Friedrich Gentz

personnalité politique allemande From Wikipedia, the free encyclopedia

Friedrich Gentz ou Frédéric Gentz, né le à Breslau (Prusse), mort le à Vienne (Autriche), est un écrivain et homme politique. Philosophe et disciple de Kant, il fut également journaliste et conseiller juridique des affaires étrangères, notamment auprès de Metternich. Écrivain passionné et engagé, il a écrit des œuvres fondamentales d'économie politique et fut surtout un des principaux acteurs du mouvement anti-révolutionnaire et probablement l'un des adversaires européens de Napoléon le plus actif[1].

Faits en bref Naissance, Décès ...
Friedrich Gentz
Friedrich Gentz
Biographie
Naissance
Décès
Voir et modifier les données sur Wikidata (à 68 ans)
VienneVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
Formation
Activités
Père
Johann Friedrich Gentz (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Fratrie
Enfant
Auguste Spengler (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
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Biographie

Le père de Friedrich Gentz était administrateur et sa mère une proche parente du ministre prussien Ancillon.

Le frère de Friedrich, Heinrich Gentz, était un important architecte de la mouvance classique. Friedrich a passé son enfance et son adolescence à Breslau au lycée Sainte-Marie-Madeleine. Par la suite, il fréquenta le lycée de Joachimsthal de Berlin. Gentz étudia à Königsberg auprès du philosophe Kant. Élève brillant, Kant lui confia même les épreuves de la relecture de La Critique de la raison pratique. En 1785, Gentz retourna, sans le moindre diplôme, à Berlin et commença une carrière dans l'administration prussienne. Il n'aimait pas son travail et le comparait à un esclavage moderne[1].

En 1793, il fut nommé conseiller au ministère de la Guerre. Il entama également au même moment une carrière d'écrivain en répondant à un article de l'homme d'État conservateur Justus Möser, dans la Berlinische Monatsschrift en 1791. Gentz critiqua Möser dans une argumentation imprégnée de philosophie kantienne. En 1793, il obtint la reconnaissance du public à travers sa traduction des Reflections on the Revolution in France d'Edmund Burke. La même année, il se maria avec Minna Gilly (fille de David Gilly, administrateur des bâtiments de la Couronne du royaume de Prusse et directeur de l'académie d'architecture de Berlin). Gentz fut, au départ, satisfait d'avoir assouvi son désir d'une vie stable et bourgeoise, mais il ne résista pas plus de quelques semaines à l'attrait des salons (ceux d'Henriette Herz et de Rahel Varnhagen en particulier) et des maisons de jeux. Sa nature de viveur passionné reprit vite le dessus, laissant sa femme désabusée quant à la nature de son époux, bien éloignée du jeune fonctionnaire calme et sédentaire qu'elle avait souhaité.

Pendant ses berlinoises, Gentz développa dans la presse ses talents d'hommes de lettres. Il fonda la Neue Deutsche Monatsschrift en 1795. Ce journal ne dura qu'une année. Dans le dernier numéro, il annonce que l'écriture d'une histoire de la Révolution ne lui permet pas de continuer la parution du journal. Il prend en 1793 la place de Wilhelm August Rehberg dans la "couverture journalistique" de la Révolution française, par le biais de l’Allgemeine Literatur Zeitung, s'affirmant ainsi comme le "contre révolutionnaire" allemand le plus doué et le plus zélé. Il traduit alors des œuvres de contre révolutionnaires émigrés comme celle de Mallet du Pan, de Mounier et de D'Ivernois ou encore d'Edmund Burke[2]. Mais c'est à travers la parution de l'Historisches Journal en 1799 et en 1800 que s'exprime tout son talent d'écrivain politique engagé[1].

En 1801, il publie deux oeuvres majeures traduites en plusieurs langues dès leur parution ; la première intitulée "De l'état de l'Europe avant et après la Révolution" (a même été édité plus de 6 fois en anglais) ; la seconde avait pour titre Sur l'origine et le caractère de la guerre face à la Révolution française[1]. En 1802, Gentz quitte Berlin pour Vienne. Il s'arrête à Dresde où il fait la connaissance de Metternich lequel va transformer sa vie. Il trouva Vienne bien fade à son arrivée et ne fut pas bien reçu par l'empereur du Saint-Empire romain germanique, François II. Pour autant, ce dernier accepta finalement de l'engager en tant que "conseiller juridique". Il entreprend la même année un voyage à Londres où il rencontre le futur Louis Philippe d'Orléans. Il assiste aux débat dans les deux chambres et les journaux anglais s'enflamment pour la présence "du plus grand écrivain politique d'Allemagne" en Angleterre.

