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François-Thomas-Marie de Baculard d'Arnaud

écrivain français From Wikipedia, the free encyclopedia

François-Thomas-Marie de Baculard d'Arnaud, né le à Paris et mort le 17 brumaire an XIV à Paris 4e, est un poète, romancier et dramaturge français.

Sépulture
Cimetière du Père-Lachaise, Grave of Baculard d'Arnaud (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Pseudonymes
B***, B*** d' ArnaudVoir et modifier les données sur Wikidata
Faits en bref Naissance, Décès ...
François-Thomas-Marie de Baculard d'Arnaud
Huile sur toile de Greuze au musée Saint-Loup.
Biographie
Naissance
Décès
Sépulture
Cimetière du Père-Lachaise, Grave of Baculard d'Arnaud (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Pseudonymes
B***, B*** d' ArnaudVoir et modifier les données sur Wikidata
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Écrivain, independent publisher, dramaturge, poète, éditeurVoir et modifier les données sur Wikidata
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Sépulture au Père-Lachaise.
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Biographie

Enfant précoce issu d'une famille noble du Comtat Venaissin, il faisait passablement des vers dès l'âge de neuf ans. Élève des Jésuites de Paris[1], il compose et fait imprimer, à quinze ans une tragédie intitulée Coligny, ou la Saint Barthélemy, dont le sujet était emprunté à la Henriade de Voltaire. Sa seconde tragédie, Didon, emprunte son sujet à l’Énéide. Ni l’une ni l’autre n’a été représentée, mais elles ont fourni à Baculard l’occasion de faire la connaissance de Voltaire qui, passionné de théâtre, accueillait avec empressement tous les jeunes gens qui voulaient s’y consacrer et annonçaient quelques dispositions[2].

Étudiant en philosophie au collège d'Harcourt, il continue de solliciter Voltaire, jusqu’à ce que fatigué des demandes d’argent continuelles du collégien, celui-ci le recommande à Helvétius, qui lui procure un emploi. Provisoirement mis à l’abri du besoin, il entreprend une comédie intitulée le Mauvais Riche, qu’il fait représenter, en , à l’hôtel de Clermont-Tonnerre, avec Lekain dans le rôle principal. Lekain qui, à cette époque, exerçant la profession d’orfèvre, ne jouait encore la comédie que pour son plaisir, était un des acteurs de ce théâtre. Voltaire, qui assistait à la première représentation, a eu l’occasion de discerner le talent de cet acteur, puis de le développer[3].

Quelques poésies légères assez agréables, entre autres l’Épitre à Manon, plus connue sous un titre un peu plus libre, ayant attiré sur lui l’attention de Frédéric II, le roi de Prusse en fait son correspondant littéraire à Paris, à la place de Thieriot, avant de l’appeler, deux ans, après, auprès de lui à Berlin, où il ne tarde pas à remplacer Voltaire dans le cœur de Frédéric, qui fait la réception la plus flatteuse à sa nouvelle recrue, l’appelant son Ovide et composant pour lui des vers finissant ainsi :

« Déjà l’Apollon de la France [Voltaire] S’achemine à sa décadence ; Venez briller à votre tour ; Élevez-vous, s’il baisse encore : Ainsi le couchant d’un beau jour Promet une plus belle aurore[4]. »

Jaloux de se voir évincé, l’intérêt que Voltaire avait porté, jusque-là, au jeune homme se change en une sorte d'aversion. Nommé membre de l'Académie royale des sciences et des lettres de Berlin, il ne soit sommé d’y être assidu, d’y travailler mais n'en marque aucune envie. Pis, on découvre qu’il se serait plaint à Fréron, de ce que Voltaire le desservait dans l'esprit de Frédéric. Fatigué de ces chicanes, il va trouver le roi, et lui demande trancher entre lui et Voltaire. Frédéric lui ordonne, sans ménagements, de partir dans les vingt-quatre heures, en « oubliant » de lui payer son voyage[4].

Remercié, après moins d’un an de séjour à Berlin, de l’Académie royale des Sciences et Belles-Lettres de Berlin, ce qui lui fait perdre une situation de quatre mille huit cents livres, il se retire à Dresde, où il est nommé conseiller de légation, où il séjourne jusqu’à ce que Voltaire quitte la Prusse, à son tour. Le roi rappelle Baculard, le même jour[a]. Baculard n’ayant pas joui pas de plus de considération à Berlin qu’auparavant, il prend bientôt le parti de retourner à Dresde, où il ne reste que peu de temps, à la suite de l’invitation en France du comte de Frise (de)[2].

Après avoir vécu très répandu dans la société parisienne pendant plusieurs années, il s’en est retiré pour se livrer entièrement à la composition de ses nombreux ouvrages. Légèrement impliqué dans l’affaire Goëzman, il a eu sa part du ridicule que Beaumarchais a jeté sur tous ses adversaires dans cette cause. À l’avènement de La Révolution, sa prodigalité l’a desservi, en le privant en grande partie des ressources qu’il pouvait encore tirer de son travail. Le 7 messidor an I, il est arrêté, avec sa femme, et traduit devant le Tribunal révolutionnaire, mais pour avoir donné asile à leur ami La Mazelière[5].

Il n’est sorti de prison que pour mener jusqu’à sa mort la vie la plus malheureuse. La pension qu’il recevait du Gouvernement comme homme de lettres ne suffisant pas à ses besoins, il tâchait d’y suppléer en composant quelques romans, mais ces ouvrages de vieillesse dus à la nécessité, ne lui rapportaient guère plus d’argent que de gloire. Il cachait son âge véritable dans la crainte que les libraires à qui il vendait ses derniers romans, ne le jugent trop vieux pour écrire encore dans ce genre littéraire[2].

