Siège de Toulon (1793)

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Date -
Lieu Toulon
Issue Victoire républicaine française mais perte de la plus grande partie de la flotte.
Siège de Toulon
Description de cette image, également commentée ci-après
Siège de Toulon (1793) vu par le peintre Jean-Antoine-Siméon Fort.
Informations générales
Date -
Lieu Toulon
Issue Victoire républicaine française mais perte de la plus grande partie de la flotte.
Belligérants
France Républicains Royalistes
France Fédéralistes
Drapeau de la Grande-Bretagne. Royaume de Grande-Bretagne
Drapeau de l'Espagne Royaume d'Espagne
Royaume de Sardaigne Royaume de Sardaigne
Drapeau du Royaume de Naples Royaume de Naples
 Royaume de Sicile
Commandants
Jean-François Carteaux
François Doppet
Jacques François Dugommier
Jean Lapoype
Jean René César de Saint-Julien de Chabon
Napoléon Bonaparte
Samuel Hood
Charles O'Hara
Juan de Lángara
Federico Gravina
Francesco Caracciolo
Xavier Lebret d'Imbert
Forces en présence
32 000 hommes 22 000 hommes
Pertes
2 000 morts ou blessés
4 navires de ligne capturés
8 navires de ligne brûlés
10 navires de ligne endommagés
~ 4 000 morts ou blessés
900 prisonniers fusillés[1]

Guerres de la Révolution française

Batailles

Coordonnées 43° 07′ 48″ nord, 5° 55′ 12″ est
Géolocalisation sur la carte : France
(Voir situation sur carte : France)
Siège de Toulon
Géolocalisation sur la carte : Var
(Voir situation sur carte : Var)
Siège de Toulon
Géolocalisation sur la carte : Provence-Alpes-Côte d'Azur
(Voir situation sur carte : Provence-Alpes-Côte d'Azur)
Siège de Toulon

Le siège de Toulon est un conflit militaire qui a lieu de à , après que les royalistes se sont emparés de la ville et l'ont livrée aux Britanniques. Il oppose l'armée de la Première République française à ses ennemis coalisés[2].

Carte du siège de Toulon.

Après la mise en accusation des députés girondins, le , une série d'insurrections éclatent à Lyon, Avignon, Nîmes et Marseille. À Toulon, les fédéralistes girondins chassent les montagnards, mais ils sont bientôt supplantés par les royalistes, encore nombreux dans la flotte de guerre.

Toulon est encore poussée à la défection par la question des subsistances : le Comité de salut public a fait bloquer dans Gênes les convois de blé destinés à ravitailler Marseille et Toulon. Des rumeurs entretenues par quelques spéculateurs français font croire que la ville sera rapidement réduite à la disette si elle ne se place pas sous la protection britannique tandis que Trogoff, qui aurait pu faire sortir sa flotte pour escorter ces convois depuis Gênes, s'en abstient. La flotte espagnole qui croisait dans le golfe du Lion s'en retire à la fin de juillet, décimée par une épidémie[3].

Du au , les équipages de la flotte, en rébellion contre leur commandant le contre-amiral royaliste Trogoff, sont menés par le contre-amiral républicain Jean René César de Saint-Julien de Chabon.

À l'annonce de la reprise de Marseille et des représailles qui ont eu lieu, les 1 500 insurgés, dirigés par le baron d'Imbert, font appel à la flotte britanno-espagnole stationnée au large alors qu'elle soutient les troupes engagées dans la campagne des Pyrénées. Le , les amiraux Samuel Hood et Juan de Langara font débarquer dans la baie des Islettes 17 000 hommes : 2 000 Britanniques, 7 000 Espagnols, 6 000 Napolitains et 2 000 Piémontais.

Le , la flotte anglo-espagnole entre dans la rade de Toulon ; Saint-Julien ordonne le branle-bas de combat, seulement quatre vaisseaux sur dix-sept lui obéissent[4] et il doit se réfugier dans la petite rade, avant de se rendre. Les troupes britanniques pénètrent dans la ville de Toulon.

Le , d'Imbert fait proclamer l'enfant du Temple, Louis XVII, roi de France et hisser le drapeau blanc à fleur de lys, l'amiral Trogoff livre alors la flotte et l'arsenal à la Royal Navy.

Les Toulonnais avaient émis le souhait de se remettre aux deux puissances, Grande-Bretagne et Espagne, mais Hood cache cette demande aux Espagnols qui auraient voulu faire valoir la parenté entre leur roi et celui de France en faveur de Louis XVII. Ils ne l'apprendront que pendant le siège. Hood nomme le contre-amiral Samuel Goodall (en) gouverneur de la ville, tandis que l'Espagnol Federico Gravina reçoit le commandement des troupes terrestres[5].

Déroulement

Plan de Toulon en 1840
Bonaparte à Toulon (Édouard Detaille)

Les troupes de la Convention, l’armée dite des « Carmagnoles », sous le commandement du général Carteaux, après ses reconquêtes d'Avignon et de Marseille, puis d'Ollioules, le , sont arrivées devant Toulon. Les rejoignent 6 000 hommes de l’armée d'Italie, stationnés dans les Alpes-Maritimes, commandés par le général Lapoype, qui venait de s'emparer de La Valette. Il cherchait à s'emparer des forts du mont Faron, dominant la ville à l'est.

