Fritz-René Vanderpyl

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Naissance
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Nationalité
Activité
poéte, romancier, journaliste, critique d'art et critique culinaire
Fritz-René Vanderpyl
Fritz Vanderpyl à son bureau, 13 rue Gay-Lussac, Paris, années cinquante. On devine derrière lui son portrait peint en 1918 par son ami Maurice de Vlaminck.
Biographie
Naissance
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Nationalité
Activité
poéte, romancier, journaliste, critique d'art et critique culinaire

Fritz-René Vanderpyl (Frits Remy Reinier van der Pijl, selon l’état civil), né le à La Haye (Pays-Bas) et mort à Lagnes (Vaucluse), est un poète, romancier, journaliste, critique d'art et critique culinaire. Arrivé à Paris le 20 septembre1899[1], il fut chroniqueur au Petit Parisien[2] de 1920 à 1940.

Après une scolarité peu brillante (malgré quelques années passées au célèbre pensionnant de Rolduc) et des débuts littéraires plus que mitigés aux Pays-Bas, le Néerlandais a choisi de quitter sa terre natale pour vivre dans la capitale française. Il nourrit une seule ambition : se faire poëte. Tant bien que mal, le polyglotte survit en exerçant essentiellement comme guide indépendant pour des touristes étrangers, parmi lesquels Jack London. Ainsi, il finit par connaître toutes les salles du Louvre, nombre de quartiers et de monuments de la capitale mais aussi beaucoup de villes et de contrées françaises et européennes. Même s'il vit le plus souvent dans le dénuement, il fréquente souvent, grâce à cette activité, hôtels et restaurants de luxe. De la sorte, il aiguise son goût de la gastronomie, né dans les cuisines du réputé restaurant Van der Pijl fondé par son grand-père à La Haye, Plaats 18[réf. nécessaire].

Dès 1901, Fritz Vanderpyl intègre peu à peu la bohème parisienne, côtoyant les peintres fauves puis les cubistes ainsi que les futuristes. Maurice de Vlaminck, Kees van Dongen, Picasso ou encore Ardengo Soffici sont parmi ses compagnons de l'époque. Habitué des bistrots de Montmartre et de la Closerie des Lilas, il se lie aussi avec bien des poètes, principalement Paul Fort, André Salmon et Guillaume Apollinaire. Pendant quelques années, il évolue par ailleurs dans le cercle des jeunes qui ne tardent pas à fonder l'Abbaye de Créteil. Georges Duhamel, Alexandre Mercereau, René Arcos et Charles Vildrac font alors partie de ses intimes. Ce sont d'ailleurs eux qui éditent sur leur presse, en 1907, le premier recueil de poèmes français du Batave. Au cours des mêmes années, celui-ci publie dans La Plume, Le Mercure de France, Vers et Prose et dans bien d'autres feuilles et périodiques[réf. nécessaire].

Fritz Vanderpyl (barbu) sous l'uniforme pendant la Grande Guerre.

Avec son grand ami le poète Guy-Charles Cros, le Hollandais se lance dans la critique picturale. Et peu après son mariage avec la Provençale Hermine Augé (1872-1966), il publie un premier ouvrage qui traduit son amour de la peinture : Six promenades au Louvre. De Giotto à Puvis de Chavannes. Quelques mois après avoir fondé une revue éphémère, il s'engage, en 1914, comme ses camarades Kisling, Apollinaire et Canudo, dans la Légion étrangère[3]. Début 1915, il obtient la nationalité française. En 1916-1918, il est simple soldat en Franche-Comté puis à Paris, au sein des services de la propagande et de la censure. Là, Vanderpyl fait la connaissance du publiciste Alexandre Cohen et retrouve bientôt le convalescent Apollinaire. Dans sa revue L'Arbitraire (1919)[4], Fritz publie les vers qu'il a adressés à ce dernier et la réponse de l'auteur d'Alcools, mais aussi la partition de l'œuvre vocale composée par Arthur Honegger sur son poème « Nature morte »[5].

La guerre finie, le Haguenois obtient, grâce à son copain Maurice de Vlaminck, un poste de chroniqueur au sein du Petit Parisien, le quotidien alors le plus lu de France. Dans ce journal, mais aussi dans maints autres périodiques, le naturalisé publie des milliers d'articles sur l'art et sur la gastronomie. Et à l'instar du camarade Salmon, il donne quelques nouvelles graveleuses à des magazines de pin-up[6]. La plus grande partie de sa production est écrite en français, mais, à l'occasion, il rédige des pages en néerlandais ou en anglais. Ami d'Ezra Pound et de T. S. Eliot, il voit ainsi ses papiers ou encore certains de ses vers paraître outre-Manche et outre-Atlantique. Pendant une vingtaine d'années, il reste en contact avec James Joyce. Les auteurs, artistes et voyageurs Jan et Cora Gordon font partie de ses autres relations anglo-saxonnes. En 1927, le critique reçoit la légion d'honneur[réf. nécessaire].

