Trésorier de France

office de finances de l’administration française d’Ancien Régime From Wikipedia, the free encyclopedia

Trésorier de France est un office de finances de l’administration française d’Ancien Régime. Il est la plus ancienne fonction liée à ce domaine.

Fondation
Localisation
Faits en bref Type, Fondation ...
Trésorier de France
Présentation
Type
Fondation
Localisation
Localisation
Fermer

Moyen Âge

Le titre de « grand trésorier de France » apparaît à la fin du XIIIe siècle. Il s'agit de l’administrateur des finances royales, une charge créée par Philippe le Bel en 1295, qui tentait depuis quelques années de reprendre le contrôle sur ses finances[1].

Qui s'occupait des finances royales avant cette date ? L'historiographie et les archivistes confèrent cette mission à des banquiers originaires du nord de l'Italie : des Lombards — d'où la rue des Lombards —, des Florentins, tels que les frères Bicchio et Musciatto Guidi dei Franzesi[2], bien connus sous les noms de Biche et Mouche. À la tête d’une grande banque et ayant presque le monopole du commerce des laines (un siècle avant la Banque des Médicis), ils furent trésoriers de Philippe le Bel en 1294. Un autre Italien, originaire de Lucques, Bétin Cassinel (Bettino Cassinelli), demeurant en la Cité, place Saint-Michel, fut maître de la Monnaie de Paris. Beaucoup de ces Italiens demeuraient surtout dans les paroisses Saint-Merry, Saint-Jacques-de-la-Boucherie, Saint-Jean-en-Grève, Saint-Paul et dans la Cité. La plupart venaient de Venise, de le seigneurie de Milan, de Gênes, de Florence, de Lucques, de Plaisance, de Pistoie et formaient souvent des compagnies telles que celles des Cercles blancs et des Cercles noirs de Florence, des Cavassoles, des Scali ou della Scala. Les Italiens qui, comme les Juifs (expulsés en 1306), se livraient à des opérations de crédit et faisaient la banque et le commerce de l’argent, subirent le même sort. Arrêtés le mardi après la Saint-Barthélemy (28 août) 1291, puis relâchés et autorisés à exercer le commerce en France sous certaines garanties, ils furent bannis du royaume par Philippe le Bel en 1311[3].

Philippe le Bel transfère le Trésor du Temple (l'ordre qui en était occasionnellement le gardien) au palais du Louvre en 1295 et le nombre de trésoriers de France augmente, passant de deux à quatre selon les époques. Par exemple, un arrêt de la Chambre des comptes du 14 avril 1320 rétablit un trésorier unique. Au départ, les revenus de la monarchie sont issus du domaine royal. Le trésorier est chargé de l'administrer. On disait que Clovis avait son trésorier et « qu'il faisait couche à côté du trésor et qu'il le suivait dans ses déplacements », c'est dire son importance initiale symbolique[1]. Les premiers trésoriers peuvent être d'extraction roturière comme Pierre Forget ou Pierre de Rémi, lequel fut offert en pâture au peuple. Exécuté également en 1409, Jean de Montagu était « grand trésorier de France » : cette profession n'est donc pas sans risques.

À partir du XIVe siècle se met en place une administration des finances parallèles fondée sur les impôts. Les trésoriers de France n'ont que l'administration des revenus domaniaux, appelés finances ordinaires, les impôts ou finances extraordinaires étant gérées par des généraux des Finances. On distingue parmi les trésoriers de France un souverain établi sur les trésoriers qui est investi de la garde du Trésor, assisté par le « changeur » du Trésor, qui exerce la fonction de receveur-payeur général. Les autres trésoriers mènent des chevauchées périodiques à travers le domaine royal pour s’assurer de sa bonne administration.

La France à la fin du XVe siècle.
  • Domaine royal
  • Vers 1444, le système est réformé par Charles VII qui découpe le royaume en quatre trésoreries, correspondant à des régions d’administration des finances : Languedoc, Languedoïl, Normandie et Outre-Seine-et-Yonne. Chacune de ces régions est administrée par un trésorier de France particulier, nommé receveur général des finances, qui continue à résider à Paris. Charles VII déclare alors que l’un d’eux reste « au bureau en nostre Trésor », les autres visitent le domaine. C'est ici qu'apparaît le concept de « bureau des finances ».

    Dans l'exercice de leur fonction d’administrateurs domaniaux, les trésoriers de France ont autorité sur les baillis et sénéchaux ; ils peuvent également transmettre les ordres de paiement aux receveurs du domaine ou au changeur du Trésor. Ils n'ont pas de juridiction contentieuse, mais peuvent être appelés à la Chambre des comptes. En 1390 une partie des trésoriers de France forment la Chambre du Trésor (ou Cour)[4], juridiction des contentieux ayant trait aux finances ordinaires. Les trésoriers de France médiévaux n'ont pas de fonction d'ordonnancement des finances, réservée au conseil du roi.

    Époque moderne

    À la fin du Moyen Âge, les quatre trésoriers de France et les quatre généraux des finances assument collectivement la gestion des finances de la royauté sous le nom de Messieurs des finances, tout en gardant des fonctions distinctes. François Ier tente d'unifier ce système à partir de 1523. À cette date est créé le Trésor de l'Épargne, nouvelle caisse centrale de la monarchie. En , est créé un deuxième office : le Trésor des Finances extraordinaires et parties casuelles, qui s'occupe des dépenses étatiques irrégulières et imprévues (comme une guerre)[5]. En 1542, les recettes du domaine (finances ordinaires) et les recettes des aides et des tailles (finances extraordinaires) sont unifiées dans de nouvelles recettes générales. À partir de 1545, les trésoriers de France et les généraux des finances doivent prendre résidence dans leur trésorerie, ce qui met fin à leur rôle de gestion centrale des finances. Ce sont les intendants et surintendants ou contrôleurs des généralités qui leur succèdent dans ce rôle. Enfin en 1552, les offices de trésorier de France et de général des finances sont unifiés dans de nouveaux offices de trésoriers généraux de France. De 1557 à 1577, on en revient à la distinction des offices, mais le nombre de trésoriers de France est multiplié : on en compte désormais deux pour chacune des dix-sept généralités. L'unification définitive des trésoriers de France et des généraux des finances date de 1577, avec l'instauration d'une gestion collective des finances à l'échelon régional dans de nouveaux organismes appelés bureaux des finances.

    L'ensemble du système sera réformé en 1661 par Colbert.

    Le trésorier-payeur général est son descendant direct.

    Notes et références

    Articles connexes

    Related Articles

    Wikiwand AI