Commission militaire révolutionnaire du département de la Mayenne

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Fondation
Dissolution
Commission militaire révolutionnaire du département de la Mayenne
Histoire
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La Commission militaire révolutionnaire du département de la Mayenne est une des commissions militaires révolutionnaires. Il s'agit de tribunaux d'exception, distincts des tribunaux militaires, instaurés de manière transitoire sous le nom de Commissions militaires par les représentants en mission dans les départements les plus affectés de mouvements hostiles à la Révolution française, afin de juger les causes en rapport avec l'état de guerre[1].

Cette commission a fait mourir 461 personnes[2]. Les membres de la commission sont à l'origine de nombreuses condamnations à mort dont les 14 martyrs de Laval et d'autres victimes. Les représentants Bourbotte et Bissy instaurent le , un tribunal baptisé Commission militaire révolutionnaire du département de la Mayenne qui fait « promener la guillotine » à travers les villes du département. En dix mois la commission juge 1 325 personnes et prononce 454 condamnations à mort (dont 73 femmes), une à la déportation à vie, 3 aux fers, 4 à la réclusion, 216 à la détention ou à la prison et 633 acquittements[3]. Influencée par l’annonce du 9 thermidor, la commission modère ses sentences à partir d’août en prononçant une majorité d’acquittements. Finalement, 243 hommes et 82 femmes sont exécutés à Laval, et 116 hommes et 21 femmes dans les autres villes du département ; Mayenne, Ernée, Lassay-les-Châteaux, Craon et Château-Gontier[4],[5],[6].

François Delauney indique que : La consternation et la stupeur ont été si profondes à Laval pendant les mois de nivôse, pluviôse et ventôse, qu'il fut fait peu ou point d'affaires ; parce que le commerce était paralysé, que les citoyens les plus purs n'osaient sortir de chez eux. Ils ne se couchaient qu'avec la crainte d'être enlevés pendant la nuit. On disait publiquement qu'il fallait anéantir le commerce et imiter Carrier à Nantes.

Les lois du et du prévoient le jugement des émigrés pris les armes à la main contre la France dans les vingt-quatre heures par une commission de cinq membres nommés par le chef d'état-major de la division de l'armée du secteur où ils ont été capturés. La seule peine encourue est la mort, son exécution étant immédiate. 60 commissions voient le jour et font plus de victimes que les tribunaux révolutionnaires[1].

La loi du prévoit que les « Français ou étrangers convaincus d'espionnage dans les places de guerre ou dans les armées » seront jugés « par une Commission militaire de cinq membres comme il est décrété par la loi du contre les émigrés pris les armes à la main », la seule peine possible étant également la mort[1].

Création

Arrêté du 22 décembre 1793 : « Nous Représentans du peuple dans le département de la Mayenne et près l'armée de l'Ouest, considérant qu'il est de l'intérêt public d'établir une commission révolutionnaire provisoire pour juger dans le département les brigands des bandes de l'armée des rebelles de la Vendée et de cette autre classe de révoltés appelés Chouins ; avons arrêté ce qui suit :

  1. Il sera composé une commission révolutionnaire provisoire, composée d'un président, d'un accusateur public, de trois juges et d'un greffier.
  2. Cette commission jugera définitivement et sans appel sous les vingt-quatre heures, tous les rebelles qui seront traduits devant elle et ceux qui auront été leurs complices, soit en les recélant chez eux, soit eu favorisant leur évasion, ou les aidant dans leurs projets de contre-révolution.
  3. Elle jugera de la même manière cette autre classe de rebelle connue sous le nom de Chouins, complices et adhérens, toutes les fuis qu'elle en aura de traduits devant elle.
  4. Les jugemens seront portés d'après toutes les lois révolutionnaires et celles contenues dans le code pénal.
  5. Ses pouvoirs sont d'un mois ; ils seront prolongés, si besoin est, par les représentans du peuple.
  6. La commission entrera sur le champ en fonctions et se transportera où besoin sera, dans l'étendue du département.
  7. Le traitement de chacun des membres sera de huit livres par jour pour ceux qui n'auront pas d'autre traitement public. Ceux qui en auroient un, mais inférieur à celui de huit livres par jour, recevront le surplus par forme d'indemnité.
  8. Après avoir consulté les sociétés populaires de Laval et Mayenne, le citoyen Clément, juge de paix à Ernée exercera les fonctions de président ; le citoyen Volcler, maire de Lassay, celles d'accusateur public ; le citoyen Pannard, marchand à Mayenne et membre du comité de surveillance de la même ville ; Marie Colinière, juge de paix à Juvigné ; Faur, officier municipal et imprimeur à Laval, celles de juges, et le citoyen Guilbert, procureur de la commune de Laval, celles de secrétaire greffier.
  9. Les juges de paix et officiers municipaux nommés membres de la commission, ne pourront cumulalivement exercer leurs premières fonctions, dont ils seront tenus néanmoins de reprendre la suite, à la fin de la présente commission.
  10. Il sera mis à la disposition de la commission une somme de 1,100 liv., de laquelle elle rendra compte, pour subvenir aux frais du bureau, d'impression et d'exécutions de jugemens et autres dépenses relatives et nécessaires à son établissement.
  11. Copie du présent sera expédiée tant aux membres de la Commission qu'au payeur général.

