François Ducaud-Bourget

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Germain Ducaud, dit François Ducaud-Bourget[a], est un prêtre et un poète français, figure du catholicisme traditionaliste, né à Bordeaux le et mort à Saint-Cloud le .

Décès
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Saint-CloudVoir et modifier les données sur Wikidata
Nom de naissance
Germain Joseph Pierre Marie Maurice DucaudVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
Faits en bref Chapelain, Prélat d'honneur de Sa Sainteté (en) ...
François Ducaud-Bourget
François Ducaud-Bourget vers 1980.
Fonctions
Chapelain
Prélat d'honneur de Sa Sainteté (en)
Biographie
Naissance
Décès
Voir et modifier les données sur Wikidata (à 86 ans)
Saint-CloudVoir et modifier les données sur Wikidata
Nom de naissance
Germain Joseph Pierre Marie Maurice DucaudVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
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Union universelle des poètes et écrivains catholiques (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
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Biographie

Jeunesse

Dernier des 3 enfants de Marie Louise (née Bourget) et de Jean Ducaud[A 1], Germain Ducaud est né peu après le décès de sa sœur à l'âge de douze ans[A 2],[B 1].

Il est diplômé de l'école supérieure de commerce de Bordeaux lorsque commence la Première Guerre mondiale, durant laquelle sa famille déménagera plusieurs fois. Lui-même est envoyé à Salonique, puis à la fin de la guerre dans les Balkans, à Bucarest puis enfin à Odessa [A 3]. Après la guerre, le , jour de ses 24 ans, il entre au séminaire d'Issy-les-Moulineaux[A 4] puis est ordonné prêtre le .

Vicaire de plusieurs paroisses parisiennes

Il est nommé vicaire à la chapelle Sainte-Thérèse de Boulogne-sur-Seine[b] à l'époque dépendante de l'archidiocèse de Paris. Il y restera jusqu'en [A 5]. Il est ensuite nommé au patronage de Thiais, où il crée un groupe de scouts. Il y restera jusqu'à l'hiver 1929-1930, date à laquelle il dut rentrer dans le Bordelais pour y soigner une pneumonie[A 6].

Cette même année, il publie son premier livre Clarté d'Oxford qu'il signe François Ducaud-Bourget, qui deviendra son nom d'usage jusqu'à sa mort[A 7].

Une fois de retour, quelques mois plus tard, il est nommé dans la capitale à Saint-Ambroise avec la responsabilité de l'aumônerie du lycée Voltaire[A 8]. À cette époque, ses parents quittent Bordeaux et viennent habiter avec lui jusqu'à la débâcle. Il traverse la Seine en 1935 où il est muté à Saint-Thomas-d'Aquin, toujours en tant que vicaire[A 9]. Pendant son ministère, il fonde un recueil de poésie sacrée, Matines – soutenu juridiquement par une association, l'Union des Poètes et Écrivains catholiques créée en 1939[B 2] – porte la responsabilité de l'aumônerie de l'école libre et de la clinique Velpeau. Peu avant la guerre, en , il repasse rive droite pour être nommé à Saint-Louis-d'Antin[A 10].

Son activité littéraire commence à être reconnue, puisqu'il reçoit le prix Heredia de l'Académie française la même année, pour son ouvrage Notre-Dame de Haute-Mort[1]. Pendant la bataille de France, il est mobilisé dans un régiment d'artillerie lourde à Montesquieu-Lauragais[A 11]. Deux ans plus tard, en 1942, il reçoit un second prix de l'Académie française, le prix Jules-Davaine pour son recueil de poèmes Interludes pour le Temporal[1], en même temps qu'il est publié par les éditions Gallimard pour deux autres ouvrages.

Il héberge des fugitifs pour le compte de la Résistance, a reçu deux citations[c],[A 12],[2] et a été décoré de la médaille de la Résistance française[3].

En , il change à nouveau de paroisse pour être nommé second vicaire à Saint-Germain-l'Auxerrois[A 13]. En 1948, il est récompensé pour la troisième fois par l'Académie française avec le prix Saint-Cricq-Theis pour son recueil Tristan d'Automne[1].

Il a été proche d'André Fontainas, critique au Mercure de France, qui venait parfois aux réunions de la revue Matines. Au moment de la mort de ce dernier, la revue comptait parmi ses collaborateurs des auteurs de renom, tels Francis Jammes, Marie Noël, Paul Fort ou encore le comte Patrice de La Tour du Pin[A 14].

