François Rouve, né le à Montagnac, où il est mort le , est un syndicaliste policier qui s'est engagé dans la Résistance puis a joué un rôle important pendant la guerre d'Algérie, période où il a été secrétaire général de la Fédération syndicale des personnels de la préfecture de police.
François Rouve était le fils de Simon Rouve, charron forgeron et propriétaire viticulteur. De nombreux juifs seront cachés par sa famille à Montagnac pendant la guerre[1].
Militant actif, il acquit rapidement des positions syndicales pendant la Seconde Guerre mondiale, quand il devint délégué de la mutuelle et de l’orphelinat mutualiste[1]. Dès 1940, il est résistant puis participe en 1942 à la création du Front national Police, devenant en l’adjoint d'Albin Maistre, responsable de cette organisation à Paris dans le 19e arrondissement puis participant à des sabotages en 1944 et jouant un rôle important lors de la Libération de Paris, à la tête de 80 hommes[1].
Devenu après la guerre leader syndical policier, en particulier numéro un du SGP, François Rouve fit une critique ouverte des institutions et des élus de la IVe République[2]. François Rouve est alors considéré comme une «figure de la gauche», pour avoir protesté contre le massacre du 17 octobre 1961. Il fut même révoqué par le ministère de l'intérieur à l'automne 1961[3] pour avoir «dénoncé» dans la presse le massacre[3].
Le processus de sanction qui l'a alors visé a déclenché des protestations très larges, y compris venues du syndicat de la police d'Allemagne occidentale, estimant que la suspension de François Rouve est contraire aux droits de la liberté d'expression[4]. En France, la Fédération de l'éducation nationale se montre en particulier très critique[5]. Par la suite, l'article à ce sujet écrit dans un magazine connu pour son opposition dès 1954 à la guerre d'Algérie qui l'avait interviewé a en particulier provoqué en la saisie de l'hebdomadaire L'Express[6] et du journal Témoignages et documents que Maurice Pagat a publié, entre 1958 et 1962, consacré à la guerre en Algérie. L'historien Alain Dewerpe a souligné que cette révocation finalement intervenue le avait été motivé par sa dénonciation dans la presse de la répression du [7].
123Biographie de François Rouve par Olivier Dedieu dans Le Maitron
↑" Quand les forces de l'ordre défient le palais Bourbon (13 mars 1958). Les policiers manifestants, l'arène parlementaire et la transition de régime" par Emmanuel Blanchard dans la revue Genèses en 2011