Françoise Gandriau
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Françoise Gandriau, dite la Petite-Émigrée, née le à Fontenay-le-Comte et morte guillotinée le à Lassay-les-Châteaux (Mayenne), est une jeune Vendéenne, servante et victime de la Terreur pendant la Révolution française. Son martyre, sa piété et les récits de miracles attribués à son intercession en ont fait une figure de dévotion populaire en Mayenne, où sa tombe est toujours un lieu de pèlerinage.
Origines et jeunesse
Françoise Gandriau naît le à Fontenay-le-Comte, dans une famille vendéenne modeste[1]. Elle est le quatorzième enfant de ses parents, Paul Gandriau, cordonnier[2] et de Marie Maupetit[1], dont la piété et la fidélité à leurs convictions religieuses marquent durablement sa vie. Orpheline à 10 ans[3], Dès son plus jeune âge, elle est placée comme servante dans une famille noble de sa région, auprès de laquelle elle développe une foi et une dévotion remarquables[1], les Duchêne du Mesnil de Dedant[4]. Elle peut alors suivre une scolarité à l'Union chrétienne, et rêve de devenir enseignante[3].
Engagement et fuite
Après la Bataille de Fontenay-le-Comte, Françoise Gandriau suit ses maîtres dans la Virée de Galerne, une expédition militaire de l'Armée catholique et royale. Après le Siège de Granville et la dispersion des troupes, elle se retrouve séparée de sa famille d’adoption[1]. Au retour de Granville, sur l'ordre de sa maîtresse qui, après une défaite dans les environs de Flers, la croit perdue, elle tente de fuir vers Mayenne[5].
Au cours de sa fuite, elle est frappée violemment de deux coups de pelle par un paysan[1] et contrainte de se diriger vers la route du Ribay où elle est recueillie par un voiturier qui la prend dans sa charrette[1]. Elle arrive à la tombée de la nuit[5].
À son arrivée au Ribay, elle est accueillie par Julien Thuault, ancien maire révoqué de la commune, et sa femme Jeanne Jouin. Ces derniers, touchés par sa jeunesse, sa piété et sa détresse, la soignent et l’hébergent comme leur propre fille[1]. Françoise, en retour, leur témoigne une affection filiale et les aide dans les travaux domestiques et agricoles au village de Coulion[5].
Arrestation et procès
Dénoncée par Jean Mahé, un prêtre constitutionnel du Ribay[5] auprès de Jean-Baptiste Volcler, Françoise Gandriau est arrêtée le par les gendarmes, Gautier et Nicolas sur ordre de la Commission révolutionnaire de Lassay, dirigée par Louis Saint-Martin du Plessis au village de Coulion[5]. Julien Thuault, qu'on voulait aussi arrêter, réussi à s'enfuir[5] grâce à son frère qui était venu le prévenir[1].
Elle est accusée d’être une « émigrée » et d’avoir participé à la révolte vendéenne. Malgré les tentatives de ses bienfaiteurs pour la sauver, elle refuse de mentir ou de se déclarer enceinte pour échapper à la condamnation, préférant affronter la mort avec dignité[1]. Elle est enfermée pendant un mois à la Prison de Lassay se trouvait près de la place du Boyle[1].
Le , après un procès expéditif, elle est condamnée à mort par la Commission militaire révolutionnaire du département de la Mayenne, siégeant dans l’église de Notre-Dame du Rocher à Lassay. Même Louis Saint-Martin du Plessis, pourtant connu pour sa cruauté, tente de la sauver en lui suggérant de prétendre à une grossesse, mais Françoise Gandriau refuse catégoriquement[1]. »
Exécution et postérité
Françoise Gandriau est guillotinée le même jour, à l’âge de 18 ans. Elle fut exécutée en même temps que Mathieu Boulard, cultivateur. L’avant-veille, ce sont Roger du Chambon, l’abbé Gautier, Michel Le Normand, ancien garde du corps de Louis XVI et Jacques Bigot qui furent guillotinés au bas de la Place de la Pointe[6]. Son exécution marque profondément la population locale, qui la considère comme une martyre[1]. Selon les récits de l’époque, son corps, transporté pour être enterré, aurait provoqué des phénomènes inexpliqués, comme l’immobilité des chevaux tirant le tombereau, renforçant la croyance en sa sainteté[1].