A Laval, le 2 nivôse an second de la république une et indivisible et le premier de la mort du tyran. »

BOURBOTTE, BISSY

La Mayenne est en l'an II un véritable foyer de contre-révolution. Elle vient de prendre part aux Insurrections fédéralistes. D'octobre à , les Vendéens ont occupé Laval à trois reprises. Un de leurs chefs, le prince de Talmont, dernier successeur des seigneurs de Laval, veut faire de la Mayenne, avec l'aide des Chouans, une seconde Vendée. C'est entre Laval et Vitré, dans un pays coupé de haies et de chemins creux, que la chouannerie a pris naissance dès 1791, sous la direction de Jean Chouan et de ses frères, rompus aux embuscades par la pratique du faux saunage.

Le tribunal criminel de la Mayenne effectue déjà des « jugements révolutionnaires ». Les Vendéens, lors de leur premier passage à Laval, marchant sur Granville, brûlent ses premiers registres[7]. On peut présumer qu'il s'y trouvait des sentences révolutionnaires[8]. Les registres subsistants[7] ne commencent qu'au 18 pluviôse, et, à ce moment, la Commission militaire révolutionnaire du département de la Mayenne, en pleine activité, ne laisse rien à faire au tribunal criminel, pour les crimes de contre-révolution.

Après la bataille du Mans, le 22 frimaire, l'armée vendéenne lors de sa fuite, traverse Laval. Elle y laisse des traînards ; non loin de cette ville, des engagements ont eu lieu entre les Chouans et les troupes de la République. Des captures avaient été faites : c'est dans un premier temps pour juger tous ces prisonniers que la commission militaire révolutionnaire est installée.

Commission

Le but en Mayenne était de trouver des moyens expéditifs pour éliminer les Vendéens entassés dans les prisons de Laval, et les Chouans. La commission militaire révolutionnaire est créée le à la suite de la création du Comité révolutionnaire de Laval. Pour parvenir à ce but, les représentants du peuple Pierre Bourbotte et Jacques-François Bissy rendirent, le , un arrêté installant la commission.

L'arrêté de Bourbotte et Bissy portait que la commission se transporterait partout où besoin ; c'est ce qu'elle observa en visitant successivement les chefs-lieux de tous les districts du département, et en procédant à des exécutions dans chacun d'eux.

La Commission est composée d'un président, d'un accusateur public, de trois juges et d'un greffier qui jugent « définitivement, et sans appel, sous les 24 heures, tous les rebelles qui sont traduits devant elle, et ceux qui auraient été leurs complices, soit en les recelant chez eux, soit en favorisant leur évasion ou en les aidant dans leurs projets de contre-révolution ». Cette Commission, établie pour un mois, sauf prorogation, se transportent dans le département partout où besoin serait.

Durée et membres

Commission Volcler-Clément

Elle a pour président Jean Clément, juge de paix à Ernée ; pour accusateur public Jean-Baptiste Volcler, maire de Lassay, un ancien prêtre, qui écrit le  : « Tout comité de surveillance qui ne fera pas [arrêter] des accusés, et qui ne fera pas entendre contre chacun au moins deux témoins... se trouvera, à ma diligence, de jour ou de nuit, incarcéré sur mon réquisitoire... Purgeons, républicains, et n'épargnons rien !... ».

