Gabriele Camozzi

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Gabriele Camozzi (né à Bergame en 1823, mort à Dalmine en 1869) est un patriote, militaire et homme politique italien. Il est considéré comme une figure du Risorgimento italien, s'étant distingué par son engagement dans les événements révolutionnaires en Lombardie et en Sicile[1],[2],[3],[4].

Naissance
Décès
(à 45 ans)
DalmineVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
italienne (à partir du )Voir et modifier les données sur Wikidata
Faits en bref Député Xe législature du royaume d'Italie, 22 mars 1867 - 2 novembre 1870 ...
Gabriele Camozzi
Fonctions
Député
Xe législature du royaume d'Italie
-
Député
IXe législature du royaume d'Italie
-
Député
VIIIe législature du royaume d'Italie
-
Député
VIIe législature du royaume de Sardaigne
-
Biographie
Naissance
Décès
(à 45 ans)
DalmineVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
italienne (à partir du )Voir et modifier les données sur Wikidata
Formation
Activité
Fratrie
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Biographie

Buste présent dans le musée d'histoire de Bergame

Il naît à Bergame d'Andrea Camozzi et de la comtesse Elisabetta Vertova, issue d'une famille de l'ancienne noblesse locale[3]. Après avoir achevé ses premières études au collège des Barnabites de Monza, il poursuit sa formation au lycée de Bergame. Il obtient ensuite une licence en droit à l'université de Pavie, titre qui aurait pu l'orienter vers une carrière juridique, mais qu'il délaisse pour se consacrer à la cause patriotique[4].

Durant sa jeunesse, Camozzi tisse des liens avec les patriotes lombards et, en 1848, à l'âge de vingt-cinq ans, il prend une part active aux insurrections anti-autrichiennes. Il participe à la formation du gouvernement provisoire de Bergame et prend la tête de la Garde nationale de la ville, dont il organise les services et modernise l'équipement[1],[2] Au cours de cette période, il commande des unités lors d'affrontements armés contre les troupes autrichiennes stationnées dans la ville et les provinces limitrophes, faisant preuve de réelles capacités de commandement et d'organisation[3].

Lors de la signature de l’armistice de Salasco en , Camozzi est contraint de quitter Bergame avec un bataillon de volontaires pour se réfugier en Suisse. Il y rencontre Giuseppe Mazzini et participe à la diffusion des idéaux républicains via le journal L’Italia del popolo[1],[3]. Depuis la Confédération, il mène des missions de reconnaissance en haute Lombardie afin d'évaluer le potentiel insurrectionnel local. Sa prudence permet toutefois de dissuader Mazzini d'engager des actions prématurées qui auraient pu s'avérer désastreuses[4].

En , suite à la rupture de l’armistice par Charles-Albert, Camozzi rentre en Lombardie à la tête d'une colonne de volontaires pour secourir la ville de Brescia, alors assiégée par les Autrichiens. Durant cette expédition, il fait preuve de qualités de commandement en organisant et armant plusieurs centaines d'hommes. Malgré la coordination avec d'autres forces patriotiques, les conditions climatiques défavorables et la supériorité numérique de l'ennemi contraignent la colonne à la dispersion et à un nouveau repli en Suisse[3].

Après avoir séjourné à Gênes, où il se consacre au commerce et à sa famille, Camozzi s'engage en 1859 comme sous-lieutenant au sein des chasseurs des Alpes de Garibaldi lors de la seconde guerre d'indépendance. Rapidement promu au grade de major, il prend une part active aux opérations militaires en Lombardie, apportant un soutien stratégique à l'avance garibaldienne et occupant des villes clés telles que Lecco, Bergame et Côme[1],[2],[3],[4]. Suite à l’armistice de Villafranca, il quitte le service actif pour se consacrer à la réorganisation de la garde nationale à Bergame, corps qu'il dirige avec efficacité et discipline[3].

Dès 1860, il est élu député pour la circonscription de Trescore et participe aux travaux du premier Parlement du royaume d'Italie. Bien que siégeant sur les bancs de la Gauche parlementaire, il adopte fréquemment des positions indépendantes et modérées. Son souci constant de préserver l’unité nationale et la stabilité politique lui vaut parfois les critiques de ses collègues, ainsi que celles de son épouse[1],[4].

