Françoise Éléonore Dejean de Manville
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Françoise Éléonore Dejean de Manville |
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Françoise Eléonore Dejean de Manville, comtesse de Sabran, puis marquise de Boufflers, est une dame de la noblesse et une épistolière française qui a connu l'Ancien Régime, la Révolution française, le Premier Empire et la Restauration. Elle est connue pour la correspondance qu'elle a entretenue avec Stanislas de Boufflers, qu'elle a fini par épouser.

Françoise Éléonore Dejean de Manville est née à Paris le [1]. Elle est la fille de Claude Charles Dejean, seigneur de Manville, fermier général des poudres (1763), et de sa première épouse, Geneviève Éléonore Mignot de Montigny; celle-ci est la fille de Jean François Mignot de Montigny (1686-?), président trésorier de France au bureau des finances de la généralité de Paris, et de Marie Louise Gaillard[2], et la sœur d'Etienne Mignot de Montigny (1714-1782).
Claude Charles Dejean devient rapidement veuf. Il se remarie avec Victoire de Varanchan (qui décède en [3]), femme de chambre de Madame Victoire. Native de Marseille, elle est la fille de Joseph Varanchan, négociant, maire de Berre, directeur des fermes de Lorraine et Barrois et de Catherine Vignon, nourrice d'Elisabeth de France, fille ainée de Louis XV.
Éléonore est éduquée par son aïeule maternelle, la présidente de Montigny[4].
En 1768, elle épouse Joseph de Sabran, comte de Grammont (1702–1775)[5], âgé de 66 ans[6]. Ils ont deux enfants : Delphine de Sabran, qui va devenir comtesse de Custine (1770–1826), et Louis-Elzéar de Sabran, qui va être garde du corps de Louis XVI (1774–1846)[5]. Françoise devient veuve en 1775 à 26 ans[7].
En 1777, le prince de Ligne présente Françoise au chevalier Stanislas de Boufflers (1738–1815). Ce dernier est un homme de lettres brillant et séduisant, et un membre des chevaliers de Malte[6]. Leurs relations prennent d'abord la forme d'une amitié badine.
Ils deviennent amants en et ne s'en cachent pas[7]. Le chevalier ne peut quitter les Hospitaliers sans renoncer à ses bénéfices ecclésiastiques : il choisit donc de continuer une carrière militaire plutôt médiocre au sein des chevaliers[6]. Pendant qu'il séjourne au Sénégal, Françoise entretient avec Boufflers une correspondance qui renseigne abondamment sur la vie au Sénégal au XVIIIe siècle et l'organisation de la colonie[8].
En 1797, Boufflers n'est plus moine de l'ordre de Saint-Jean de Jérusalem et Françoise finit par l'épouser à Breslau[5]. En raison de la Révolution française, ils ont alors perdu tous deux leur fortune. Ils s'installent à la campagne, près de Paris[6]. Boufflers meurt en 1815[5].
Françoise meurt à Paris le à 77 ans[1]. Son corps se trouve dans la 11e division du cimetière du Père-Lachaise, dans l'enclos Delille, aux côtés de son mari, où il a été transféré en 1846[8].