Jean-Baptiste Greuze

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Jean-Baptiste Greuze
Autoportrait de l'artiste (vers 1769),
musée du Louvre, Paris.
Biographie
Naissance
Décès
Sépulture
Nationalité
Formation
Activité
Période d'activité
Conjoint
Anne-Gabrielle Babuty (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Enfant
Parentèle
François Babuty (d) (beau-père)
François Antoine Babuty-Desgodets (beau-frère)Voir et modifier les données sur Wikidata
Autres informations
Membre de
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Mécène
Maître
Élève
Genre artistique
Œuvres principales

Jean-Baptiste Greuze, né le à Tournus et mort le à Paris, est un peintre et dessinateur français.

Maison natale à Tournus, au no 5 de la rue Greuze.

Jean-Baptiste[n 1] Greuze est né le à Tournus[n 2] en Saône-et-Loire. Fils d'un entrepreneur et architecte, Jean-Baptiste Greuze fut dès sa plus tendre enfance attiré par le dessin, malgré la volonté de son père qui le destinait au commerce. Il fut soutenu dans sa vocation par le peintre lyonnais Charles Grandon, dont il sera l'élève. Greuze suit son professeur à Paris où il s'installe en 1750. Il devient l'élève de Charles-Joseph Natoire à l'Académie royale de peinture et de sculpture, professeur avec lequel il eut des démêlés.

Ses débuts au Salon de 1755 furent un triomphe. Son Père de famille lisant la Bible à ses enfants connaît un grand succès. Il devient membre associé de l'Académie[1]. Il part étudier à Rome de 1755 à 1757[2] et il y peint Les Œufs cassés peu de temps après son arrivée[3].

Aux couleurs claires et lumineuses, à l'attitude légère de la peinture du XVIIIe siècle, Greuze introduit un réalisme d'influence néerlandaise dans la peinture de genre et le portrait français. Par des expressions faciales vives et des gestes dramatiques, ces peintures moralisantes illustrent l'idée selon laquelle la peinture doit se rapporter à la vie. Il capture les détails des décors et des costumes, parle au cœur, éduque les observateurs et cherche à les rendre « vertueux »[4].

Madame Greuze, lavis d'encre de Chine, Rijksmuseum Amsterdam.

Le , il épouse Anne-Gabrielle Babuty, fille d'un libraire du quai des Augustins, François Babuty, dont il expose en 1761 le portrait. Cette même année, il suscite l'engouement du public et de la critique au Salon, avec son Accordée de village[2].

L'année suivante, le , à Paris, son épouse donne naissance à une première fille qu'ils prénomment Anna-Geneviève. Elle embrassa la carrière de son père qu'elle soutiendra jusqu'à sa mort.

Greuze demande le divorce qui est prononcé le , et il se venge de ses déboires matrimoniaux en exécutant un dessin au lavis intitulé La Femme en colère où Anne-Gabrielle a l'apparence d'une furie ; dessin qui est aujourd'hui la propriété du Metropolitan Museum of Art de New-York[5].

Ayant placé sa fortune en rentes sur l'Hôtel de Ville, la Révolution le ruina entièrement.

Mort en sa demeure sise rue des Fossés Saint Denis (qui longeait le boulevard de Bonne-Nouvelle), Greuze repose à Paris au cimetière Montmartre.

Sépulture

La tombe de Jean-Baptiste Greuze et de ses filles : Anna-Geneviève (décédée le ) et Louise Gabrielle Greuze (décédée le ), se trouve dans la 27e division du cimetière de Montmartre[6] à Paris.

On peut y lire (en majuscules) :

RIVAL DE LA NATURE, ORGUEIL DE NOTRE FRANCE

IL GARDA TOUJOURS PUR L'HONNEUR DE SES PINCEAUX

IL PEIGNIT LA VERTU, L'AMITIE, L'INNOCENCE

ET SON AME RESPIRE A TRAVERS SES TABLEAUX

Souvenir

La statue de Greuze par Benoît Rougelet visible à Tournus, inaugurée le 30 août 1868.

Depuis 1864, une rue Greuze, voie du 16e arrondissement de Paris, rend hommage à l'artiste.

On peut, d’autre part, toujours voir sa maison natale à Tournus, ville qui érigea par souscription une statue en son honneur en 1868 (œuvre de Benoît Rougelet, visible place de l'Hôtel-de-Ville)[7].

Les pendants de Greuze

Une des œuvres les plus connues de Greuze, La Malédiction paternelle, est un diptyque en deux parties : Le Fils ingrat et Le Fils puni. Greuze s'intéressait à ce type de composition, particulièrement propre à faire passer un message émotionnel et moral. Il avait même projeté une série de treize pendants, Basile et Thibaut ou les Deux Éducations, véritable vade-mecum destiné aux pères de famille, qu’il n’a jamais réalisé[8].

Son œuvre

La Petite Nanette, vers 170-1870.

Après son Père de famille expliquant la Bible à ses enfants en 1755, sa popularité se confirme avec d'autres scènes de genre à visée morale, comme L'Accordée de village (Salon de 1761, Paris, musée du Louvre), La Piété filiale (Salon de 1763, acquis par Catherine II, Saint-Pétersbourg, musée de l'Ermitage), Le Fils ingrat, Le Fils puni (esquisses en 1765, Palais des beaux-arts de Lille, tableaux en 1778, musée du Louvre) ou La Mère bien aimée (Salon de 1769, Madrid, collection particulière).

Diderot exprime son enthousiasme pour le Portrait de Wille présenté au salon de 1765[18].

