François de Guise
2e duc de Guise
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François de Guise, né le à Bar-le-Duc et mort le à Saint-Hilaire-Saint-Mesmin (actuel département du Loiret), 2e duc de Guise et 1er prince de Joinville, membre de la maison de Lorraine, est un militaire et homme d’État français du XVIe siècle des règnes de François Ier, Henri II, François II et Charles IX. C'est l'un des meilleurs généraux du roi Henri II durant les dernières guerres d'Italie. Catholique intransigeant, il est le commandant en chef des armées royales durant la première guerre de Religion (1562-1563), au cours de laquelle il trouve la mort dans une embuscade.
| François de Guise | |
François Ier de Lorraine, duc de Guise. Portrait par François Clouet, huile sur panneau, XVIe siècle. | |
| Titre | |
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| Duc de Guise, sire puis prince de Joinville et baron de Lambesc | |
| – (12 ans, 10 mois et 12 jours) |
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| Prédécesseur | Claude Ier |
| Successeur | Henri Ier |
| Marquis de Mayenne | |
| – (12 ans, 10 mois et 12 jours) |
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| Prédécesseur | Claude Ier |
| Successeur | Claude II |
| Grand maître de France | |
| – (3 ans, 7 mois et 14 jours) |
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| Prédécesseur | François de Montmorency |
| Successeur | Henri de Guise |
| Biographie | |
| Dynastie | Maison de Guise |
| Date de naissance | |
| Lieu de naissance | Bar-le-Duc |
| Date de décès | (à 44 ans) |
| Lieu de décès | Saint-Hilaire-Saint-Mesmin |
| Sépulture | Notre Dame de Paris puis Joinville |
| Père | Claude de Lorraine |
| Mère | Antoinette de Bourbon |
| Conjoint | Anne d'Este |
| Enfants | Henri Catherine Charles Louis Antoine François Maximilien |
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À la tête d'un puissant lignage, pair de France, il a aussi été duc d'Aumale (1547-1550), puis duc de Guise (1550-1563), marquis de Mayenne, baron, puis prince de Joinville (1551), grand chambellan, grand veneur et grand maître de France (1559).
Compagnon d'enfance du futur Henri II, François de Guise est un chef militaire de renom qui s'illustre dans de nombreuses campagnes, notamment par la reprise de Calais aux Anglais en 1558. Avec son frère, le cardinal Charles de Lorraine, il gouverne la France sous le règne de François II (1559-1560), époux de sa nièce Marie Stuart, reine d'Écosse.
Au début du règne de Charles IX, durant la régence de Catherine de Médicis, sa responsabilité est discutée à propos du massacre de Vassy (), où des dizaines de protestants (hommes, femmes et enfants) sont massacrés en plein culte, événement qui ouvre le cycle des guerres de Religion en France (1562-1598). Après les victoires remportées à Rouen et Dreux, il meurt le des suites d'un coup de pistolet tiré par un gentilhomme protestant, Jean de Poltrot de Méré, embusqué sur la route d'Orléans.
Biographie

