Frédéric Dyckhoff

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Naissance

Courcelles-sur-Aire
Décès
(à 56 ans)
Bar-le-Duc
Nationalité
Activité
ingénieur, chef d'entreprise, inventeur
Frédéric Dyckhoff
Biographie
Naissance

Courcelles-sur-Aire
Décès
(à 56 ans)
Bar-le-Duc
Nationalité
Activité
ingénieur, chef d'entreprise, inventeur
Autres informations
Personne liée

Frédéric Dyckhoff, né le à Courcelles-sur-Aire et décédé à Bar-le-Duc le , est un ingénieur français ayant contribué à la mise au point et à la production des premiers moteurs Diesel et à leur utilisation dans les transports.

La famille Dyckhoff est originaire de la ville de Groningue[1]. Le père de Frédéric Dyckhoff s’installe à Courcelles-sur-Aire et épouse la fille d’un filateur de coton de cette commune[1]. Après l’incendie de la filature de son beau-père, il y installe un atelier de mécanique destiné à la fabrication de pièces pour moulins[1].

Après des études d’ingénieur[note 1], Frédéric Dyckhoff deviendra chef des études à la société Eiffel et proposera en 1878 la construction d’une tour en fer qui préfigure la Tour Eiffel[2]. C’est via la société Eiffel qu’il rencontre Rudolf Diesel, en 1882[3]. Il quitte l’entreprise en 1891 pour revenir à Bar-le-Duc et prendre la direction de l'atelier de son père qui vient de décéder[3].

Dès 1893, Dyckhoff fait des premières propositions à Diesel concernant la production de moteurs éponymes en France[3]. Lors d’un passage de Rudolf Diesel à Bar-le-Duc au printemps 1894 les deux hommes cherchent un terrain apte à accueillir une fabrique de moteurs et signent un premier accord de licence[3].

Plaque d'identification en cuivre d'un moteur Diesel produit par Dyckhoff et exposé au Musée des Arts et Métiers. Il est écrit sur la plaque : "Société française des moteurs R. Diesel, Bar-le-Duc, Meuse, Moteur Diesel numéro 17, Breveté SGDG".
Plaque d'identification d'un moteur Diesel produit par Dyckhoff exposé au Musée des Arts et Métiers (Paris).

En 1894, les ateliers de la famille Dyckhoff à Bar-le-Duc occupent 21 ouvriers[1]. En juin et en juillet de la même année, Dyckhoff présente devant huissiers respectivement des pièces de moteurs et un moteur Diesel (complet et en état de marche) construits selon les plans de Diesel[3]. Il s’agirait là d’une première mondiale[3],[4],[note 2]. En 1896, Dyckhoff présente un deuxième moteur complet devant huissier[3]. Les progrès significatifs de Dyckhoff pourraient s’expliquer par son expérience passée sur les machines à vapeur, par un certain pragmatisme et un esprit plus libre que celui de Rudolf Diesel (pressé d’arriver à des résultats par ses licenciés et pour maintenir la validité de ses brevets mais pratiquant aussi une fuite en avant dans la signature de contrats et de promesses de livraison)[3].

En 1896, Dyckhoff fait construire à Longeville-en-Barrois, sur un terrain de 7 hectares une nouvelle usine de fabrication[3] (dont il subsiste encore un bâtiment[1]). En 1897, il se rend à Augsbourg[note 3] en février et en avril/mai pour assister à des essais du prototype final de moteur mis au point par Diesel lui-même[3]. Le compte rendu de ces essais est adressé aux souscripteurs de la Société française des moteurs Diesel à combustion interne, nouvellement créée par Dyckhoff à Bar-le-Duc[3],[note 4]. En 1900, la société obtiendra un prix à l’Exposition Universelle de Paris[3].

Moteur Diesel de 20 chevaux à deux pistons opposés installé dans la péniche Petit-Pierre (vers 1902-1903).

En 1899, la société Sautter-Harlé sous-licencie à Dyckhoff la possibilité de produire des moteurs Diesel[3]. En , Dyckhoff leur commande la fabrication d’un moteur horizontal à deux pistons opposés d'une puissance de 20 chevaux, destiné à motoriser un bateau, qui sera livré en [3],[note 5]. Le premier essai du moteur, monté sur la péniche Petit-Pierre, a eu lieu au plus tard le [note 6] sur le canal de la Marne au Rhin[3]. La Petit-Pierre est l’un des deux premiers navires à utiliser un moteur Diesel[note 7]. Cette utilisation fluviale sera ensuite étendue aux sous-marins par Adrien Bochet[5], ingénieur chez Sautter-Harlé et collaborateur de Dyckhoff sur le projet de la Petit-Pierre[3],[6],[5],[7]. Sur la base de ces essais et de l'intervention d'Adrien Bochet (auprès de Gabriel Maugas, ingénieur de l'armement), Sautter-Harlé motorisera avec la technologie Diesel le sous-marin expérimental Z et les sous-marins Opale, Rubis, Emeraude, Topaze, Saphir, Turquoise, Aigrette et Cigogne[6],[7].

En 1908, Dyckhoff négocie une fusion-cession de sa société dédiée aux moteurs Diesel aux Chantiers et Ateliers A. Normand du Havre[3]. En 1912, cette dernière entreprise vend l’usine de Longeville-en-Barrois à Joseph Utard qui en fera une fonderie[3].

Frédéric Dyckhoff décède en 1910, à cinquante-six ans. Il est enterré au cimetière civil de Bar-le-Duc[8]. Son fils, Rudolphe Dyckhoff, continuera à exploiter l’atelier de mécanique historique de la famille Dyckhoff à Bar-le-Duc (il restera dans la famille jusqu’à la veille de la Seconde Guerre Mondiale)[9]. L'ancienne maison de Frédéric Dyckhoff, située à Bar-le-Duc et inoccupée depuis plusieurs années, a fait l’objet de plusieurs tentatives de mises en vente et de protection[10],[11],[12],[13].


Brevets

Bibliographie

Notes et références

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