Pendant les opérations du tribunal révolutionnaire, aux environs du 23 pluviôse, Jean-François Marie[9] est inopinément enlevé par 14 soldats républicains envoyés de Granville, pour se saisir de sa personne. Son absence semble ralentir la fureur des autres commissaires; ils semblent craindre le même sort. Une lettre de François-Joachim Esnue-Lavallée du 26 pluviôse indique : « Ne soyez pas étonnés, que la privation de ce citoyen ne ralentisse pas votre zèle; continuez de faire trembler et de frapper les malveillans : votre nombre de Trois[10] est suffisant ».

Par arrêté des représentants du peuple, la commission est renouvelée le 12 germinal (), l'acte de destitution disant expressément : « attendu qu'il serait dangereux et immoral de laisser subsister un plus long-tems dans les mêmes mains, des pouvoirs d'une si haute importance ». Six juges furent donc nommés au lieu des anciens : « Le maréchal-ferrant[11] renvoyé à ses fonctions[12], est remplacé par un marchand de vin; les citoyens Guilbert et Volcler ex-prêtres sont rappelés à leurs premières charges républicaines ».

Membres

Créée en principe pour un mois, la commission poursuit ses travaux pendant trois mois[15]. Le 12 germinal an III, un arrêté du représentant du peuple René François-Primaudière en renouvelle le personnel.

Commission Garot-Huchedé

Une nouvelle commission continue l'œuvre de leurs prédécesseurs. Ce nouveau tribunal commença ses séances le 18 germinal. Les représentants leur avaient ordonné d'imiter l'activité de la foudre; de ne pas laisser aux conspirateurs le temps de réfléchir; de ressembler à l'astre qui brûle et dessèche les productions inutiles; enfin de porter aux patriotes la vie, aux traîtres la mort.

L'ancien instituteur Publicola Augustin Garot remplace Volcler le 12 germinal an II comme accusateur public. Il continue à pourvoir largement l'échafaud maintenu en permanence sur la place de la Révolution. Néanmoins, avant de requérir, il cherche à s'informer, à bien peser les charges[16].

Les jugements sont marqués par un procédé particulier : lorsque les accusés, sommairement, avaient été interrogés, que l'accusateur public avait conclu, le président invitait l'auditoire à parler pour ou contre les accusés.

Les exécutions sont interrompues de nouveau du 9 floréal () au 10 prairial (), sur l'ordre du représentant Joseph François Laignelot, sans doute en exécution de la loi du 27 germinal () qui ordonnait le renvoi devant le tribunal révolutionnaire de Paris de tous les prévenus de conspiration qui seraient saisis sur un point quelconque de la République, en même temps que leurs complices. Cette loi emportait la suppression de tous les tribunaux révolutionnaires existant dans les départements. La loi du 9 prairial an III () prévoit le jugement des prisonniers de guerre ayant quitté sans autorisation le lieu de résidence ou de détention qui leur avait été fixé par le gouvernement par une commission militaire de cinq membres. L'essentiel de cette disposition a été maintenue par le décret impérial du 17 frimaire an XIV ()[1].

La Commission révolutionnaire reprit ses séances le 11 prairial. Une nouvelle loi du 19 floréal (), avait autorisé le Comité de Salut public à maintenir ces tribunaux en fonctions là où il le jugerait utile. C'est ainsi que furent rétablis, après une suspension plus ou moins longue, ceux d'Arras, de Bordeaux, de Nîmes, de Noirmoutier et enfin de Laval. Ce dernier devait continuer à siéger jusqu'au 18 vendémiaire an III ().

Après le coup d'État du 18 fructidor an V, la loi du 19 fructidor () étend les mesures du et du à l'ensemble des émigrés arrêtés sur le territoire de la République, la commission devant désormais être composée de sept membres nommés par le général commandant la division du secteur de leur capture[1].

Membres
  • François Huchedé, greffier du tribunal criminel, président
  • Augustin Garot, accusateur public
  • Pierre Boisard, fabricant d’étoffes, remplace Marie Collinière, comme juge
  • Lecler, capitaine de canonniers, remplace Pannard comme juge
  • Germerie, marchand de vin, remplace Faur comme juge
  • Bureau remplace Chédeville, comme greffier.

Les villes

C'est à Laval que la commission siégea le plus longtemps et que ses exécutions furent le plus nombreuses.

Les débuts à Mayenne et Ernée

Elle tient sa première séance à Mayenne le . Elle condamne à mort Mueller et trois autres déserteurs allemands qui avaient combattu avec les rebelles. Ces premières condamnations et celles qui les suivirent jusqu'au 16 nivôse sont exécutées militairement, par la fusillade. La Commission ne siége que trois jours à Mayenne; elle y prononce 39 condamnations à mort[17] et 4 acquittements.