À la suite de la défaite d'Austerlitz, Gentz dut toutefois s'exiler en 1805 et ne fut rappelé en Autriche qu'en 1809. Au cours des années suivantes, il devint le secrétaire d'État et le Ghostwritter de Metternich, dont il fut le bras droit dans l'élaboration de la politique intérieure et étrangère autrichienne.

Metternich appréciait particulièrement les conseils de Gentz lors de la création d'un journal officieux, l'Österreichische Beobachter, en 1810. Finalement, Metternich nomma Gentz son conseiller le plus proche et lui conféra le titre de conseiller extraordinaire de la Cour. Gentz participa ainsi au Congrès de Vienne en 1814/15 en tant que premier secrétaire. Il joua aussi ce rôle de premier secrétaire à l'occasion des congrès du premier moment du concert européen (Congrès d'Aix-la-Chapelle (1818), Conférence de Troppau, Congrès de Laybach, Congrès de Vérone (1822). A l'occasion des Décrets de Carlsbad, il aida Metternich à formuler et à mettre en œuvre la politique répressive de la Confédération germanique contre les courants libéraux et nationaux.

Friedrich Gentz était un passionné de théâtre. C'est ainsi qu'il fit la connaissance, en 1829, de la danseuse Fanny Elßler. La différence d'âge était considérable : il avait 65 ans et elle 19. Une relation étroite s'établit entre eux, qui dura jusqu'à la mort de Gentz.

La carrière politique de Gentz prit fin brutalement lorsqu’il critiqua la ligne de Metternich au début des années 1830 et que celui-ci lui retira alors ses faveurs. Sur le plan social, il resta isolé après sa rupture avec Metternich. Il se retira avec Fanny Elßler dans son petit château de Weinhaus, alors une banlieue de Vienne, et y passa ses dernières années avec elle. Lorsque Goethe mourut en mars 1832, Gentz fut profondément affecté, surtout parce que la mort du poète ne fit pratiquement aucune impression sur le public. Quelques semaines plus tard, Gentz mourut le 9 juin 1832 dans son appartement de la Teinfaltstraße

Œuvres

Ses œuvres complètes ont été publiées en douze volumes par Günther Kronenbitter entre 1997 et 2004. Friedrich Gentz: Gesammelte Schriften. 12 Bände in 24 Teilbänden. Hg. von Günther Kronenbitter, Hildesheim - Zürich - New York: Olms 1997–2004 (= Historia scientiarium. Geschichte und Politik).:

  • Band 1: Ueber den Ursprung und Charakter des Krieges gegen die Französische Revoluzion. Vorwort von Günther Kronenbitter, 1997
  • Band 2: Von dem Politischen Zustande von Europa vor und nach der Französischen Revoluzion. Vorwort von Günther Kronenbitter, 1997.
  • Band 3: Authentische Darstellung des Verhältnisses zwischen England und Spanien, 1997
  • Band 4: Fragmente aus der neuesten Geschichte des Politischen Gleichgewichts in Europa, 1997.
  • Band 5: Historisches Journal: Eine Auswahl, 1999.
  • Band 6: Übersetzungen: Einleitungen und Kommentare, 1998.
  • Band 7: Kleine Schriften, 1998.
  • Band 8/1: Ein Denkmal. Briefe und vertraute Blätter, 2002.
  • Band 8/2: Ein Denkmal. Kleinere Schriften, 1. Teil, 2002.
  • Band 8/3: Ein Denkmal. Kleinere Schriften, 2. Teil, 2002.
  • Band 8/4: Ein Denkmal. Briefwechsel zwischen Gentz und Johannes v. Müller, 2002.
  • Band 8/5: Ein Denkmal. Ungedruckte Denkschriften, Tagebücher und Briefe, 2002.
  • Band 9: Briefwechsel zwischen Friedrich Gentz und Adam Heinrich Müller: 1800–1829. 2002.
  • Band 10/1: Briefe von Friedrich von Gentz an Pilat: ein Beitrag zur Geschichte Deutschlands im XIX. Jahrhundert. 1, 2002.
  • Band 10/2: Briefe von Friedrich von Gentz an Pilat: ein Beitrag zur Geschichte Deutschlands im XIX. Jahrhundert. 2, 2002.
  • Band 11: Briefe von und an Friedrich von Gentz. 4 Bde. Nachdruck, 2002.
  • Band 12: (insgesamt 5 Bände/Teile) Tagebücher von Friedrich Gentz 1800–1831. Einleitung von Günther Kronenbitter, 2004.
  • De la paix perpétuelle (1800). Traduction, présentation et annotation par Mouchir Basile Aoun, (Coll. «Thesaurus de philosophie du droit ».) 1997.
  • The Origin and Principles of the American Revolution, Compared with the Origin and Principles of the French Revolution (1800). English translation of: Der Ursprung und die Grundsätze der Amerikanischen Revolution, verglichen mit dem Ursprung und den Grundsätzen der Französischen (1800), edited and with an Introduction by Peter Koslowski, translated by John Quincy Adams (later 6th President of the United States of America), in the year 1800, Liberty Fund Indianapolis, 2009. http://oll.libertyfund.org/index.php?option=com_staticxt&staticfile=show.php%3Ftitle=2376&Itemid=28


