Friedrich Hilble
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Friedrich Hilble, fonctionnaire municipal depuis 1917[2], dirige jusqu'à sa mort en 1937 le bureau de l'aide sociale de la ville de Munich. Bien avant la prise du pouvoir des nazis en 1933, Hilble est déjà partisan du travail obligatoire pour les chômeurs, comme de restrictions de l'aide sociale, en particulier envers ceux qu'il considère comme asociaux et parasites[2]. Il s'engage également pour la discrimination des Juifs de l'aide sociale, et sollicite pour ses collaborateurs une formation en « culture des races » et « idéologie nazie ». Lui-même n'est pas adhérent du parti nazi; mais membre du secours populaire national-socialiste. Pendant la République de Weimar, il est adhérent du parti populaire bavarois[2].
L'office de Hilble est le premier à proposer d'interner chômeurs et allocataires de l'aide sociale au camp de concentration de Dachau, « afin de les décourager et marginaliser »[3]. Hilble écrit à ce sujet en 1937 :
« Afin de garantir à l'avenir le placement au travail des assistés, les communes […] devront appliquer les méthodes que nous avons employées ces dernières années, et qui ne requièrent pas de grande dépense de la part des bureaux de l'emploi, et en particulier auprès des prétendus cas désespérés. Ces méthodes s'appellent : Travail obligatoire, travail de bienfaisance, détention de soutien lorsque l'on refuse de travailler, et les procédures les plus fermes contre les TIRE-AU-FLANC, FAINEANTS, et autres arnaqueurs de pension alimentaire. Dans l'état actuel des choses, il ne sera pas possible de renoncer à de telles institutions, qui ont pour mission de faire travailler ceux qui soi-disant ne peuvent travailler, et qui ne souhaitent pas travailler. »
— Friedrich Hilble, Der Gemeindetag. Zeitschrift für deutsche Gemeindepolitik, 15 février 1937.
Dès 1934, et suivant en cela l'exemple pionnier du bureau d'aide sociale de la ville de Munich, il est donc possible d'interner au camp de Dachau les allocataires « réfractaires au travail ». Hilble incarne alors ce « dérapage insidieux de l'aide sociale vers le chenal national »[4]. Selon la chercheuse en sciences politiques Claudia Brunner, il est « le type même du fonctionnaire allemand méticuleux et respectueux de son devoir », dont « les mérites résident dans l'accomplissement cruel des idées nazies » et la « loyauté inconditionnelle envers un régime inhumain »[5].