Pour deux accusés, l'élargissement est précédé d'un véritable supplice[18] dont la Commission Volcler-Clément semble avoir eu le privilège : Cireaux, acquitté le 4 nivôse, et Pelletier, le 5, durent assister à l'exécution de leurs coaccusés[19].

La commission se déplace ensuite à Ernée. Il n'y a qu'un jugement, le 7 nivôse avec 4 condamnations capitales. Trois enfants de 13 et 14 ans sont épargnés. Ils sont destinés à aller dans une maison d'arrêt jusqu'à la paix pour recevoir une éducation patriote qui effaçât le vice de leur naissance. Cette décision devançait la lettre, adressée à la Commission par le représentant Garnier de Saintes.

Laval

La commission n'arrive à Laval que le . Jusqu'au 12 de ce mois, elle faisait fusiller les individus qu'elle condamnait ; elle ne commença à employer la guillotine que le 13 ; et depuis ce fut le seul mode d'exécution de ses jugements. Dans ses voyages, elle était accompagnée d'une charrette portant la guillotine.

Du 16 nivôse au 10 ventôse, elle rend 32 jugements; 223 accusés sont condamnés à mort, 3 aux fers, 91 à la détention ; 204 sont acquittés.

Le 1er pluviôse, par circulaire, Volcler incite au zèle des autorités révolutionnaires de la Mayenne, les menaçant d'incarcération, en cas d'inaction, et leur annonçant la promenade de la guillotine. Cette circulaire, envoyée par le district de Mayenne, à la Convention, est lue à la séance du 17 pluviôse an II. Elle apporta dans l'Assemblée un mouvement d'horreur et d'indignation[20].

Les 24, 25 et 26 nivôse sont les jours de l'immolation des femmes : trente-huit, en trois jugements[21]. Le 29, onze accusés, n'ayant pas répondu convenablement à la Commission, seront huit jours dans un cachot, les fers aux pieds et aux mains, après quoi ils reparaîtront devant la commission. Le 2 pluviôse (), anniversaire de la mort du roi Louis XIV, quatorze prêtres sont ensemble envoyés à l'échafaud. Le lendemain, 3 pluviôse, Mme veuve Hay et ses quatre filles, deux autres femmes et Angélique des Mesliers sont condamnées à la mort.

Ce sont ensuite des personnalités politiques qui sont condamnées : Joseph François Dupont-Grandjardin, René Enjubault de la Roche, Charles Jourdain-Durocher, le prince de Talmont.

Le 14 pluviose, la Commission acquitte le jeune Godé[22], en utilisant l'instruction de Garnier de Saintes et sur la demande de Michel Faur. Le 4 ventôse, un jugement met à la charge des accusés les faits les plus gravess[23]. Le même jour, deux accusés, qui ont refusé de répondre, sont condamnés à 2 mois et 1 mois de cachot. Le 5 ventôse, un jugement met en liberté cinq femmes, cinq sœurs, citoyennes indûment arrêtées, lesquelles[24].

Lassay, Ernée, Mayenne

La commission se rend à Lassay-les-Châteaux le . Du 14 au 17 ventôse, la Commission siége à Lassay et dans le temple de la Raison. Elle se trouve complétée par Brutus-Marie, qui opine, seul, à la mort, contre l'accusé Garnier, lequel, nonobstant, est acquitté. Il y 6 condamnations[25] capitales et 22 acquittements. Des accusés acquittés doivent assister, sur l'échafaud, au supplice de leurs coaccusés : quatre, le 15, à l'exécution de Françoise Gandriau, brigande ; deux, le 16, à celle de Boulard et Jean-Jacques Bigot[26]. Le 17 ventôse, deux curés sont renvoyés, sous la condition, l'un, de se marier dans le plus bref délai; l'autre, de remettre ses lettres de prêtrise.

La commission se rend pour la seconde fois à Ernée, le . Il y a, dans le temple de la Raison, du 22 au 30 ventôse, dix séances, et 34 condamnations à mort[27], 4 à la détention, plus 39 acquittements. Là aussi, sept des acquittés doivent aussi assister, sur l'échafaud, à l'exécution de huit de leurs coaccusés. Deux des condamnées Jeanne Véron, et Françoise Tréhet seront béatifiées.

