration n'accorde aucuns fonds pour propager ou encourager cette heureuse découverte qui, loin de se répandre de plus en plus, paraît diminuer de jour en jour. Pendant les saisons froides, l'automne surtout, la plus meurtrière, Lemercier note la fréquence du rhumatisme articulaire aigu, des affections broncho-pleuropulmonaires et des angines. Enfin, sous ce climat humide et assez froid, la scrofule, la phtisie, le rhumatisme chronique, sont endémiques; le rachitisme, les tumeurs blanches, estropient les enfants à foison. Et la propreté étant le moindre souci de la population, la gale et les diverses dermatoses sont fort répandues. A tout cela s'ajoutent les maladies professionnelles : l'industrie générale du département étant le tissage, les ouvriers s'étiolent dans ces caves malsaines, obscures, où toute la journée retentit le tic-tac des métiers. Tisserands, cardeurs et poupeliers meurent phtisiques ; les carriers périssent de coups do froid, et d'alcoolisme: les fondeurs et chaufourniers souffrent d'affections oculaires graves.