En 1866, lors de la troisième guerre d'indépendance, Camozzi, bien qu'âgé de quarante ans et siégeant au Parlement, sollicite son retour au service actif contre l'Autriche. Il se voit cependant confier le commandement de la Garde nationale de Palerme afin de contenir les insurrections locales. Dans ce cadre, il affronte des bandes de brigands et des insurgés armés, faisant preuve de compétences organisationnelles. Face à un contexte urbain complexe, marqué par le faible moral des troupes et l'hostilité de la population, il est contraint de procéder à un repli stratégique. Son action est néanmoins saluée par les autorités et lui vaut d'être nommé commandeur de l'Ordre des Saints-Maurice-et-Lazare, officier de l'Ordre militaire de Savoie et d'être décoré de la médaille d'argent[1],[2],[3],[4].

Ses dernières années se déroulent entre Dalmine et Bergame, où il continue de suivre les travaux parlementaires tout en se consacrant à sa famille. Il meurt de maladie dans la nuit du 16 au , peu avant son quarante-sixième anniversaire[1],[2],[3],[4]. Son épouse Alba contribue à la création du musée du Risorgimento de Dalmine, qui conserve les objets et souvenirs ayant appartenu au patriote. Le est inauguré un buste à l'effigie de Gabriele Camozzi, œuvre du sculpteur Giuseppe Siccardi (it) (1883-1956)[5].

Œuvres

Camozzi est un témoin des insurrections lombardes de 1848-1849 et des mouvements du Risorgimento[6],[7] Parmi ses publications les plus notables figurent :

  • Cenni e documenti della guerra d'insurrezione lombarda del 1849 : un recueil de documents et d'analyses sur les événements militaires et politiques ayant touché le royaume de Lombardie-Vénétie[7].
  • Documenti della guerra santa d’Italia: Cenni e documenti (1849) : une étude sur le rôle des patriotes italiens dans les luttes pour l'indépendance[7].
  • La Colonna Camozzi e l’insurrezione bergamasca del 1849 : un ouvrage consacré aux dynamiques locales et à l'action des forces insurgées sous le commandement de sa famille[7].
  • Il Lombardo-Veneto ed il nuovo regno d’Italia: raccolta di documenti (1864) : une documentation sur la transition politique et administrative de la région après la proclamation du royaume d'Italie[7].
  • Ragioni di Gabriele Camozzi col governo italiano pei fati del 1848 e 1849 nella guerra dell'indipendenza (1863) : un essai de réflexion politique sur les relations avec l'État et la gestion des conflits internes[7].

Camozzi a mis à profit sa formation juridique pour analyser les enjeux fiscaux et judiciaires de l'Italie post-unitaire, publiant notamment :

  • Sulla ripartizione delle imposte dirette (1868), une étude portant sur les problématiques de la fiscalité dans l'Italie unifiée[7].
  • Sulle conclusioni del pubblico ministero: osservazioni a proposito delle spese fatte dall'autore nel 1848 per la Guardia nobile bergamasca e nel 1849 per la tassa di guerra (1863) ; dans cet ouvrage, il expose des considérations techniques sur le rôle du ministère public lors des procédures judiciaires[7].

Les écrits de Camozzi, s'appuyant largement sur des documents d'archive et des correspondances privées, représentent une source documentaire significative pour l'historiographie du Risorgimento en Lombardie et à l'échelle nationale[6],[7]. Ces documents sont aujourd'hui conservés dans diverses institutions, notamment au sein des archives de la famille Camozzi Danieli ainsi que dans des collections publiques consacrées à l'histoire du XIXe siècle italien[6].

Distinctions et hommage

La ville de Bergame a nommé en son honneur l'une de ses artères principales, la via Gabriele Camozzi, située à proximité du palais historique de la famille Camozzi[4].

Bibliographie

  • (it) Studi del Museo Storico di Bergamo, Bergame, Museo Storico di Bergamo.
  • (it) Atti, Storia del Risorgimento nazionale, documenti ed oggetti presentati dalla commissione nominata dal municipio di Bergamo, Bergame, Bolis, .
  • (it) Bortolo Belotti, Storia di Bergamo e dei bergamaschi, Bergame, Bolis, .
  • (it) Alberto Castoldi, Bergamo e il suo territorio, dizionario enciclopedico: i personaggi, i comuni, la storia, l'ambiente, Bergame, Bolis, (ISBN 8878271268).
  • (it) Renato Ravanelli, La storia di Bergamo, Bergame, Grafica & Arte, (ISBN 8872011337).

Notes et références

Liens externes

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