En 1950, sur proposition de Jean Houdard, et après avis favorables de Roger Beaussart, évêque auxiliaire de Paris, de Michel Even, recteur de la basilique Notre-Dame de Pontmain et de Pierre Rivière, évêque de Monaco – qui a également été son curé à Saint-Thomas-d'Aquin –, il est nommé chapelain d'obédience magistrale ad honorem de l'ordre souverain de Malte, avec le titre de « Monseigneur »[A 15]. Il démissionne le , toutefois, l'Ordre n'a pas accusé réception de sa lettre[4].

Mise en disponibilité et missionnaire à Haïti

De santé fragile et épuisé par ses charges, il obtient le l'accord de sa hiérarchie pour une disponibilité de 3 ans[A 16]. Ayant des relations au Vatican, il peut assister à la béatification du pape Pie X en 1951 et écrire un livre sur l'Ordre de Malte, La spiritualité de l'Ordre de Malte. Devant le succès, il est réédité 8 ans plus tard[A 17].

Sa disponibilité terminée, le nouvel archevêque de Port-au-Prince, François-Marie-Joseph Poirier (en) fait savoir qu'il a besoin d'un vicaire pour sa cathédrale. Sa candidature acceptée, le voilà parti pour 4 ans, de 1955 à 1959. Cette expérience a été éprouvante pour lui, sa santé fragile lui a causé des rhumatismes sévères, et la pratique du christianisme était radicalement différente de ce qu'il avait connu, tels des syncrétismes avec le vaudou[B 3].

De retour à Paris, aumônier de l'hôpital Laennec

Après quelques mois de convalescence, il est nommé aumônier en de l'hôpital Laennec, non loin de Saint-Thomas-d'Aquin, son ancienne paroisse. Sa première messe a été célébrée avec une seule personne dans l'assistance[A 18]. Petit à petit, l'assistance se fait de plus en plus nombreuse.

Au concile Vatican II, la constitution Sacrosanctum Concilium, promulguée le préconise la modification du rite de la messe. Avant que le nouveau missel ne soit promulgué fin 1969, certains prêtres appliquaient déjà les réformes préconisées, allant parfois au-delà du texte[A 19]. Il ne changea rien, se rappelant les mélanges douloureux qu'il avait connus à Haïti. Le nombre de fidèles s'est mis à augmenter de semaine en semaine, au point où la chapelle était comble le dimanche[A 20].

Le , il préside une conférence organisée par Michel de Saint Pierre sur « les prêtres qui souffrent », d'après son livre éponyme. À ceux qui lui demandaient de créer une association de catholiques traditionnels, il répliqua : « Pas d'Église dans l'Église, pas de mouvement révolutionnaire ! »[A 21]. Cela ne l'a pas empêché de se faire convoquer par Robert Frossard, évêque auxiliaire de Paris, qui lui a reproché sa présence à cette conférence. Cependant, il lui accorde de se faire aider par un autre prêtre, devant le nombre de fidèles toujours croissant.

En , 100 ans après l'assassinat de Georges Darboy par les communards, Georges Bidault demande à ce qu'une messe soit célébrée en sa mémoire. Devant le refus du curé de Saint-Thomas-d'Aquin, il téléphona à François Ducaud-Bourget, qui accepta, tout en proscrivant tout chant et tout discours. À la suite d'une plainte du directeur de l'hôpital et d'un syndicat auprès de Robert Frossard, il démissionne en [A 22],[B 4]. Les fidèles de la chapelle sont alors près de 1500[A 23]

Échanges avec le cardinal Marty et déménagements successifs

Dès 1968, il commence à demander à l'archevêque de Paris, le cardinal[d] François Marty une église pour pouvoir y célébrer la messe traditionnelle. Cette lettre est restée sans réponse. Quelques semaines après son départ de l'hôpital Laennec, le cardinal lui ordonne d'arrêter de célébrer la messe traditionnelle, et fait fi de ses remarques[C 1].

Deux ans plus tard, fin , en réponse à une autre demande, le cardinal, méfiant, demande la position des fidèles sur l'enseignement du pape Paul VI[C 2]. Quelques semaines plus tard, apprenant que la messe de Minuit traditionnelle avait été célébrée salle Pleyel, il envoie une nouvelle lettre de réprobation[C 3]. Il répond alors que le cardinal était averti de la célébration des messes depuis 1968[C 4] S'en suivront des échanges pendant toute l'année 1974 dans lesquels le cardinal Marty, et parfois son évêque auxiliaire Daniel Pézeril, lui demande de contresigner une déclaration, ce que François Ducaud-Bourget n'a jamais accepté, car il y apportait des nuances[C 5].

