Félix Germain

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Décès (à 88 ans)
La Tronche
Nationalité France
Diplôme
Licence ès lettres, D.E.S. de lettres classiques
Félix Germain
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Félix Germain
Naissance
Beaufort
Décès (à 88 ans)
La Tronche
Nationalité France
Diplôme
Licence ès lettres, D.E.S. de lettres classiques
Profession
Professeur de lettres classiques
Activité principale
Alpiniste, secouriste en montagne
Autres activités
Conjoint
Jeanne Lacroix

Félix Germain, né le à Beaufort (Savoie), mort le à La Tronche (Isère), inhumé à Corenc (Isère), est un professeur, alpiniste et sauveteur en montagne, écrivain, traducteur et directeur de collection français[1],[2],[3].

Le professeur

Fils d'instituteurs, il obtient la licence ès lettres classiques et le D.E.S. de lettres classiques, devient professeur de français, latin et grec ancien dès , et enseigne au lycée Champollion de Grenoble de à [4],[5],[6].

Il se sert de son expérience pour faire passer à ses élèves de français la notion d'"honnête homme", à ses élèves de latin, la maxime "mens sana in corpore sano" ("un esprit sain dans un corps sain"), et à ceux de grec ancien, les épopées des héros d'Homère.

En il épouse Jeanne Lacroix, professeure agrégée d'anglais, qui l'accompagnera dans nombre de ses courses, illustrera certains de ses livres, et traduira avec lui des ouvrages publiés en anglais, sous le nom de "Jeanne Germain"[5],[6].

L'alpiniste

Durant son adolescence, il s'initie à l'escalade avec des amis dans le massif de Belledonne, et lit les récits des grands alpinistes[3].

Après s'être aguerri, il s'engage dans des courses dans le massif du Mont-Blanc (arêtes du Grépon, arêtes de Rochefort), et dans les parois du Vercors, de l'Oisans, des Dolomites...

Il a à son actif plusieurs premières[3],[7] :

  •  : première hivernale à skis de l'arête sud-ouest du Schrandele dans les Alpes de Stubai, Tyrol, Autriche, avec Karl Lier.
  •  : face nord du Pic Maître à la Grande Ruine, avec Paul Boniface et André Colomb.
  •  : descente à skis du Brévent par le col du Brévent.
  •  : arête ouest de la Pointe des Chamois (Oisans), avec André Colomb.
  •  : traversée des arêtes de la Tête du Replat (Oisans), avec Colomb, Mallet et Rey, arête est de la Tête nord-est et descente face est de la Tête sud-ouest.
  •  : traversée du dôme de la Gandolière (Oisans), avec Colomb, Mallet et Rey, arête sud-ouest et arête ouest-sud-ouest.
  •  : traversée Pointe Thorant – Pointe Madeleine (Oisans).
  •  : face sud-sud-ouest du Râteau (Oisans).
  •  : arête sud-ouest de la Tête sud du Replat (Oisans).
  •  : face sud-est du Grand pic de Belledonne avec R. Chavand.
  •  : face nord de la Pointe Cézanne (Oisans) avec R. Chavand.

À la fin des années 1950, alors que l’alpiniste Claude Kogan prépare la première expédition féminine internationale dans l’Himalaya et recherche une femme alpiniste sachant filmer, Félix Germain lui recommande Micheline Rambaud et les met en relation[8],[9],[10].

Le sauveteur et l'organisateur du secours en montagne

En , il rejoint la Société dauphinoise de secours en montagne (SDSM)[11],[12], et en il en devient le président actif, fonction qu'il exercera jusqu'en . Depuis ses origines, elle est autonome et composée de montagnards bénévoles.

À ce titre, il participe à de nombreuses opérations de secours, comme sauveteur ou organisateur : notamment pour les accidents d'avions de la Moucherolle en [13], de l'Obiou en [14], et le sauvetage de deux alpinistes au Pavé en [15], et d'un autre à l'Olan en [3].

De à , il est aussi secrétaire général de la commission de la Fédération française de la montagne (FFM) pour le secours en montagne[16].

Après l'agonie de Vincendon et Henry durant l'hiver 1956-57 dans le Massif du Mont-Blanc[17], les pouvoirs publics décident en de confier la direction des opérations de secours en montagne aux gendarmes, aujourd'hui les PGHM, et aux CRS Montagne. Cela correspondant aux souhaits de Félix Germain, il s'implique fortement dans la mise au point de la nouvelle organisation, et en est un des principaux artisans[18].

Pour le secours aux victimes d'avalanches, il sera à l'origine de la mise en place d'équipes cynophiles[3].

On lui doit la création en de l'insigne ou médaille du Secours en montagne français[18],[19].

Félix Germain fit partie du groupe de sauveteurs de différents pays alpins (Allemagne, Autriche, France, Italie, Suisse) qui dès prirent l'initiative de créer une commission internationale qui fut officiellement enregistrée en sous le nom de Commission internationale de sauvetage alpin (en) (ICAR/CISA)[16],[3].

