Fred Holland Day

From Wikipedia, the free encyclopedia

Fred Holland Day
Fred Holland Day en 1911.
Biographie
Naissance
Décès
Nationalité
Activités
Autres informations
Membre de
Mouvement

Fred Holland Day, né à Boston (Massachusetts) le et mort le à Norwood, est un photographe et éditeur américain, réputé comme être l'un des piliers du pictorialisme et un remarquable portraitiste.

Fred Holland Day est le fils d'un riche négociant de Boston. Sa famille descend de Ralph Day, l'un des premiers colons de Dedham. Héritant de la fortune familiale, il demeura indépendant financièrement toute sa vie durant[1].

En 1891, il confonde un groupe informel, les « Visionists (en) », avec des amis vivant à Boston. Parmi ceux-ci, les architectes Ralph Adams Cram (en) et Bertram Grosvenor Goodhue, le poète William Bliss Carman, et l'écrivain Richard Hovey, Herbert Copeland (avec lequel il va fonder deux ans plus tard la maison d'édition Copeland & Day, cf. ci-dessous). Le groupe est parfois rejoint par Louise Imogen Guiney, Alice Brown, ou encore Bernard Berenson. En 1892-1893, ils éditent une petite revue littéraire, The Knight Errant. Leurs influences sont le décadentisme fin-de-sièlce, l'esthétisme, l'architecture médiévale, le christianisme social et l'Arts and Crafts Movement. Ce groupe constitue un véritable terreau fondateur pour Fred Holland Day[2].

De 1896 à 1898, Fred Holland Day explore les thème religieux, se prenant lui-même comme modèle pour incarner Jésus. Ses voisins de Norwood l'aidèrent à reconstituer en extérieurs la Crucifixion en photographie. Cette expérience donna la série d'autoportraits intitulée The Seven Last Words, figurant les sept derniers mots du Christ.

Au tournant du siècle, son influence et sa réputation en tant que photographe[3] rivalise avec celles d'Alfred Stieglitz — avec qui il était en amitié et qui collectionnait ses clichés : plus tard les productions de Stieglitz éclipsèrent les siennes. Le point culminant de la carrière de Fred Holland Day fut probablement l'organisation et l'exposition de photographies à la Royal Photographic Society en 1900, qui présentait 375 photographies de 42 photographes, dont 103 de Holland Day, et qui provoqua à la fois les louanges et les avis au vitriol de la critique. Parmi ses autres amis photographes et qui lui restèrent fidèles, on compte Alvin Langdon Coburn et Edward Steichen.

En 1910, il vend une petite parcelle de son terrain à Clarence Hudson White qui y fonde la première école de photographie indépendante, la Seguinland School of Photography[4].

Fred Holland Day appartenait au mouvement pictorialiste, qui considérait la photographie comme un des beaux-arts. Ses photographies font référence à l'antiquité classique par la manière, la composition et souvent par le thème. Il réalisait souvent une seule épreuve à partir d'un négatif. Il n'employait que le procédé du platinotype, se montrant peu satisfait des autres, et perdit tout intérêt pour la photographie quand le platine devint impossible à obtenir après la Révolution russe de 1917. De fait, sa production se fait très rare dès après 1914.

La vie et l'œuvre de Fred Holland Day ont en partie suscité la controverse[5]. Ses sujets photographiques étaient souvent de jeunes hommes nus — thème cependant assez commun avant 1914. La critique Pam Roberts écrit[6] : « Day ne s'est jamais marié et, bien qu'il soit largement admis qu'il ait été homosexuel, à cause de ses goûts, de ses sujets photographiques, et de son comportement flamboyant, son orientation sexuelle était, comme beaucoup d'autres choses le concernant, un sujet très privé ».

Fred Holland Day passait beaucoup de temps parmi les enfants pauvres d'immigrés à Boston, les encadrant pour lire, les assistant et les prenant en photo. L'un d'entre eux, un immigrant libanais de 13 ans, Khalil Gibran, devint célèbre grâce à son livre Le Prophète[7].

Copeland & Day

Arabella and Araminta Stories by Gertrude Smith, poster lithographié d'Ethel Reed (1895) pour Copeland & Day.

Fred Holland Day cofonda et finança personnellement la maison d'édition Copeland & Day, avec comme associé Herbert Copeland (1867–1923), diplômé de l'université Harvard, et véritable esthète. L'entreprise dura de 1893 à 1899. Le graphisme des ouvrages s'inspirait de l'Arts and Crafts Movement et de la Kelmscott Press. Y furent publiés une centaine de titres. Copeland & Day fut le premier éditeur américain de la pièce Salomé d'Oscar Wilde, illustrée par Aubrey Beardsley ; du Yellow Book, également illustré par Beardsley ; et du Black Rider and Other Lines de Stephen Crane. C'est cet éditeur qui embaucha la graphiste Ethel Reed[8].

Dernières années et héritage

La maison où vécut Fred Holland Day est située au 93 Day Street, Norwood (Massachusetts) ; elle est devenu un musée et le siège de la Norwood Historical Society[9].

Fred Holland Day tomba en partie dans l'oubli pour plusieurs raisons. Il fut éclipsé par son rival, Stieglitz. Le style photographique pictorialiste passa de mode. La plupart de ses épreuves et de ses négatifs, plus de 2 000, disparurent dans un incendie en 1904. Et Fred Holland Day lui-même se désintéressa de la photographie et se retira de la scène photographique peu avant la Première Guerre mondiale. Cependant, dans les années 1990, la scène photographique américaine le redécouvrit[10].

Au début des années 1980, l'écrivain et photographe Hervé Guibert cite Fred Holland Day, et particulièrement ses mises en scène homo-érotiques et macabres de la crucifixion, parmi les auto-portraitistes ayant influencé son esthétique, dans son ouvrage L'Image fantôme[11],[12].

Notes et références

Bibliographie

Voir aussi

Liens externes

Related Articles

Wikiwand AI