François Lotz
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Université du Reich de Strasbourg
Université de Strasbourg (d)
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Collège épiscopal Saint-Étienne Université du Reich de Strasbourg Université de Strasbourg (d) |
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François Lotz, à Hochfelden et à Strasbourg, est un notaire, juriste et historien alsacien, résistant pendant la Seconde Guerre mondiale.
Engagement dans la Résistance
François Lotz nait à Hochfelden, où son père Antoine exerce le métier de maître forgeron jusqu'à son décès en , tandis que sa mère Marie Voegeling travaille comme couturière jusqu'en . Sa scolarité secondaire se déroule dans deux établissements : le collège Saint-Étienne à Strasbourg et celui de Saverne, qu'il fréquente de 1933 à 1940[1],[2].
Le , François Lotz prend part à une manifestation patriotique organisée à Hochfelden contre l'annexion de fait de l'Alsace. Cette participation lui vaut d'être interné, du au , au camp de sûreté de Vorbruck-Schirmeck, où il retrouve de nombreux jeunes de sa commune[1],[2],[3].
L'année suivante, alors qu'il étudie à la Reichsuniversität Straßburg (« université du Reich de Strasbourg »), l'ordre d'incorporation de force le contraint à faire un choix difficile. Il songe d'abord à franchir clandestinement les Vosges pour rejoindre la zone libre grâce à un passeur, mais les risques de représailles contre sa famille le font renoncer. Il se plie donc à l'incorporation, d'abord dans le Reichsarbeitsdienst (« service du travail du Reich ») à l'automne 1942, puis dans l'armée allemande début [1],[4].
Parcours militaire et évasion
Après l'instruction militaire reçue à Reutlingen, non loin de Ludwigsburg, François Lotz rejoint une caserne de Constance avec ses compagnons alsaciens. À quelques kilomètres seulement du territoire suisse qu'il aperçoit, la tentation de la fuite est forte, mais il se retient par crainte des conséquences pour ses proches[5].
Deux circonstances exceptionnelles marquent son parcours : contrairement à la majorité des incorporés alsaciens habituellement dispersés et envoyés combattre les Soviétiques, son unité reste regroupée au sein d'une section de mortiers et se dirige vers le front méditerranéen[5].
Le convoi ferroviaire traverse successivement plusieurs grandes villes italiennes avant d'atteindre la Calabre. Dans une gare, grâce à ses notions d'italien, François Lotz apprend d'un ecclésiastique que les forces anglo-américaines ont pris pied en Sicile. Après une traversée maritime sous les bombardements aériens britanniques qui causent des pertes, l'unité débarque et poursuit son périple par le rail jusqu'à Catane en passant par Messine et Taormine. Le , les soldats établissent leurs positions défensives entre le relief montagneux et la côte[6].
Dès le lendemain matin, l'artillerie britannique ouvre le feu avec une précision redoutable. Parmi les Alsaciens, on compte des blessés de gravité variable. Lorsque le sous-officier commandant la section s'absente pour aller chercher des munitions, François Lotz estime le moment propice. Muni d'un tissu blanc pour signaler leur reddition, il entraîne ses dix camarades hors de leur position. Les blessés sont soutenus par les valides. Cinq parachutistes britanniques armés de pistolets mitrailleurs apparaissent, auxquels les Alsaciens se rendent[1],[7].
Transférés en Libye puis dans un camp près de la capitale égyptienne, ils subissent les interrogatoires des services de renseignement britanniques avant d'être mis en contact avec les autorités de la France combattante. Équipés d'uniformes britanniques, ils gagnent le Liban et débarquent à Beyrouth. Le , François Lotz souscrit son engagement dans les Forces françaises libres, où il devient officier[1],[7].
À Hochfelden, les parents de François Lotz reçoivent fin une notification selon laquelle leur fils serait aux mains des Britanniques. Des rumeurs de désertion circulent dans la commune, mais les courriers qu'il expédie proviennent manifestement d'un camp de prisonniers. À la Libération, ils apprennent par lettre qu'il a rejoint les rangs français[7].
Carrière juridique
Une fois démobilisé, François Lotz entreprend des études de droit et obtient sa licence en 1946. Il accomplit ensuite son apprentissage professionnel dans l'étude de Maître Paul Kahn durant cinq années. Lauréat de l'examen d'aptitude en 1951, il reprend une charge notariale le [1].
Sa carrière professionnelle se distingue par de multiples mandats au sein des instances notariales : il préside le congrès national des notaires durant sept ans jusqu'en 1963, dirige à trois reprises la chambre départementale du Bas-Rhin, conduit le conseil interrégional en 1981-1982, pilote l'institut juridique de l'instance nationale de 1971 à 1974, et anime la commission destinée à la formation continue de 1976 à 1981[1].
Parallèlement, il dispense un enseignement à la faculté de droit strasbourgeoise pendant près de trente ans, de 1958 à 1987. Il apporte également sa contribution rédactionnelle à plusieurs revues juridiques spécialisées, tant régionales que parisiennes[1].
Œuvre scientifique
Les travaux de François Lotz portent principalement sur les spécificités du droit local en Alsace et en Moselle. Ses ouvrages abordent notamment le statut des mineurs et des personnes vulnérables, le régime de propriété foncière, les règles successorales et matrimoniales, ainsi que la responsabilité professionnelle des officiers publics[1].
Parmi ses publications majeures figurent des études sur le statut juridique de l'enfance présentées lors d'un congrès national en 1956, plusieurs monographies sur le droit local parues à Paris entre 1962 et 1970, un manuel des régimes matrimoniaux coécrit et réédité à plusieurs reprises, ainsi qu'une histoire du notariat alsacien publiée en 1989[1].
Cette production scientifique lui vaut d'accéder à la présidence d'honneur de l'institut consacré au droit local[1].
Activités culturelles
Passionné par l'imagerie populaire dont il constitue une importante collection, François Lotz s'investit dans la préservation du patrimoine alsacien. En 1974, il crée avec le docteur Léon Kieffer un musée consacré à l'imagerie populaire dans la commune de Pfaffenhoffen[1].
Famille
François Lotz épouse Marie-Thérèse Heim en dans sa ville natale de Hochfelden. Deux enfants naissent de cette union : Vincent et Martine[1].