Frédéric Verrières
From Wikipedia, the free encyclopedia
Conservatoire national supérieur de musique et de danse de Paris
IRCAM (Cursus de composition, 1999)
| Naissance | |
|---|---|
| Nationalité |
Française |
| Formation |
Conservatoire royal de Bruxelles Conservatoire national supérieur de musique et de danse de Paris IRCAM (Cursus de composition, 1999) |
| Activité |
| Maître | |
|---|---|
| Distinction |
Prix de la meilleure création contemporaine, SACEM (2000) Prix Nouveau Talent Musique, SACD (2003) Prix de la meilleure création d'un compositeur français, Syndicat professionnel de la critique (2011) |
Frédéric Verrières, né le à Antony, est un compositeur français. Son œuvre, qui traverse les genres du concert, de l'opéra, du théâtre et du cinéma, se caractérise par une technique qu'il qualifie lui-même d'anamorphose musicale : une synthèse libre entre des styles préexistants — de Bach à Puccini, du jazz au flamenco, de la chanson française aux musiques traditionnelles des Balkans et d'Afrique centrale.
Pianiste de formation, Frédéric Verrières étudie d'abord au Conservatoire royal de Bruxelles, puis entre au Conservatoire national supérieur de musique et de danse de Paris dans les classes de Marc-André Dalbavie, Gérard Grisey, Michaël Levinas, François Théberge et Gabriel Yared. En 1997, il obtient un premier prix de composition à l'unanimité[1]. Deux ans plus tard, il suit le cursus de composition et d'informatique musicale de l'IRCAM[1].
Carrière
En 2000, la SACEM lui décerne le prix de la meilleure création de musique contemporaine. L'année suivante, il est pensionnaire de la Villa Médicis à Rome. En 2003, il reçoit le prix Nouveau Talent Musique de la SACD[1].
Son œuvre pour le concert est interprétée par des artistes tels que Nicholas Angelich, Jeanne Cherhal, Dana Ciocarlie, David Grimal, Camélia Jordana, Michel Portal, Alexandre Tharaud et Baptiste Trotignon, ainsi que par des ensembles comme l'orchestre Lamoureux, l'ensemble Itinéraire, TM+, l'Ensemble Court-circuit, l'ensemble Ictus et l'Ensemble Cairn[2].
Opéra
Son premier opéra, The Second Woman, sur un livret de Bastien Gallet librement inspiré du film Opening Night de John Cassavetes, est mis en scène par Guillaume Vincent et créé au Théâtre des Bouffes du Nord à Paris en avril 2011, avec l'ensemble Court-Circuit sous la direction de Jean Deroyer. L'œuvre reçoit le prix de la meilleure création d'un compositeur français décerné par le Syndicat professionnel de la critique de théâtre, musique et danse[1]. La pièce met en scène, sur un mode de mise en abyme, les répétitions d'un opéra : la cantatrice principale y voit surgir son double, dans une dramaturgie croisant plusieurs niveaux de représentation et plusieurs styles musicaux, du bel canto à l'électronique[3].
Son deuxième opéra, Mimi, scènes de la vie de bohème, librement inspiré de La Bohème de Giacomo Puccini, sur un livret de Bastien Gallet, est mis en scène par Guillaume Vincent et créé le 14 novembre 2014 au théâtre de Cornouaille à Quimper, avant d'être repris aux Bouffes du Nord du 18 au 26 novembre 2014. L'ensemble Court-Circuit y est à nouveau dirigé par Jean Deroyer. La réalisation informatique musicale est assurée par l'IRCAM. L'œuvre est notamment interprétée par Camélia Jordana et la soprano Judith Fa[4]. La pièce opère une déconstruction du modèle puccinien par la technique de l'anamorphose : la musique de Puccini est échantillonnée, transformée et traversée par des styles allant du rock à la musique contemporaine[5].
Cinéma et théâtre
Frédéric Verrières compose également pour le cinéma, notamment les bandes originales des films Little New York de James di Monaco (2009), Quatre amants (Four Lovers) d'Antony Cordier (2010) et Virgil (2005). Il travaille aussi pour le théâtre et des projets d'exposition, tissant dans chacun de ces domaines des liens entre des œuvres et des styles préexistants[2].
Esthétique
Frédéric Verrières décrit son approche compositionnelle par analogie avec la technique de l'anamorphose en peinture : une déformation calculée d'une image source qui, perçue sous un certain angle, révèle une figure cohérente. Appliquée à la musique, cette méthode consiste à s'approprier des œuvres du répertoire — de Bach à Debussy, de Puccini à Coltrane — pour les transformer, les distordre et les faire entrer en dialogue avec des esthétiques très différentes : le flamenco, le jazz, la chanson française, les folklores balkaniques ou centrafricains, l'électronique[2]. Sa musique cherche ainsi à « construire toujours en écho et fantasmagorie avec celles qu'il explore »[2].