Gabriel Fabre

homme politique français From Wikipedia, the free encyclopedia

Baron Gabriel Jean Fabre de Kerhervy est un général français de la Révolution et de l'Empire, né le à Vannes dans le Morbihan et mort le à Laval, en Mayenne. Baron de l'Empire, il est également député sous la Restauration.

Décès
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LavalVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
Faits en bref Député du Morbihan Deuxième législature de la Seconde Restauration, 11 septembre 1819 - 9 mai 1823 ...
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Biographie

Origines familiales

Gabriel Fabre a une filiation différente selon les sources : selon Robert et Cougny, il est le fils de Joseph-Marie Fabre, magistrat, député en 1791-1792[1] ; mais selon Kerviler et selon la Légion d'honneur, il est plutôt le fils de Jean-Pierre Fabre, écuyer, sieur de Kerhervy, lieutenant puis prévôt de la maréchaussée générale de Bretagne, chevalier de Saint-Louis, et de Célestine Catherine Drouin du Plessix[2],[3] ; il est ainsi le neveu de Julie Fabre. Les sources divergentes sur la filiation, s'accordent sur sa date et son lieu de naissance, le à Vannes en Bretagne[1],[2].

Son père est issu d'une famille de noblesse de robe vannetaise. Il est capitaine de garde-côtes, lieutenant de la maréchaussée de Vannes, et Chevalier de l'Ordre de Saint-Louis[4].

  • Jean Pierre Fabre de Kerhervy x Célestine Catherine Drouin du Plessis
    • Gabriel Jean Fabre de Kerhervy (1774-1858) x Marie Thérèse Le Mauff, fille de Jean-Julien Le Mauff.
      • Félix Marie Fabre de Kerhervy, officier d'artillerie, et chevalier de la Légion d'Honneur
      • Célestine Marie Joséphine Fabre de Kerhervy x Alexandre Murion, percepteur des contributions directes à Laval, puis maire de Vannes de 1875 à 1878.
        • Eulalie Fabre de Kerhervy x Joseph Auguste Vialatte
        • Jenny Fabre de Kerhervy (1831-1923) x Edmond Fontaine[5] (1818-1898), notaire à Laval
          • Marthe Marie Fontaine (-1924)
          • Gabriel Marie Fontaine (1859-?) x Adrien Théodore Frater
      • Adèle Marie Fabre de Kerhervy x Jean Louis Eudes

Du soldat de la Révolution au général de l'Empire

Il suit une carrière militaire et fait la plupart des campagnes de la Révolution et de l'Empire. En 1792, embarqué sur le Vengeur, Gabriel Fabre commande un détachement du 39e régiment comme sous-lieutenant[4]. Il commande un autre détachement sur la frégate l'Aréthuse en 1793[1]. Sa frégate se réfugie à Toulon après un combat naval où elle est sérieusement endommagée en [4]. Il rejoint les Républicains lors de l'insurrection de Toulon.

Siège de Toulon

Après la Prise de Toulon par les Anglais, il rejoint l'armée avec son détachement et les deux tiers de l'équipage. Il est nommé pour cela capitaine et incorporé au 1er bataillon des chasseurs révolutionnaires le . Ce bataillon sera amalgamé dans 3e demi-brigade légère le , puis dans la 11e légère à l'Armée d'Italie dans un second amalgame, le [4].

Campagne d'Italie (1796-1797)

Il participe à la campagne d'Italie, où il est blessé une première fois lors de l'assaut du Château de Scochiera dans le Piémont le . Commandant d'un bataillon, il participe à la prise de Vérone le [4]. Il est blessé à la tête, et laissé pour mort à La Corona (), sur les bords de l'Adige et fait prisonnier le même jour.

Après 4 mois de captivité à l'hôpital de Rovedero, il est délivré par les troupes françaises[4], et prend part à la suite de l'Expédition du Tyrol avec la division Barthélemy Joubert[4].

Il est promu chef de bataillon en récompense d'un brillant fait d'armes dans le Tyrol le après avoir emporté et conservé avec ses carabiniers la position de Milbach. Napoléon Bonaparte mentionne dans son rapport au Directoire à la Paix de Campo-Formio

« Cet officier est un des plus distingués de l'armée par ses talents et par sa conduite militaire qui est un enchaînement d'actions et de bravoure (registre d'ordre et de correspondance de l'armée d'Italie, tome XII, 27 germinal an V. »

Campagne d'Italie (1799-1801)

Ayant refusé d'être placé à la suite dans un des corps qui absorbèrent la 11e légère lors du second amalgame[4], il reste attaché à l'état-major général[1] de l'armée d'Italie auprès du Général Charles Victoire Emmanuel Leclerc, époux de Pauline Bonaparte et dont il était connu[4]. Il est affecté le à la 14e demi-brigade de ligne. Les hostilités reprennent le , il est blessé à nouveau le devant Logagno d'une balle à la cuisse, dont il restera estropié[4]. Il reprend du service après 7 mois de convalescence accordée par le Général Charles Victoire Emmanuel Leclerc. Il revient à Paris et est attaché en 1799 à l'état-major général de l'Armée, sur intervention de Napoléon Bonaparte. Il suit Napoléon Bonaparte lors du Coup d'État du 18 Brumaire. Il est nommé adjudant-général le [4].

