Très estimé, il devient alors l'un des avocats de premier rang du barreau de Bayeux, est élu capitaine de la garde nationale, conseiller municipal et membre du conseil d'arrondissement de Bayeux. Il décline une proposition de candidature à l'Assemblée législative, conseillant un report en faveur du comte Frédéric Christophe d'Houdetot, ancien pair de France.
Dès 1849, il est nommé procureur de la république à Caen sur la proposition d'Odilon Barrot, et au mois d'octobre de la même année à Rouen, où des agitations politiques avaient lieu. Il passe procureur général à Agen en 1852 et à Orléans en 1853.
Il est conseiller général de la Manche, élu pour le canton de Mortain de 1854 à 1864, y succédant à son oncle Siméon Leverdays (1783-1854).
Cordoën est alors nommé procureur impérial à Paris en 1856, et a l'année suivante à gérer l'affaire de l'assassinat de l'archevêque de Paris, Mgr Sibour, quelques mois plus tard, l'attentat de Felice Orsini à l'encontre de Napoléon III, et en 1861, l'affaire Mirès.
En cette dernière fonction et comme commissaire du gouvernement, il soutient avec succès devant le Corps législatif la loi du , sur l'instruction des flagrants délits devant les tribunaux correctionnels, loi qu'il avait préparé, après avoir recueilli, surtout en Angleterre, tous les éléments qui lui devaient servir, et il eut le mérite d'organiser pour cette catégorie de délits une justice rapide et d'abréger notamment ainsi la durée moyenne des détentions préventives, sans porter atteinte aux garanties nécessaires et aux règles consacrées par l'expérience.
Il soutient également avec une grande autorité de parole et de doctrine, devant le Corps législatif, la loi du , portant modification d'un grand nombre d'articles du code pénal.
Ses travaux sont publiés en 1864, après sa mort, sous le titre: Le procureur général Cordoën, discours et réquisitoires recueillis et publiés par les soins de ses amis.
«Cordoën (Félix-Simeon-Jacques)», dans Pierre Larousse, Grand dictionnaire universel du XIXesiècle, Paris, Administration du grand dictionnaire universel, 15 vol., 1863-1890 [détail des éditions].
Jean-Claude Farcy, Magistrats en majesté: les discours de rentrée aux audiences solennelles des cours d'appel (XIXe – XXesiècles), 1998
Marcel Rousselet, La magistrature sous la monarchie de juillet, 1937
Annuaire des Cinq Departements de la Normandie, 1865
Gustave Gouellain, Jean Benoît Désiré Cochet, Revue de la Normandie: littérature, sciences, beaux-arts, histoire, archéologie, Volumes 4, 1864
J. Balteau, Michel Prévost, Roman d'Amat, Dictionnaire de biographie française: sous la direction de J. Balteau, M. Barroux, M. Prévost; avec le concours de nombreux collaborateurs, Volume 9, 1969
Dictionnaire biographique ... des notabilités ... du département de la Manche: avec photographies des notabilités de ce département, Volume 25, 1894
Noémi Noire Oursel, Nouvelle biographie normande: Supplément, 1888