Inscrit dans le courant des modérés conservateurs, Camozzi Vertova considérait la monarchie comme la solution institutionnelle la plus pragmatique pour l'unification italienne, tout en se faisant le promoteur du progrès civil, de la laïcité de l'État et de l'intégrité morale de la classe dirigeante[2]. Opposé au cléricalisme ainsi qu'à la peine de mort, il prônait un christianisme séculier, fondé sur une éthique de l'action et de la pratique sociale[2].
Né à Bergame, Giovanni Battista Camozzi est le deuxième d'une fratrie de douze enfants issus de l'union des familles Camozzi et Vertova. Il obtient son diplôme de médecine légale à l'Université de Pavie[3]. Il épouse Maria Giovanna Giulini, sœur du comte Cesare Giulini della Porta(it), sénateur du Royaume et membre du gouvernement provisoire de Lombardie en 1848[4]. Autorisé à porter le patronyme maternel Vertova dès 1846, il est titré comte par décret royal le , avec une clause de réversibilité en ligne féminine[4].
Premier maire de Bergame de l'Italie unifiée (1860-1870), il est nommé sénateur du Royaume par Cavour en 1860, au titre de la catégorie des hauts contributeurs fiscaux[2],[3]. Son administration est marquée par la gestion d'une grave épidémie de choléra entre 1867 et 1868, durant laquelle il doit faire face aux contraintes bureaucratiques et aux critiques de l'opposition[2]. Il fut également maire de Costa di Mezzate et de Ludriano(it), ainsi que vice-président du conseil provincial de Bergame[3].
De 1867 à 1903, il rédige ses mémoires, y consignant les événements publics, personnels et familiaux, ainsi que ses réflexions politiques et culturelles[1],[2]. Ces journaux témoignent d'une personnalité se montrant critique envers des figures politiques telles que Giovanni Giolitti et Giuseppe Zanardelli[2]. Ses Mémoires constituent une source documentaire pour l'étude de l'histoire de Bergame et de l'Italie au XIXesiècle[1],[2].
Outre son engagement politique, Camozzi Vertova s'illustre comme mécène et homme de lettres. Il préside l'Ateneo di scienze lettere ed arti di Bergamo(it) ainsi que l'Académie Carrara, et siège comme membre de la Società Geografica Italiana[3]. Ses intérêts s'étendent à l'héraldique, à l'histoire économique et au collectionnisme; il contribue notamment à la valorisation de fonds bibliographiques, à l'instar de la Description d’Égypte offerte par Jules Boselli à la Bibliothèque Civique de Bergame[1].