Le , il est prévu d'être affecté à l'Armée du Rhin où il pourra être employé sous les ordres du général de division Charles Victoire Emmanuel Leclerc, qui connait bien cet officier et l'a fait élever au grade d'adjudant général. Il était donc prévu pour aller dans l'Expédition de Saint-Domingue, ce qui ne se fera pas. Le , il est envoyé à la 13e division militaire dans l'Armée de l'Ouest sous les ordres de Guillaume Brune. Il y sert jusqu'à la suppression de cette armée, malgré ses blessures. Il est ensuite affecté à la 12e Division militaire, et doit prendre un congé de convalescence. Il est envoyé en traitement à Barèges, et placé en non activité avec traitement de réforme le [4].

Rappelé à l'activité à la 12e division militaire le , il est chef d'état-major à Nantes en 1803.

Campagne de Prusse et de Pologne (1806-1807)

Il est affecté à la Grande Armée le [4]. Gabriel Fabre commande ensuite le département de Varsovie en 1807. On le retrouve en comme chef d'état-major de la 5e division Suchet. Il sert en Allemagne jusqu'au milieu de 1808, puis en Espagne au sein du 3e corps. Gabriel Fabre est nommé général de brigade le . Il participe à la bataille d'Alcañiz le . Il doit rentrer en France en , en raison des séquelles de ses blessures et de son état général (anorexie, fièvre et dysenterie)[4].

Après 4 mois de convalescence, il est affecté le dans la 13e division militaire de Rennes[4]. Il est titré baron de l'Empire le . Il est affecté à la 7e brigade des gardes nationales à Brest le .

Campagne de Russie

Il reçoit ordre de rejoindre la Grande Armée le pour la campagne de Russie, et rejoint le 1er corps de Davoust le . Il est grièvement blessé par un boulet à la bataille de Viazma le . Il rentre alors en France et est nommé commandant militaire du département des Côtes-du-Nord du à 1815[1]. Il reste à son poste pendant les Cent-Jours.

Restauration

La Restauration le fait Chevalier de l'Ordre de Saint Louis le [4]. Il est relevé de son commandement le sur la dénonciation calomnieuse d'un lieutenant de vaisseau qui l'accuse d'avoir donné l'ordre pendant les Cent-Jours de fusiller tous les royalistes qu'on prendrait à l'occasion d'émeutes populaires qui ont lieu à Saint-Brieuc lors de l'établissement d'un arbre de la liberté[4].

Il se retire à Vannes et est mis en demi-solde à la seconde Restauration[3], malgré les nombreux témoignages en sa faveur[4].

Député et général de division

Il est élu député du Morbihan le , au grand collège, par 265 voix sur 526 votants. Il siège à gauche jusqu'en 1824, parmi l'opposition constitutionnelle[1]. Il est placé d'office à la retraite en 1826. Il proteste en vain contre cette mesure, qu'on estimait prématurée. Il est nommé lieutenant général honoraire en 1826.

Il est rappelé en 1830 au service actif par la monarchie de Juillet, et placé au commandement du département du Morbihan le , avec le grade de lieutenant général obtenu le [4]. Il reçoit le commandement provisoire de la 12e division militaire le , et est mis en disponibilité le . Rappelé au commandement de la 4e division d'infanterie de l'Armée du Nord le , et mis définitivement en disponibilité le .

Il est nommé général de division en 1831[3] et Grand-officier de la Légion d'honneur le , il est placé dans la réserve du cadre de l'état-major général le , et admis à faire valoir ses droits à la retraite en le .

En 1852, le couple Fabre vient s'installer à Laval, auprès de leur fille. Le général meurt en 1858[1], et sa veuve quitta Laval[4].

Décoration

Bibliographie et sources

  • « Fabre (Gabriel-Jean, baron) », dans Georges Six, Dictionnaire biographique des généraux et amiraux français de la Révolution et de l'Empire, t. 1, Paris, Saffroy, (1re éd. 1934), p. 436.
  • Fastes de la Légion d'Honneur, tome V, p. 292 Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • Biessy, Les généraux de la Restauration, III, p. 13.Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • Alain Pigeard, Dictionnaire Napoléon.
  • René Kerviler, Répertoire général de bio-bibliographie bretonne, volume 13, Rennes, 1902, p. 337-338 [lire en ligne].
  • Mémoires du Maréchal Suchet du L.C.V.

Notes et références

Voir aussi

Liens externes

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