L'homme de lettres

C'est aux éditions Arthaud (Grenoble) qu'il publie ses propres ouvrages, y traduit un grand nombre de livres sur l'alpinisme écrits en italien, ainsi qu'en anglais en collaboration avec son épouse Jeanne Germain, et y dirige la Collection Sempervivum.

L'écrivain et son œuvre

  • En , il publie un article dans La Montagne, revue du Club Alpin Français (CAF)[20].
  • En partenariat avec le Groupe de haute montagne dont il est devenu membre[21],[22], il publie en Escalades choisies du Léman à la Méditerranée, guide de poche qui décrit 80 escalades dans les Alpes françaises en 2 tomes (Alpes du nord, Alpes du sud)[23].
  • En Les Dolomites est un beau livre sur ce massif italien[24].
  • En Cimes et visages du Haut-Dauphiné est un livre en 3 parties[25] :
    • un texte aux accents lyriques sur la montagne, la nature et l'alpinisme, qui se termine par le renouvellement du mythe de la "mort du Grand Pan"
    • une partie illustrée de photos sur la vie en montagne et sur la haute montagne
    • une partie constituant les commentaires des illustrations.
Paul Veyret, directeur de l'Institut de géographie alpine, en donne une critique dans la Revue de géographie alpine (no 43-4, 1955)[26].
  • En Sommets est une anthologie sur la montagne[27].
  • En Cimes et visages de Savoie est basé sur le même canevas que son "frère" haut-dauphinois, avec la partie texte qui se conclut sur une déclaration d'amour de l'auteur à sa Savoie natale[28].
  • Alors que Grenoble s'apprête à accueillir les Xèmes Jeux olympiques d'hiver, il fait paraitre en en collaboration avec un couple d'universitaires, Germaine et Paul Veyret, un livre au format in-folio, Grenoble capitale alpine[29].
  • En La Yougoslavie comprend "215 photographies en noir et en couleurs de l'auteur, 11 croquis in-texte, 1 carte trois couleurs"[30].

Le traducteur

Félix Germain a traduit, seul ou en collaboration avec son épouse, une vingtaine d'ouvrages, au nombre desquels:

  • Dans L'aventure alpine (Arthaud, Grenoble, collection Sempervivum), traduction française de l'ouvrage de Frank Smythe The adventures of a mountaineer publiée en , il ajoute en appendice La bibliothèque de l'alpiniste, qui représente "son choix des livres sur l'alpinisme les plus intéressants pour un lecteur de langue française" [31],[32].
  • En dans la collection Sempervivum, il traduit le best-seller de Walter Bonatti Le mie montagne (littéralement "Mes montagnes"), dont le titre français évoque davantage un hommage : À mes montagnes[33].
  • En il traduit Alpinismo moderno, livre collectif publié sous la direction de Giancarlo Del Zotto, et adapte ce manuel technique avec la collaboration d'éminents alpinistes (Alpinisme moderne, Arthaud, Collection Sempervivum)[34].

Le directeur de collection

Selon le Dictionnaire de la montagne, article Félix Germain, "il dirigea pour le compte de l'éditeur Arthaud la célèbre collection Sempervivum dans laquelle furent publiés quelques-uns des meilleurs textes de la littérature alpine (64 titres au total)"[2].

Cette direction coïncide avec la durée de vie de la collection : de à . Cela fait en moyenne un peu plus de 2 ouvrages par an.

Quelques titres vedettes (notamment le best-seller Annapurna, premier 8000, de Maurice Herzog, éditions Arthaud, Grenoble, en ) :

no 5Giusto GervasuttiMontagnes, ma vie1949
no 11Frank SmytheL'Aventure alpine1951
no 14SamivelContes à pic1951
no 16Maurice HerzogAnnapurna, premier 80001951
no 17Claude Kogan - Nicole LeiningerCordillère Blanche1952
no 24Gaston RébuffatÉtoiles et Tempêtes (Six Faces Nord)1954
no 26André GuexGeiger pilote des glaciers1954
no 27James Ramsey Ullman (en)Tenzing de l'Everest1955
no 38Walter BonattiÀ mes montagnes, traduction de Félix Germain1962
no 50Paul DreyfusSylvain Saudan skieur de l'impossible1970
no 51CollectifAlpinisme moderne1971
no 59Claude & Philippe TraynardSki de montagne1974
no 60Reinhold MessnerLe 7e degré1975
no 63Reinhold MessnerDéfi deux hommes un 80001977
no 64Cicely WilliamsDames alpinistes, traduction de Félix et Jeanne Germain1979

Nécrologie

Sur sa stèle au cimetière de Corenc est gravée en épitaphe une citation de Jean Giono extraite du roman Le Grand Troupeau ()[5],[35] :

IL TE SERA DONNÉ LA GRANDE FACILITÉ DE PORTER SOUVENT LE SAC DES AUTRES.
ET TU AIMERAS LES ÉTOILES.

Récompenses et distinctions

Notes et références

Voir aussi

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