Gabrielle Enthoven
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Londres, Westminster (Royaume-Uni de Grande-Bretagne et d'Irlande)
Londres (Royaume-Uni)
| Naissance | Londres, Westminster (Royaume-Uni de Grande-Bretagne et d'Irlande) |
|---|---|
| Décès |
(à 82 ans) Londres (Royaume-Uni) |
| Nom de naissance |
Augusta Gabrielle Eden Romaine |
| Nationalité | |
| Activités | |
| Père |
William Govett Romaine (en) |
| Conjoint |
| Genre artistique |
Théâtre |
|---|
Montmartre (1912), Ellen Young (coécrite avec Edmund Goulding) (1916), The Confederates |
Gabrielle Enthoven est née Augusta Gabrielle Eden Romaine, le à Westminster et est morte le à son domicile de Cadogan Gardens (en), à Londres.
Figure du théâtre londonien jusqu’à sa mort, elle a exercé les activités de dramaturge, comédienne, traductrice de théâtre et collectionneuse. Sa collection d’artefacts a fait l’objet d’une donation en 1924 au Victoria and Albert Museum de Londres[1].
Gabrielle Enthoven (de son nom complet Augusta Gabrielle Eden Romaine) est née en 1868, à Londres. Elle grandit comme expatriée à l’étranger, suivant les activités diplomatiques de son père en Inde et au Moyen-Orient. Ayant grandi sans gouvernante, elle ne sait ni lire ni écrire avant ses quinze ans, mais est déjà largement polyglotte : elle parle couramment anglais, français, italien, espagnol, arabe-égyptien, turc et plusieurs dialectes indiens[2].
Elle rentre en Angleterre entre 1879 et 1893, au moment du départ à la retraite de son père. Ils habitent une propriété à proximité de Windsor[3], où elle a l’occasion de jouer avec la future reine Mary de Teck.
Rapidement passionnée par le théâtre, elle raconte qu’elle aurait même fugué enfant, pour se rendre à sa première représentation théâtrale, The Forty Thieves (en) au Gaiety Theater (Londres) (en)[4].

Vie mondaine
En 1893, Augusta Gabrielle Eden Romaine épouse le Major Charles Henfrey Enthoven du corps des Royal Engineers de l’armée britannique, qui décède en 1910. Gabrielle Enthoven n’est cependant pas déclarée présente à ses obsèques. Elle est par ailleurs décrite comme lesbienne par certaines figures de la haute société lesbienne londonienne des années 1920[5], bien que le cachant[6]. Très rapidement après le début du veuvage de Gabrielle Enthoven, son activité de collectionneuse et sa présence dans le monde du théâtre redoublent[7].
Gabrielle Enthoven est une personnalité intégrée et reconnue du monde du théâtre, notamment pour sa présence presque systématique aux premières[8], et ce, jusqu’à ses 80 ans[9].
Cette présence est sensible dans les amitiés qu’elle noue avec les auteurs, acteurs, metteurs en scène qui constituent la sphère théâtrale londonienne du début du 20e siècle: Mrs Patrick Campbell, Letty Lind (en), Marion Terry (en), Violet Vanbrugh (en), Edward Gordon Craig, Edith Craig[10], Ellen Terry et Noël Coward[11].
En 1921, Gabrielle Enthoven et Cecile Sartoris, ayant traduit conjointement Le Chevrefeuille de Gabriele D’Annunzio, se rendent à New-York, où la pièce se jouait au Lyceum Theatre[12]. Celles-ci accueillent le jeune Noël Coward, désireux de se forger une carrière et de faire fortune aux Etats-Unis, dans l’appartement où elles séjournaient, témoignant de leur amitié[12] et de leur proximité[13].
Gabrielle Enthoven établit également des relations avec des personnalités du monde du théâtre de manière internationale, comme avec l’actrice italienne Eleonora Duse, qu’elle aurait d’abord convaincu de remonter sur les planches après une maladie l’ayant alité[8], puis de faire ses adieux en 1923 en Angleterre[9].
Gabrielle Enthoven fréquente également des écrivains de grande notoriété, comme Oscar Wilde, qu’elle rencontre dans sa jeunesse[14], et qu’elle défend des attaques proférées par George Alexander[14] notamment.
Gabrielle Enthoven fréquente la haute société lesbienne londonienne dans les années 1920[15], dont l’écrivaine Radclyffe Hall, autrice de Le Puits de Solitude (1928), la sculptrice Una Troubridge, la peintre Romaine Brooks et la joueuse de tennis et d’escrime Toupie Lowther font partie[16]. Cependant, l’amitié de Gabrielle Enthoven avec Radclyffe Hall et Una Troubridge se brise, sans doute en raison du manque de soutien et de la volonté de discrétion d’Enthoven au moment du procès de Le Puits de Solitude en 1928: Enthoven fut critiquée de «renier les siens lorsqu’opportun»[17] et plus généralement de nier son homosexualité[6].
