Gabriel Tyr

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Gabriel Tyr
Tête de Christ, 1850 musée des beaux-arts de Lyon
Naissance
Décès
Nationalité
Activité
Maître

Gabriel Tyr est un peintre français, né à Saint-Pal-de-Mons le et mort à Saint-Étienne le . Issu du mouvement Nazaréen, il peint de nombreux tableaux religieux dont certains sont présentés à plusieurs occasions au Salon de Paris de 1850, 1855 et 1861 et à l’Exposition Universelle de 1855 : L’Ancien et le Nouveau testament, L’Enfant enseignant, Le Christ Mort, L’Ange gardien, La Joueuse de Sistre. À partir de 1855, il répond à des commandes dans la région lyonnaise. Il réalise, en effet, de nombreux portraits à Lyon, Saint-Étienne, Le Puy-en-Velay et peint pour les églises de La Croix-Rousse et de Saint-Louis à Saint-Étienne. Élève de Victor Orsel, son travail est souvent assimilé au sien.

Vie privée

Né le , Gabriel Tyr est l’enfant d’un maçon de Saint-Pal-de-Mons, dans la Haute-Loire. Malgré une enfance, probablement dans un milieu modeste, il entre en 1833 à l’École nationale supérieure des beaux-arts de Lyon, il a alors seize ans[1]. Durant sa formation, il rencontre Eugène Gabon et Guillaume Bonnet (sculpteur) avec qui il reste ami. En 1837, le fruit de son travail est récompensé par l’obtention du Laurier d’or. La toile distinguée représente « un enfant endormi grandeur naturelle d’après le modèle vivant »[2]. Par ce prix, Gabriel Tyr peut intégrer l’école des Beaux-Arts de Paris en étant l’élève de Victor Orsel. Gabriel Tyr collabore avec son maître sur son premier projet parisien : les fresques de l’église Notre-Dame-de-Lorette[3], influencées par les Nazaréens[4].

Détail sur vitrail de l'église Saint-Louis à Saint-Étienne.

À l’École nationale supérieure des beaux-arts de Paris, il gagne deux médailles. En effet, il se présente au concours de la figure à deux reprises et finit troisième en 1841 et deuxième en 1843. Cette même année, il est exposé au Salon de Paris. En 1847, Charles Blanc lui passe sa première commande. Gabriel Tyr réalise alors Le Christ Mort qui est une huile sur toile représentant la tête de Jésus de trois-quarts qui ressort sur un fond d’étoffe dorée. Cette œuvre est bien accueillie par le critique d’art Théophile Gautier qui y consacre un article le et débute une amitié qui durera toute sa vie. Alors que son activité parisienne semble prendre un nouvel élan, Victor Orsel meurt en 1850. Gabriel Tyr est alors appelé à Lyon afin de finir le tableau votif intitulé Choléra que son maître avait commencé dans l’église basilique Notre-Dame de Fourvière. De 1850 à sa mort en 1868, l’œuvre de Gabriel Tyr se concentre surtout entre Lyon, Saint-Étienne et le Puy-en-Velay, bien qu’il envoie certaines de ses œuvres à l’Exposition universelle de 1855, par exemple[5]. Gabriel Tyr est souvent assimilé à un peintre religieux. À Saint-Étienne, il réalise dans l’église de Saint-Louis les cartons des vitraux en 1858[6] puis répond à une commande de portrait pour échevin en 1861. À Lyon, il réalise des décors dans une chapelle privée de la Croix-Rousse en 1865[7]. En 1868, l’année de sa mort, il reçoit une commande pour décorer la cathédrale du Puy-en-Velay[8]. Après sa mort, l’œuvre de Gabriel Tyr est principalement absorbée par celle de Victor Orsel. Pour couvrir ses dettes, ce qui restait dans son atelier a été vendu par sa femme[1]. Une partie de son travail reste, d’autre part, dispersée dans les familles pour qui il a réalisé des portraits . Sa collection est principalement visible au musée Crozatier au Puy-en-Velay.

D’une première relation avec Marie Duc, qu'il n'épousera qu'en 1847, il a un fils en 1840, qu’ils appellent Hector-Gabriel. Gabriel Tyr le prend pour modèle lorsqu’il réalise son tableau l’Enfant Jésus enseignant présenté en 1850 au Salon de Paris. Les traits d’Hector Gabriel se retrouvent, également, dans le travail du sculpteur Guillaume Bonnet (sculpteur).

Guillaume Bonnet et Gabriel Tyr cultivent une amitié jusqu’à la mort de Tyr en 1868. Ils se rencontrent probablement à l’école des Beaux-arts de Lyon. En effet, Gabriel Tyr y entre en 1833 et Guillaume Bonnet en 1835. Quand Guillaume Bonnet intègre l’école des Beaux-Arts de Paris en 1842, Gabriel Tyr y étudie depuis cinq ans[1]. Ils se soutiennent, Tyr en trouvant une place à Bonnet sur le chantier du Vieux Louvre et Bonnet en permettant à Tyr de signer sa première commande[1]. C’est en effet Guillaume Bonnet qui le met en contact avec Charles Blanc. En 1865, ils travaillent tous les deux à la Maison mère des religieuses de Saint-Joseph, sur la Croix-Rousse.

L’hommage que rend Victor Smith à Gabriel Tyr en 1868 dépeint un homme social, apprécié de ses amis : « Tyr n’était pas de cette famille d’esprits tourmentés, ou très-inquiets, ou très-puissants, pour qui l’isolement est une nécessité »[9] ». Amateur de chasse, il est dit qu’il n’assiste pas au Salon de Paris de 1850, où sa toile L’Enfant Jésus est présentée, car il a préféré être dans les bois.

Le travail de Gabriel Tyr est bien accueilli par les critiques dès ses premières réalisations. L’amitié qu’il entretient avec Théophile Gauthier est un gage de reconnaissance. Ils semblent être en contact à partir de 1849 [8]. La critique de Paul Normand, du dans Le Salut Public est un témoignage de ses liens : « M. Th. Gautier, au surplus a favorablement jugé ce même portrait à la dernière exposition de Paris lorsqu’il a écrit dans la Presse en le distinguant : « c’est tout bonnement un chef-d’œuvre »[10]. L’opinion du célèbre critique a trop de poids pour ne pas l’accepter les yeux fermés surtout lorsqu’on est un peu de son avis ». Dans des correspondances entre Guillaume Bonnet et Gabriel Tyr, les deux hommes souhaitent faire venir Théophile Gautier à Saint-Étienne, mais ils concluent alors qu’il est trop installé dans sa routine parisienne[8].

Œuvres

Notes et références

Bibliographie

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