Sources :

  • HHSTA SB Nl Gentz
  • Universitäts- und Stadtbibliothek Köln. Sammlung Otto Wolff, Gentz-Nachlass
  • Archives diplomatiques du ministère des Affaires étrangères (AMAE), La Courneuve
  • Mémoires et documents, France 603, 604, 632, 657, 672, 692
  • (de) « Gentz Briefe EasyDB », sur uni-koeln.de (consulté le )

Bibliographie

  • Raphaël Cahen (de), Friedrich Gentz 1764–1832. Penseur post-Lumières et acteur du nouvel ordre européen. Berlin, Boston: De Gruyter Oldenbourg, 2017.
  • Günther Kronenbitter (de), Wort und Macht. Friedrich Gentz als politischer Schriftsteller (= Beiträge zur Politischen Wissenschaft. Bd. 71). Berlin 1994.
  • Golo Mann, Secretary of Europe; the Life of Friedrich Gentz, Enemy of Napoleon, Yale University Press, 1946.
  • Harro Zimmermann (de): Friedrich Gentz. Die Erfindung der Realpolitik. Ferdinand Schöningh, Paderborn 2012, (ISBN 978-3-506-77132-2); Rezension Sammler amouröser Liebschaften und Verfechter des Konservatismus im Büchermarkt – Buch der Woche im Deutschlandfunk (DLF) (17. Februar 2013) von Wilfried F. Schoeller (de) dradio.de
  • Eugen Guglia (de): Friedrich von Gentz. Eine biographische Studie. Wiener Verlag, Wien 1901, (OCLC 836671676).
  • Carl Jacob Burckhardt: Friedrich von Gentz – 2. Mai 1764 bis 9. Juni 1832. In: Carl Burckhardt: Gestalten und Mächte. Manesse Bibliothek der Weltliteratur, Zürich 1961, S. 299–335.
  • Hannah Arendt: Friedrich von Gentz: Zu seinem 100. Todestag am 9. Juni. In: Kölnische Zeitung (de). Nr. 308, 8. Juni 1932, in engl. Übers. durch R. und R. Kimber zuerst 1994, wieder 2007 in: Dies.: Reflections on Literature and Culture. Stanford University Press, Stanford 2007, (ISBN 978-0-8047-4498-0), § 3, S. 31–37.
  • Jean Mathieu Mattei, Histoire du droit de la guerre (1700-1819), introduction à l’histoire du droit international, PUAM, 2006, 2 tomes.
  • (de) Hubert Rumpel (de), « Gentz, Friedrich », dans Neue Deutsche Biographie (NDB), vol. 6, Berlin, Duncker & Humblot, , p. 190–193 (original numérisé)
  • (de) Adolf Beer (de), « Gentz, Friedrich von », dans Allgemeine Deutsche Biographie (ADB), vol. 8, Leipzig, Duncker & Humblot, , p. 577-593
  • (de) Constantin von Wurzbach, « Gentz, Friedrich von », dans Biographisches Lexikon des Kaiserthums Oesterreich, vol. 5, Vienne, L. C. Zamarski (lire sur Wikisource, lire en ligne), p. 136-143

Notes et références

Liens externes

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