Sa tombe, située à 800 mètres de Lassay, devient rapidement un lieu de pèlerinage. Un petit oratoire y est érigé, et de nombreux fidèles s’y rendent chaque année pour prier et déposer des ex-voto. De nombreux récits de guérisons et de grâces obtenues par son intercession circulent, contribuant à sa renommée posthume[1]. Les mamans s'y rendaient accompagnées de leurs tout-petits, espérant que ceux-ci commencent à marcher plus tôt que d'habitude[2]. Au XIXe siècle, les adolescents boiteux y étaient aussi amenés, et une fois guéris, ils déposaient leurs béquilles sur la tombe[7].
Dévotion et pèlerinage
Dès le XIXe siècle, Françoise Gandriau est vénérée comme une figure de piété et de résistance face à la persécution. Son tombeau, simple et modeste, est entouré d’une petite enceinte et d’un oratoire dédié au Sacré-Cœur. Chaque année, des pèlerins viennent y prier, notamment pour obtenir des guérisons ou des faveurs spirituelles[1].
Les chroniques locales rapportent plusieurs miracles attribués à son intercession, notamment des guérisons inexpliquées. En 1875, une religieuse de la communauté de Saint-Fraimbault, gravement malade, aurait été guérie après un pèlerinage sur sa tombe et l’application de terre prélevée sur le site[1].
Sa tombe et un oratoire[8] sont situés dans un champ[9],[6]. C'est le lieu à partir du XIXe siècle et au début du XXe siècle de pèlerinages régionaux.
Postérité
Son souvenir reste vivant dans la région, où elle est parfois appelée « la Petite Martyre » ou « la Sainte de Lassay ». Son histoire, souvent racontée dans les ouvrages locaux, est citée comme un exemple de la résistance des Vendéens et de la persécution religieuse pendant la Révolution française[1]. Plusieurs historiens et auteurs, dont Dom Piolin[10], l’abbé Victor Postel[11], Edmond Leblanc[12], Sébastien Couanier de Launay[13] et le marquis Adelstan de Beauchêne[14], ont consacré des pages à sa vie et à son martyre.
Une plaque a été posée en sa mémoire à Lassay dans la rue Cébaudière, par Le souvenir de la chouannerie mayennaise.
Sources partielles
- Chanoine Boutin, Françoise Gandriau ou la petite émigrée.
- Tombe de “la Petite Emigrée”
- Dictionnaire des Vendéens
- Claude Bodin (Claude Olivier Beaurain[15]), président de l'association Souvenir de la Petite émigrée[7],[4], Une jeune fille de Fontenay-le-Comte dans la Tourmente révolutionnaire, 2019, 444 p.
Notes et références
- 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 Abbé J. Gillard, Vie de M. Huignard (Laval, 1891). Voir en ligne
- 1 2 « La mémoire de F. Gandriau célébrée en Mayenne », Ouest France, (lire en ligne
) - 1 2 « Emu par la jeune fille martyre, il écrit son histoire », Ouest France, (lire en ligne
) - 1 2 « Petite émigrée : le site rendu plus attractif », Ouest France, (lire en ligne
) - 1 2 3 4 5 6 « Françoise Gandriau », dans Alphonse-Victor Angot et Ferdinand Gaugain, Dictionnaire historique, topographique et biographique de la Mayenne, Laval, A. Goupil, 1900-1910 [détail des éditions] (BNF 34106789, présentation en ligne)
- 1 2 Guillaume Jeanne, « Connaissez-vous l'histoire de Françoise Gandriau la petite Emigrée tuée à Lassay-les-Châteaux ? », Le Publicateur libre, (lire en ligne
) - 1 2 « Une messe a commémoré la Petite émigrée, guillotinée », Ouest France, (lire en ligne
) - ↑ . Le monument est construit en 1880 en remplacement d'un oratoire de bois détruit par le feu.
- ↑ La Lande des Malheureux. Sur la route de Thubœuf à 300 mètres de la sortie de Lassay.
- ↑ Dom Piolin, Histoire de l’Église du Mans, t. VIII, p. 13.
- ↑ Abbé Postel, Après-midi du Bois-Thibault, p. 29 et suivantes.
- ↑ Études sur la Révolution dans le Bas-Maine.
- ↑ Pèlerinages et sanctuaires, art. Notre-Dame du Rocher.
- ↑ Marquis de Beauchesne, Essai historique sur le Château de Lassay, p. 69.
- ↑ Anthony Coignard, « Lassay-les-Châteaux : l'histoire de La Petite Emigrée enfin en livre », Le Courrier de la Mayenne, (lire en ligne
)