Écrivain prolifique, il a touché à presque tous les genres littéraires. L’Épitre à Manon, quelques sarcasmes qu’elle lui ait attirés, est à peu près la seule pièce dont les amateurs de vers aient gardé le souvenir. On a de lui trois tragédies, ou plutôt des drames, dans ce genre noir et funèbre qu’il avait adopté, Euphémie, Fayel, et le Comte de Comminge, tiré du roman de Claudine de Tencin. Les deux premières pièces n’ont jamais été jouées ; Euphémie et Comminge ne pouvaient pas l’être en France avant la Révolution[b], attendu que des religieux et des religieuses y figuraient en costume. La Révolution ayant aboli les couvents, ce genre de bienséance a été écarté, et Comminge a été représenté au Théâtre-Français, avec quelque succès. Il a également écrit un nombre considérable de nouvelles historiques et d’anecdotes, qui ont été réunies en recueils sous les titres de Délassements de l’homme sensible et d'Épreuves du sentiment, qui ont eu une très grande vogue. Plusieurs de ses nouvelles et anecdotes ont été portées avec succès sur la scène, entre autres Sargines. Outre Berlin, il était, de plus, membre de l'Académie des sciences de Saint-Pétersbourg[2].

Critiqué pour sa mauvaise gestion financière, son fils a expliqué la raison de son manque d’économie, après sa mort. D’une générosité découlant naturellement de son caractère, sa maison et son argent restaient, dans la limite de ses moyens, toujours ouverts aux jeunes écrivains qui avaient besoin de soutien et d’encouragements. Nicolas Gilbert lui en a publiquement témoigné sa reconnaissance, en consignant ce témoignage à la tête de ses œuvres[5].

Jugements

« La plupart de nos gens de lettres, disait-il, écrivent avec leur tête et leurs mains : M. d’Arnaud écrit avec son cœur[7]. »

 Jean-Jacques Rousseau

Œuvre

Théâtre

  • Coligni : ou la St. Barthelemi, tragédie en trois actes et en vers, , in-8º (lire en ligne sur Gallica).
  • Le Cardinal de Lorraine ou les Massacres de la Saint Barthélemy, tragédie en trois actes, 1756
  • Les Amans malheureux : ou le Comte de Comminge, drame en 3 actes et en vers, , in-8º (lire en ligne sur Gallica). — Adaptation des Mémoires du comte de Comminge de Claudine de Tencin.
  • Euphémie : ou le Triomphe de la religion, drame, Paris, , in-8º (lire en ligne sur Gallica).
  • Fayel, tragédie, représentée sur le Théâtre de la Cour par les Comédiens français ordinaires du Roi, , in-8º (lire en ligne sur Gallica).
  • Mérinval, drame en cinq actes et en vers, Paris, , in-8º (lire en ligne sur Gallica).
  • Les Fêtes namuroises, ou les Échasses, petite comédie, ornée de chants et de danses, 1775
  • Œuvres dramatiques de M. d’Arnaud, Amsterdam, D. J. Changuion, , clxii-[4]-300, 464 p., 2 vol. ; in-12 (lire en ligne).

Varia

  • Ode sur la naissance de S. A. S. Monseigneur le prince de Condé, Paris, , in-8º (lire en ligne sur Gallica).
  • Lettre à Monsieur l'abbé Phi** [Philippe] au sujet des tragédies de M. de Voltaire, Paris, , in-8º (lire en ligne sur Gallica).
  • Theresa, histoire italienne, avec un discours sur le roman, 1745-1746.
  • La Mort du maréchal comte de Saxe, poème, Paris, , in-8º (lire en ligne sur Gallica).
  • La France sauvée, poème, 1757.
  • Les Époux malheureux, ou Histoire de Monsieur et Madame de La Bédoyère, écrite par un ami, 1758.
  • Les Épreuves du sentiment (4 vol.), Paris, Le Jay, 1770 et 1772, « vols. 1 & 2 » ; puis Paris, Delalain, 1775 et 1777, « vols. 3 & 4 » ; puis Paris, Delalin, 1778, « vol. 5 & 6 ».
  • Nouvelles historiques, Paris, Delalain [puis] Vve Ballard & fils, 1774-1783, xxii-[2]-486-[5], 404, 224 p., 3 vol. ; in-8º (lire en ligne).
  • Œuvres complètes, 5 vol., 1775-1777.
  • Vie de Dérues : exécuté à Paris en place de Grève, le 6 mai 1777, Paris, , in-8º (lire en ligne sur Gallica).
  • Délassemens de l'homme sensible : ou Anecdotes diverses, Paris, Vve Ballard & Fils [puis] Buisson, 1783-1787, 24 parties en 12 vol. ; in-12 (OCLC 763394237, lire en ligne).
  • La Vraie Grandeur : ou Hommage à la bienfaisance de son altesse sérénissime monseigneur le duc d'Orléans, Paris, , in-8º (lire en ligne sur Gallica).
  • Les Loisirs utiles. Linville, ou les Plaisirs de la vertu. Eugénie, ou les Suites funestes d'une première faute, 1795.
  • Les Matinées, nouvelles anecdotes, 1798.
  • Denneville, ou l'Homme tel qu'il devrait être, 3 vol., 1802.
  • Œuvres, 11 vol., 1803.
  • La Naissance de monseigneur le duc de Bourgogne, ode, Paris, s.d., in-8º (lire en ligne sur Gallica).
  • Lorimon, ou l'Homme tel qu'il est, 3 vol., s.d.

Notes et références

Bibliographie

Liens externes

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