En 1769 il est élu à l'Académie comme peintre de genre et non comme peintre d'histoire comme il l'espérait avec son Empereur Sévère. À partir de cette date, déçu, il ne participa plus aux Salons jusqu'en 1800[1].

La Révolution de 1789 amena la vogue de l'antique et dévalorisa son œuvre, mais le XIXe siècle perpétua la tradition de la peinture sentimentale.

Après avoir exposé aux Salons de 1800, 1801 et 1804, le Salon en 1808 exposa Sainte-Marie l'Égyptienne trois ans après sa mort.

Il a eu, entre autres, pour élèves Marie Renée Geneviève Brossard de Beaulieu, Jeanne-Philiberte Ledoux, Constance Mayer, Pierre Alexandre Wille, Charles-Henri Desfossez, Anna-Geneviève Greuze.

Galerie

Scènes de genre

Portraits

Thème de la jeune fille

Dessins

Façade du Petit Palais, à Paris, pendant l'exposition consacrée au peintre (2025).
  • Étude pour Le Fils puni, pierre noire et lavis d'encre de Chine, H. 0,266 ; L. 0,363 m[42]. Paris, Beaux-Arts de Paris<[43]. Cette esquisse appartient à un petit ensemble de dessins préparatoires au Fils puni, toile ambitieuse qui fait pendant au Fils ingrat. La composition est dense, ramassée et encombrée de motifs pour donner à voir et à ressentir le drame qui se joue dans la chambre du mourant.
  • Tête d'enfant regardant avec effroi, sanguine sur papier beige, contre-collé en plein sur carton, H. 0,421 ; L. 0,318 m[44]. Paris, Beaux-Arts de Paris[45]. Cette tête d'expression est importante en ce qu'elle témoigne de l'attention particulière que ne cessa de porter Greuze à l'étude des sentiments. Il s'agit d'émouvoir le spectateur en parvenant à traduire , comme « d'après nature », la première rencontre de l'enfance avec l'horreur de la mort.
  • Torse d'Homme, nu à mi-corps, pastel sur papier bleu, H. 0,440 ; L. 0,320 m[46]. Paris, Beaux-Arts de Paris[47]. La feuille est une étude préparatoire pour la toile d'histoire : L'Empereur Sévère reproche à Caracalla, son fils, d'avoir voulu l'assassiner. La nudité de l'empereur révèle un corps fatigué et mourant, elle exprime la débilité de ce vieillard fragilisé par la tentative de paricide. Les nombreux détails scrupuleusement étudiés de son corps sont remarquables.
  • Jeune fille aux deux colombes, plume, encre brune et lavis d'encre de Chine, H. 0,226 ; L. 0,241 m[48]. Paris, Beaux-Arts de Paris[49]. La colombe est un motif ordinaire des scènes d'amour depuis la Renaissance. Greuze accordait de l'importance au motif de l'oiseau comme symbole érotique. Dans cette feuille, d'une plume agile, quelques traits d'encre brune à l'exécution nerveuse, il nous convie dans l'univers intime et bourgeois de cette jeune fille dont le regard est tourné vers le spectateur.
  • Les Amants surpris, plume et encre noire, pinceau, lavis d'encre de Chine, H. 0,240 ; L. 0,280 m[50]. Paris, Beaux-Arts de Paris[51]. Il s'agit d'une petite comédie bourgeoise, campée par Greuze à coups de pinceaux au lavis gris, qui rappelle les vaudevilles des foires parisiennes. Dans une chambre, une jeune fille est allongée dans un lit à rideaux, un gandin débraillé se trouve à son chevet. Alors qu'une servante tire le rideau comme pour nous inviter à observer la scène, face à elle, sur une chaise, un petit chien semble excité par ce qui se donne à voir.
  • Le Charcutier, pinceau et lavis gris, tracé préparatoire à la pierre noire, H. 0,355 ; L. 0,275 m[52]. Paris, Beaux-Arts de Paris[53]. Loin de représenter un charcutier d'après nature, Greuze restitue ici l'image la plus repoussante et avilissante du métier. Ce lavis gris daté des années 1770 est postérieur à l'échec du Septime Sévère de l'artiste au salon de 1769. Les traits du charcutier ne sont pas sans rappeler ceux de Diderot dont il réalisa le portrait un peu plus tôt et qui fut le plus cruel des critiques, composant une diatribe reprise à l'unisson par le public. On pourrait voir dans cette caricature une réponse drôle et amère.
  • Personnage debout vu de face, sanguine sur papier beige, collé en plein sur le montage ancien, H. 0,559 ; L. 0,364 m[54]. Paris, Beaux-Arts de Paris[55]. Cette sanguine compte parmi les rares dessins préparatoires à La Réconciliation familiale, toile perdue ou qui ne fut jamais réalisée. Greuze s'intéresse ici aux iconographies du retour, il se joue un moment fort de la vie familiale : le retour du mari volage que l'artiste semble faire hésiter entre le repentir et la désinvolture.
  • Le Songe, dit aussi Jeune femme lutinée par des amours, vers 1775-1780, pinceau et encre grise sur traits de pierre noire sur papier vergé, 22,1 × 37 cm, Orléans, musée des Beaux-Arts[56].
  • Deux études de mains, vers 1780, sanguine sur papier vergé, 32,8 × 25,6 cm, Orléans, musée des Beaux-Arts[57].
  • La Veuve et son seigneur, pierre noire, encre noire et lavis gris, 47,5 × 59,5 cm, après 1800, pour un projet de toile non réalisée, Musée du Petit Palais, achat de 2025[58].

Exposition monographique

  • Jean-Baptiste Greuze, l'enfance en lumière, Petit Palais, du au [59],[60]

Jean-Baptiste Greuze dans la fiction

Notes et références

Annexes

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