Elles sont renforcées par 3 000 marins et soldats de la garnison, qui, suivant l'exemple du contre-amiral Saint-Julien, refusent de servir les Britanniques (au contraire du commandant de la flotte, le contre-amiral Trogoff, et de la majorité des capitaines de vaisseau, presque tous royalistes). Ils se sont échappés de Toulon, fuyant parfois à la nage. Le tout forme l'armée provisoire dite « du camp devant Toulon ».

Le 31 août, Carteaux s'empare des gorges d'Ollioules, mal défendues. Le contre-amiral Gravina les reprend aussitôt mais, faute de renforts, ne peut exploiter son succès et les Anglo-Espagnols les évacuent peu après[6]. Le chef de l'artillerie de Carteaux, le lieutenant-colonel Elzéar-Auguste Cousin de Dommartin, ayant été blessé à Ollioules le , les représentants spéciaux de la Convention, Paul Barras, Fréron, Robespierre le Jeune et Antoine Christophe Saliceti, lui imposent le jeune capitaine Napoléon Bonaparte, présent à l'armée depuis Avignon, malgré l'antipathie réciproque entre les deux hommes.

Après une reconnaissance, Napoléon Bonaparte conçoit un plan qui prévoit de prendre les fortins de l'Éguillette et de Balaguier, sur la colline du Caire, pour ensuite interdire la passe entre la petite et la grande rade du port, ce qui couperait le ravitaillement maritime, nécessaire aux assiégés. Carteaux, réticent, n'envoie qu'un faible détachement commandé par l'adjudant général Delaborde, qui échoue dans sa tentative de conquête du . Les alliés, alertés, édifient alors une grande redoute de terre, au sommet de la colline, baptisée « Fort Mulgrave », en l'honneur du commandant britannique Henry Phipps (lord Mulgrave). Elle est appuyée par trois plus petites, nommées : « Saint-Philippe », « Saint-Côme » et « Saint-Charles ». L'ensemble apparemment imprenable est surnommé par les Britanniques le « Petit Gibraltar ».

Bonaparte, insatisfait de sa seule batterie, dite de « la Montagne, » positionnée sur la hauteur de Saint-Laurent depuis le , en établit une autre, le , sur le rivage de Brégaillon, dite des « Sans-Culottes ». L'amiral Hood tente de la détruire par le feu du Puissant, sans succès. La flotte britannique doit se résoudre alors à longer la côte au niveau des hauts-fonds du Mourillon et de la Tour royale. Le , après l'échec du général Lapoype contre le flanc est du fort Faron, Bonaparte reçoit l'ordre de bombarder le grand fort de Malbousquet, dont la prise conditionne celle de la ville. Il réquisitionne de l'artillerie dans toute la campagne environnante, portant l'effectif à cinquante batteries de six canons. Promu chef de bataillon le , il organise une grande batterie dite « de la Convention », face au fort, sur la colline des Arènes, appuyée par celle « du Camp des Républicains » sur la colline Dumonceau, celle « de la Farinière » sur la butte des Gaux et celle « de la Poudrière » à Lagoubran.

Le , Carteaux, limogé, est remplacé par Doppet, ancien médecin, dont l'indécision fait échouer une tentative par surprise contre le Fort Mulgrave, le  ; conscient de son incompétence, il démissionne. Dugommier, un soldat de métier, lui succède. Celui-ci reconnaît la valeur du plan de Bonaparte, et prépare la prise du Petit Gibraltar. Le , dès son arrivée est établie la batterie « des Jacobins », sur la crête de l'Evescat, puis sur la gauche, le , celle des « Hommes Sans Peur », enfin le , celle des « Chasse Coquins » s'intercalera entre les deux. Deux autres batteries sont organisées pour repousser l'intervention éventuelle des navires alliés, aussi bien de la rade que de la mer libre, elles sont dites de la « Grande Rade » et des « Quatre Moulins ».

Pressés par le bombardement, les Britannico-Napolitains exécutent une sortie le 30 novembre et s'emparent de la batterie de la Convention. Une contre-attaque, menée par Dugommier et Bonaparte, les repousse et le général britannique O'Hara est capturé[7]. Il entame des tractations avec Robespierre le Jeune et Antoine Louis Albitte pour une reddition honorable. Les bataillons fédéralistes et royalistes sont alors désarmés.

Dugommier, Lapoype et Bonaparte conviennent de lancer un assaut général dans la nuit du au . Le 16, vers minuit, l'assaut est donné contre le Petit Gibraltar. Le corps à corps dure toute la nuit, Bonaparte y est blessé d'un coup d'esponton à la cuisse par un sergent britannique. Au matin, la position est prise, Marmont peut y placer de l'artillerie contre l'Éguillette et Balaguier, que les Britanniques évacuent sans combat le jour même. Pendant ce temps, Lapoype prend enfin les forts du Faron et de Malbousquet.

Les Alliés évacuent par la voie maritime. Le commodore Sidney Smith fait brûler une partie de la flotte et les réserves de bois de l'arsenal, puis les troupes embarquent.

Conséquences

Notes et références

Annexes

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