Portrait dessiné par François Clouet, Chantilly, musée Condé, XVIe siècle.
Origines familiales et mariage
Né au château de Bar en 1519, François de Guise est le fils aîné de Claude de Lorraine (1496-1550), premier duc de Guise, et le petit-fils du duc de Lorraine René II.
Sa mère, Antoinette de Bourbon (1494-1583), est la fille de François de Bourbon-Vendôme et de Marie de Luxembourg-Saint-Pol.
François a quatre frères cadets, Charles (cardinal), Claude (marquis de Mayenne), Louis (cardinal) et René (baron puis marquis d'Elbeuf), et une soeur aînée, Marie (reine d'Ecosse).
Le , il épouse Anne d'Este, fille d'Hercule II d'Este, duc de Ferrare, de Modène et de Reggio, et de Renée de France (fille de Louis XII et d'Anne de Bretagne). Anne d'Este est aussi la petite-fille de Lucrèce Borgia.
Au service de François Ier (jusqu'en 1547)
Sous le règne de François Ier, le royaume de France est fréquemment en guerre contre Charles Quint, empereur, roi de Castille et d'Aragon, roi de Naples et maître des Pays-Bas, allié au roi d'Angleterre Henri VIII.
En 1544, au cours de la neuvième guerre d'Italie (1542-1546), François de Lorraine prend part au siège de Boulogne contre les Anglais, au cours duquel il est grièvement blessé au visage, ce qui, selon certains auteurs, lui a valu d'être surnommé « le Balafré »[1],[n 1].
Au service d'Henri II (1547-1559)
Guerres d'Italie
Les guerres d'Italie continuent entre le nouveau roi de France et Charles Quint, puis, à partir de 1556, contre son fils Philippe, roi d'Espagne (Philippe II), roi de Naples et maître des Pays-Bas.
Chef de guerre de grand talent, François de Guise est nommé gouverneur de Metz après l'annexion de la ville par Henri II. A partir du , Metz est assiégée par 55 000 Impériaux, mais il assure une défense efficace, obligeant Charles Quint à lever le siège ().
En 1554, il participe à la bataille de Renty en Artois (possession de Charles Quint),
En 1556-1557, il prend la tête de l'expédition lancée en Italie pour reprendre le royaume de Naples à Philippe II. Mais c'est un échec.
À son retour, il est nommé lieutenant général du royaume et reprend Thionville aux troupes de Philippe.
En , il reprend Calais aux Anglais à la suite d'une manœuvre audacieuse : les marais autour de la ville étant gelés, il y fait passer les canons français et prend ses ennemis par surprise.
Le parti des Guise
Sous le règne d'Henri II, le duc de Guise et sa famille forment un parti hostile aux Montmorency, dont le chef est le connétable de France Anne de Montmorency (1497-1567).
En 1558, le dauphin François de France épouse Marie Stuart, fille du roi d'Ecosse Jacques V et de Marie de Guise, sœur de François. Cela, ajouté à la prise de Calais, favorise les Guise à la cour de France.
Henri II meurt accidentellement l'année suivante, peu après la fin de la onzième guerre d'Italie.
Règne de François II (10 juillet 1559-5 décembre 1560)
Le jeune roi François II (1544-1560) laisse les oncles de son épouse gouverner.
François et son frère Charles, cardinal de Lorraine depuis 1547, véritable tête politique de la famille, deviennent les maîtres du royaume. La famille des Guise est au summum de sa puissance mais est fortement contestée.
Fervent défenseur du catholicisme, le duc de Guise fait réprimer dans le sang, en 1560, la conjuration d'Amboise, probablement soutenue par Louis de Bourbon, prince de Condé.
Règne de Charles IX (1560-1574)
Régence de Catherine de Médicis
Après la mort prématurée du roi en , Catherine de Médicis devient régente du royaume au nom de Charles IX (1550-1574).
Or la régente mène une politique de tolérance envers le culte réformé. Les Guise, opposés à cette politique, sont écartés de la cour et du pouvoir.
Le massacre de Wassy ()
Le , sur les terres du duc en Champagne, des affrontements dont les responsabilités sont discutées par les historiens ont lieu entre ses troupes et des protestants qui célébraient leur culte (interdit[n 2]) dans une grange.
Plus de 30 protestants sont tués et 100 sont blessés. Cette affaire, qu'on appelle le massacre de Wassy, provoque une prise d’armes des protestants et déclenche la première des guerres de Religion.
Première guerre de religion (1562-1563)
Commandant l'armée du roi, le duc est vainqueur des huguenots à Rouen () et à Dreux (). Il décide alors d'aller à Orléans tombée aux mains des protestants.
Sur le chemin, il tombe dans une embuscade et est touché par un coup de pistolet tiré par un gentilhomme protestant, Jean de Poltrot de Méré ().

La mort du duc de Guise et ses suites
Grièvement blessé, le duc de Guise meurt quelques jours plus tard[2].
Funérailles et succession
Après des funérailles solennelles dans la cathédrale Notre-Dame de Paris[5], il est inhumé le dans la chapelle du château familial de Joinville[6] (actuelle Haute-Marne).
Son successeur comme duc de Guise est son fils Henri, né en 1550, lui aussi chef du parti catholique, qui sera assassiné en 1588 sur l'ordre du roi Henri III, frère de Charles IX.
Suites politiques : fin de la première guerre de religion
Après sa mort, la régente négocie la fin des hostilités avec le prince de Condé, puis promulgue la paix d'Amboise () qui sera respectée pendant quatre ans.
Suites judiciaires : exécution de Poltrot de Méré
Jean Poltrot du Méré, en fuite, est arrêté le lendemain de l'attentat.
Soumis à la torture, il affirme avoir agi à l'instigation de trois chefs protestants, Jean V de Parthenay, seigneur de Soubise, Gaspard de Coligny, amiral de France, et Théodore de Bèze, revient sur ces aveux, puis les réitère.
Il est condamné à mort par écartèlement après avoir été tenaillé aux fers chauds en quatre points du corps. L'exécution a lieu à Paris le .
Face aux aveux de Méré, l'amiral de Coligny affirme « se réjouir de la mort de Guise, mais n’être pour rien dans cet attentat »[7].
Anne d'Este, après avoir intenté plusieurs procès contre les chefs protestants[réf. nécessaire], se verra imposer le silence par le roi Charles IX. Elle se remariera en 1566 avec Jacques de Savoie, duc de Nemours, lui aussi défenseur de la cause catholique.
Possessions
- duché de Guise (de 1550 à 1563) ;
- duché d'Aumale (de 1547 à 1550)[8] ;
- principauté de Joinville ;
- marquisat de Mayenne ;
- Hôtel de Guise, à Paris, aujourd'hui hôtel de Soubise (achat en 1553)[9] ;
- Château de Nanteuil (achat en 1556).

Descendance
François de Lorraine, 2e duc de Guise, et Anne d'Este eurent sept enfants, dont quatre survivants qui ont marqué leur époque :
- Henri Ier de Lorraine le Balafré, 3e duc de Guise (1550-1588) ;
- Catherine Marie de Lorraine (1552-1596), mariée en 1570 avec Louis de Bourbon (1513-1582), duc de Montpensier ;
- Charles de Lorraine, duc de Mayenne (1554-1611) ;
- Louis de Lorraine, cardinal de Guise (1555-1588) ;
- Antoine de Lorraine (1557-1560) ;
- François de Lorraine (1559-1573) ;
- Maximilien de Lorraine (1562-1567)[10].