Collectionneur dans l'âme, Fritz Vanderpyl met à profit sa position de critique pour constituer une collection de toiles assez fascinante[7]. Jean Schalekamp, écrit à son sujet[8]

« L’un des Néerlandais les plus singuliers et curieux qu’il m’ait été donné de rencontrer. […] Au sens strict, il était poète, écrivain et critique d’art de métier, en rien un Hollandais. Il ne se souvenait même plus du moindre mot de sa langue maternelle. Aussi étonnant cela puisse-t-il paraître, il parlait un français irréprochable mais toujours, au bout de près de soixante ans, avec un fort accent batave. […] C’était un replet octogénaire à la barbichette et la moustache blanches soignées, un personnage tout droit sorti de ce XIXe siècle à la fin duquel il avait gagné Paris pour ne plus jamais en repartir. […] Il était une figure de légende qui avait vécu à une époque de légende. Verlaine, Apollinaire, André Salmon, Max Jacob, Alfred Jarry, Picasso, Maurice de Vlaminck, Van Dongen, Juan Gris, Braque, Kisling, Chabaud, Foujita, les morts comme les vivants, il les avait tous connus, avait trinqué avec eux et refait le monde dans le bistrot du père Azon et dans d’autres cafés de Montmartre ou de Montparnasse. Les murs de son logement disparaissaient sous des tableaux et les portraits – cadre contre cadre – que ces artistes avaient faits de lui. Une valeur de plusieurs dizaines de millions, estimai-je. De derrière une petite pendule, il sorti un petit Kisling caché là car il ne le trouvait pas beau. Une pièce aux portraits, une pièce aux natures mortes et aux bouquets, une autre réservée aux fauvistes et aux surréalistes. Ainsi que quelques cubistes, même s’il ne les appréciait pas trop. Pendant des années, Picasso lui en avait voulu, racontait-il, car dans son livre Peintres de mon époque, il avait écrit à son sujet qu’il savait dessiner, mais quant à peindre… ‘‘Alors, tu fais toujours ton sale métier ?’’ lui avait lancé le maître il n’y avait pas si longtemps encore. ‘‘Je ne sais plus où les mettre, se plaignait-il, il y en a je ne sais combien au grenier. Je n’ai tout simplement plus de place ici.’’ J’aimerais bien, me suis-je dit, qu’il m’en donne quelques-uns, mais il n’est pas allé jusque-là. »

. On lui doit la découverte du peintre naïf Ferdinand Desnos, avec qui il se lie d'amitié et qu'il introduit dans les milieux artistiques[9]. Il va également jouer un rôle important dans la carrière du Franc-Comtois Pierre Jouffroy, futur châtelain de Belvoir, et dans celle du Vauclusien Jean-Marie Fage. Comme beaucoup d'autres (Raoul Dufy, André Derain, Vlaminck, Sonia Lewitska, Simon Mondzain, Jean H. Marchand, André Favory, Charles Vildrac, Tobeen, Léopold Gottlieb, Fritz Herpfer, Richard Bloos, Maurice Robin, Libero Andreotti, Moïse Kisling, Auguste Chabaud, Charles Blanc, Marie Bonheur, Henri Doucet ou encore le cubiste néerlandais Lodewijk Schelfhout), ces trois peintres ont exécuté le portrait du Haguenois. Celui-ci a été d'autre part un inspirateur pour le galeriste Gérad Conoir[7] ou encore pour l'écrivain Georges Vergnes[réf. nécessaire].

Au deuxième étage avec balcon du 13, rue Gay-Lussac, Paris V, l’appartement où le couple Vanderpyl a vécu pendant plus d’un demi-siècle siècle. Le lieu a entre autres été immortalisé par James Joyce et Ezra Pound.

Pendant la Seconde Guerre mondiale, Vanderpyl continue de publier des comptes rendus hebdomadaires sur les expositions, cette fois dans Paris-Midi et Paris-Soir. La Pariser Zeitung édite en traduction allemande quelques-uns de ses papiers sur des peintres. Mais c'est surtout sa brochure antisémite L’Art sans patrie, un mensonge (1942)[10] qui lui vaudra de figurer, en 1944, sur la liste des écrivains infréquentables établie par le Comité national des écrivains. Il sera toutefois disculpé, peu après, des charges pesant sur lui. N'ayant plus guère l'occasion de faire éditer sa prose, l'homme de lettres rédige ses mémoires restés en grande partie inédits et tente, sans succès, de faire publier des pages du Journal qu'il a tenu, par intermittence, depuis 1903[11].

Affaibli, Fritz Vanderpyl s'éteint en Provence auprès de sa belle-famille. Son ami André Dunoyer de Segonzac lui rend hommage dans Le Figaro littéraire[12]. Quant à Hermine, membre de l'Association phonétique internationale, elle a survécu une année à son mari[13].

Œuvres de Fritz-René Vanderpyl

Notes et références

Annexes

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