Finalement, le , le cardinal Marty écrit publiquement qu'il « désapprouve explicitement la désobéissance de ce prêtre qui est toujours membre du presbyterium parisien », citant par ailleurs des paroissiens voisins qui y voient de la division[C 6].

Le dernier entretien avec le cardinal a lieu le [A 24]. Il réaffirme alors qu'il a répondu dans 5 lettres précédentes aux questions du cardinal Marty, pendant que les fidèles attachés à la Tradition subissent l'ostracisation depuis une dizaine d'années[C 7]

Pendant cette période, la chapelle volante[e] s'installe d'abord rue de la Cossonnerie en . Puis devenue trop petite, elle déménage rue de Rennes en , dans les locaux de la société d'encouragement pour l'industrie nationale puis quelque temps au Musée social[A 25]. Finalement, elle emménagea salle Wagram en [B 5].

Saint-Nicolas-du-Chardonnet

Après les nombreuses demandes auprès des autorités religieuses et civiles qui n'ont pas abouti[5], le , après la messe de 9 heures, 2000 fidèles[A 26] entrent en procession dans l'église Saint-Nicolas-du-Chardonnet[6] et écartent le curé du lieu, l'abbé Pierre Bellégo, qui avait tenté en vain de s'interposer. Aux côtés de François Ducaud-Bourget, les abbés diocésains Louis Coache et Vincent Serralda, qui a été vicaire à Saint-Nicolas quelques années avant, sont présents. Depuis 1968, la paroisse est constituée de deux églises, Saint-Séverin et Saint-Nicolas-du-Chardonnet, la curie ayant échu à Saint-Séverin.

Depuis lors, l'occupation dure malgré l'arrêté d'expulsion et la demande d'intervention de la force publique[7]

Un an avant sa mort, en 1983, il demande à la Fraternité sacerdotale Saint-Pie-X de lui donner un successeur en la personne de l'abbé Philippe Laguérie, qui fondera plus tard l'Institut du Bon Pasteur.

Il est enterré dans le déambulatoire de Saint-Nicolas-du-Chardonnet, derrière le maître-autel.

Œuvres

  • La Clarté d'Oxford (roman), Rédier,
  • Ma belle morte en robe verte (rythmes), Le Rouge et le Noir,
  • L'ombre sur nos cœurs (roman), Le Rouge et le Noir,
  • Le Cyrénéen (rythmes), Mercure universel,
  • L'Oblation (rythmes), Mercure universel,
  • Sandro l'humilié (rythmes), Feuilles vertes,
  • Notre Dame de Haute Mort (rythmes), Matines,
  • Revue Mâtines regroupant des œuvres d'écrivains catholiques de poésie et d'art, fondée en 1936 avec l'Association : Union Universelle des écrivains catholiques
  • Messe pro tempore belli
  • Les Degrés dans la nuit, rythmes (préf. Paul Fort)
  • Interludes pour le temporal (rythmes), Paris, Jean-Renard,
    Prix Jules-Davaine de l’Académie française en 1942
  • L'Imitation de Jésus Christ de Corneille, Albin Michel
  • La vie méprisée de Jehanne de France, suivi de Médailles d'Annonciade, Gallimard, coll. « catholique », , 64 pages sous couv. ill., 110 × 185 mm (ISBN 2-07-022042-7)
  • La vie humiliée de Jehanne de France, N.R.F.
  • Orate, fratres, N.R.F.
  • Poésie sacerdotale, N.R.F.
  • Tristan d'Automne et Poésies,
    Prix Saint-Cricq-Theis de l’Académie française en 1948
  • Claudel est-il un écrivain catholique ?, .
  • Claudel, Mauriac et cie catholiques de littérature (avec Lefevre Luc J. et Valentin-Breton R. P.), .
  • Chemin de Croix, Ed. XXe siècle
  • Faux témoignages chrétiens, Ed. XXe siècle, 1952.
  • Éléments pour une épitaphe, Matines
  • Sonnets de la Vierge folle, Matines
  • La B. Jehanne de France vous parle de la Sainte Vierge, Ed. franciscaines
  • Louis dauphin de France. le fils du bien-aimé, .
  • Louis dauphin de France, fils de Louis XV, Ed. Le Conquistador
  • La Maçonnerie noire ou La vérité sur l'intégrisme, Niort, Éd. Nicolas Imbert,
  • Le Royaume de Dieu
  • Les précurseurs, .
  • Orée, .
  • Catéchisme à l'usage des catéchistes, .
  • La Spiritualité de l'Ordre de Malte (1099-1963), Paris, La Caraque,

Théâtre

Décoration

Notes et références

Voir aussi

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