Carrière théâtrale
Influences

Dramaturges et féministes, Gabrielle Enthoven et son amie Edith Craig fondèrent à Londres, en 1911, la compagnie des Pioneer Players (la « Troupe des Pionnières »), dont Enthoven assuma également la présidence avant Ellen Therry. La compagnie était très engagée sur les questions socio-politiques de l’époque, notamment la condition féminine, et comptait parmi ses membres de nombreuses suffragettes[18].
Enthoven comptait également parmi sa correspondance de nombreuses membres de la « Ligue des Actrices en faveur du suffrage » (Actresses’ Franchise League or AFL) et suffragettes, telles que Lena Ashwell, Adeline Bourne, Cicely Hamilton, Gertrude Kingston, Lillah McCarthy, Nancy Price, ainsi qu’Irene et Violet Vanbrugh [19]. Avec elles et par leur intermédiaire, elle s’engagea dans plusieurs œuvres caritatives comme la « Guilde Théâtrale des Dames » (Theatrical Ladies’ Guild), la « Société des nouveaux acteurs » (Society of New Players), le « Comité du bal du club des trois arts » (Three Arts Club Ball Committee), le « Fonds de bienfaisance des acteurs » (Actors’ Benevolent Fund), ainsi que la « Société Théâtrale » (Stage Society) dont elle fut une éminente conseillère. Ses correspondantes sollicitaient son soutien, tant financier que pratique[7].
Le biographe de Radclyffe Hall, Michael Baker, raconte qu’elle utilisa son influence en tant que membre du conseil de la « Société Théâtrale » (Stage Society) de produire Chéri de Colette (1930). Enthoven pouvait agir en tant que mécène, autant qu’en tant que commanditaire[18].
Peu avant sa mort, entre 1948 et 1950, Gabrielle Enthoven devint la première présidente de la « Société de recherche théâtrale » (Society for Theatre Research)[20].
Peu après la mort d’Enthoven, Muriel St Clare Byrne (en) écrivit un court hommage pour Theatre Notebook, le journal de la toute récente « Société de recherche théâtrale » (Society for Theatre Research)[20].
Dramaturge
Gabrielle Enthoven fut l’autrice et la metteur en scène de quelques pièces comme Montmartre (1912), Ellen Young (co-écrite avec Edmund Goulding) (1916), The Confederates (1930), ainsi que de la traduction de Le Chevrefeuille, d’après la pièce de Gabriele D’Annunzio, (1921)[20].
En 1912, son premier sketch intitulé Montmartre fut présenté dans la revue à succès Kill That Fly! à l’Alhambra Theatre. En 1913, The Observer lui adressera une critique élogieuse pour Montmartre [20].
En 1916, la compagnie des Pioneer Players monta la pièce Ellen Young, co-écrite par Gabrielle Enthoven et Edmund Goulding, et représentée au Savoy Theatre [21].
En 1914, Enthoven travaillait avec Cecile Sartoris à la traduction de la pièce Le Chèvrefeuille du poète italien et homme politique fasciste Gabriele d’Annunzio. La traduction fut publiée en Grande-Bretagne par Heinemann en 1915 et aux États-Unis par Frederick A. Stokes (en) and Company en 1916. Elle fut produite au Lyceum Theatre de Broadway (New York) en 1921 et au Playroom 6 à Soho (Londres) en 1937 [21].
En 1916, Enthoven co-écrit Ellen Young avec Edmund Goulding, l’un des acteurs ayant participé à Montmartre. Produite par les Pioneer Players (la « Troupe des Pionnières ») au Savoy Theatre la même année, la pièce est une réflexion sur le théâtre, l’art de vivre et le rôle des femmes dans la société. Ellen Young, l’héroïne éponyme, travaille comme dactylographe et dont les parents issus de la classe ouvrière ne comprennent pas ses aspirations de théâtre. Lorsqu’elle apprend qu’elle est atteinte de tuberculose et qu’il ne lui reste qu’un an à vivre, Ellen abandonne sa famille pour devenir danseuse. Elle se produit sous le nom de Madame Ziobie et est adulée par ses fans [21].
En 1930, en collaboration avec H. M. Harwood, elle écrit la pièce intitulée The Confederates, qu’elle monta à l’Ambassadors Theatre [21].
Comédienne
Le désir d’Enthoven de se produire sur scène semble rarement avoir trouvé à s’exprimer publiquement. À part la critique de sa performance dans le rôle de « Markham le censeur » (Markham the censorious), les autres commentaires sur son talent d’actrice proviennent d’anecdotes majoritairement racontées par St Clare Byrne[20].