Enfin, à Mayenne, de nouveau visité et dans le temple de la Raison, du 4 au 9 germinal, cinq séances : 14 condamnations à mort, 3 à la réclusion, 2 à la détention, 7 acquittements. La commission Clément-Volcler rentre ensuite à Laval, et est complètement renouvelée.

La Commission Huchedé-Garot, du 18 germinal au 22 messidor, à Laval, va tenir cinquante-deux séances et prononce 101 condamnations à mort, 44 à la détention, et 273 acquittements.

Craon

La commission est à Craon, le . Elle siège dix jours, du 25 messidor au 6 thermidor en prononçant, 19 condamnations capitales, 3 à la détention, et 30 acquittements. A deux reprises, la Commission Ordonna que des enfants de 9 à 13 ans seraient remis à des citoyens qui les réclamaient; qui en auraient soin comme de leurs propres enfants; leur apprendraient un métier de leur goût; leur apprendraient à aimer la patrie..

La commission est à Château-Gontier le .

Château-Gontier

La correspondance de l'accusateur public des commissions révolutionnaires de Laval avec le Comité de Château-Gontier illustre cette période[28].

Le 9 thermidor an II[29], la Commission s'installe à Château-Gontier et, en quelques jours, envoie 18 personnes à la guillotine, sans compter les trois cents brigands que le comité local reconnaissait avoir expédiés en deux mois aux commissions de Laval et d'Angers. La Commission Huchedé et de l'accusateur Publicola Garot opère du 9 au 24 thermidor.

L'influence du 9 thermidor se fait sentir : le 24, l'accusateur public Garrot cessait de signer Publicola, et le tribunal acquitte[30] tous les accusés au nombre de dix, en déclarant que l'affaire, qui remontait aux soulèvements, suite de la levée des 300 000 hommes, avait vieilli avant d'avoir été dénoncée, indice a de haine et d'animosité,etc.

Laval

De retour et fixée à Laval, la Commission, du 29 thermidor an II au 22 brumaire an II, terme de son existence, y tient 64 séances. Il y a, seulement, en ces trois derniers mois, 15 condamnations à mort, 1 à la déportation à vie, 45 à la détention, plus 152 acquittements.

Le 6 fructidor, Testar-Caillerie, ci-devant noble, est acquitté, par les motifs les plus honorables. Le 22 fructidor, une procédure, concernant deux accusés, est déclarée irrégulière, et renvoyée au comité local chargée d'entendre les témoins, conformément à la loi du 16 septembre 1791. Le 18 fructidor, une jeune fille de 20 ans, qui avait passé la Loire avec les brigands est simplement retenue en prison.

Fonctionnement

La commission continue jusqu'après la mort de Robespierre. Au tribunal révolutionnaire de Paris, qui servait de modèle à ceux des départements, on signifiait la veille du jugement un acte d'accusation banal; à Laval, rien de semblable : on arrivait à l'improviste devant la commission. Il n'y avait ni audition de témoins, ni production de pièces de procédure, ni plaidoiries; tout se bornait à un interrogatoire pendant lequel on ne laissait pas toujours aux inculpés le temps de s'expliquer.

Président, juges, accusateur public, greffier même, parlaient indistinctement, et coupaient la parole aux infortunés qui voulaient alléguer quelque chose en leur faveur. On invitait par fois l'auditoire à parler pour ou contre les accusés; mais, comme on peut bien le penser, personne ne répondait à cet appel; c'étoit là cependant le seul simulacre de possibilité d'être défendus qu'on accordât aux accusés. Les juges délibéroienf un instant, puis ils rindoient leur sentence. Ils prononçaient quelques acquittements comme aussi quelques condamnations à l'emprisonnement, contre des individus prévenus d'avoir tenu des propos contre-révolutionnaires; mais ces cas étaient rares : l'exécution immédiate était prescrite par ces paroles : La commission ordonne que les condamnés seront livrés sur le champ au vengeur du peuple. Cette disposition était exactement suivie : les patients, sortis de la salle d'audience, n'avaient à attendre que le temps nécessaire à quelques préparatifs indispensables, avant d'être conduits à l'échafaud toujours dressé d'avance, et qu'on ne prenait la peine de démonter que quand la commission partoit pour une de ses excursions. Les jugements étaient exactement rédigés, et longuement motivés.

La Commission militaire révolutionnaire du département de la Mayenne voudrait bien que le Comité révolutionnaire de Laval effectue l'instruction judiciaire[31].

Fin

Notes et références

Sources partielles

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