Bien que Gabrielle Enthoven se produisit très rarement en tant qu’actrice, ce fut aux côtés de compagnies amateurs de premier plan comme les « Windsor Strollers », les « Old Stagers » [20].
Collection Enthoven
Collection particulière

Qualifiée d’« archiviste de théâtre »[22], Gabrielle Enthoven commence sa collection après son mariage en 1893. Son intérêt se développe quand elle découvre, en feuilletant de vieux programmes, que certains ouvrages sur l’histoire du théâtre - qu’elle consultait par passion - étaient erronés[23]. Elle débute ce travail en découpant des articles de presse liés à l’activité théâtrale londonienne, en ayant comme premier objectif la correction des inexactitudes. À la mort de son mari en 1910, sa collection initiale de 200 programmes s’élargit considérablement et elle se consacre plus régulièrement et méticuleusement à cette activité[24].
En 1911, elle monte une campagne pour bâtir une collection d’artefacts de théâtre permanente dans une institution muséale britannique[25]. Une lacune dans les collections des musées londoniens comparé à d’autres villes européennes telles que Harvard, Rome, Milan, Stockholm, Paris, même si le British Museum possède des objets liés au théâtre. Le projet a pour ambition de servir aux professionnels mais également aux amateurs, en rassemblant une grande diversité d'artefacts tels que des manuscrits de pièce de théâtre, des éléments de scénographie, ou encore des costumes. Ces collections seront enrichies par une bibliothèque spécialisée[25]. Grâce à ses relations avec des membres importants du monde du théâtre londonien, son projet est relayé par la presse nationale et soutenu par des personnalités influentes, telles que les comédiens John Hare et Herbert Beerbohm Tree[26].
En Novembre de la même année, le London Museum (ouvert de 1912 à 1976, aujourd’hui Musée de Londres) accepte d’inclure cette collection théâtrale dans son exposition permanente[27]. Ce projet est pris un charge par le conservateur Guy Francis Laking. Cependant, la majeure partie de la collection Enthoven demeurait conservée à son domicile, tandis qu’un appel était lancé au public afin de prêter ou de donner tout élément susceptible d'enrichir l'exposition[28]. En raison d’un manque d’espace et de participation du public, le projet ne rencontra pas le succès escompté et fût vivement critiquée.
Donation au Victoria & Albert Museum
Face à l'échec de projet au London Museum, Gabrielle Enthoven continue sa quête d'une institution acquéreuse. Malgré les refus,
« qu’il n’y a si peu de chances que votre idée soit adoptée qu’il n’est pas justifié de vous demander de venir en discuter ici, comme vous le suggérez » (« there is so little chance of your scheme being adopted that we should scarcely be justified in asking you to come here, as you suggest, to discuss it[29] »).

elle porte alors son choix sur le Victoria and Albert Museum[30]. En 1922, le V&A Museum ouvre l’Exposition internationale de théâtre : dessins et maquettes pour la scène moderne où sont exposés un petit nombre d’items de la collection Enthoven[30]. Cette présentation donne espoir à Gabrielle Enthoven et la pousse persister.
Dans les années 1920, la collection d’Enthoven devient tellement grande qu’elle ne peut plus la conserver chez elle. C'est en 1924, que le V&A Museum finit par héberger la collection de 80 000 objets - comprenant des affiches, des estampes, des livres et des gravures[31]. Ou encore des photographies d'acteurs et d'actrices, des scènes de pièces de théâtre, des décors et de nombreux textes imprimés[32]. Tout cela réuni dans de petites boîtes numérotées[33]. Le transfert de la collection dura un an. La section prenant le nom de « Gabrielle Enthoven Theatrical Collection » et est conservée au département gravures, illustrations et dessins. Grâce à ces contacts avec le monde du théâtre londonien et new yorkais, ainsi qu’un budget annuel de 200 livres pour les acquisitions, elle continue de collecter et d’agrandir la collection[20].
A partir de 1925, trois employé.e.s et Mme Enthoven commencèrent à cataloguer, indexer et ranger la collection par ordre chronologique et typologie[34]. Les salaires sont versés avec ses fonds propres et Gabrielle Enthoven intervient bénévolement. Un appel aux dons est lancé dans la presse nationale où des ami.e.s de la scène théâtrale publique comme Herbert Beerbohm Tree soutiennent le projet[35]. Après la Seconde Guerre mondiale, le gouvernement finance deux assistant.e.s mais Gabrielle Enthoven ne recevra jamais de compensation pour le travail effectué[36].
Elle a pourtant perçu des offres conséquentes pour l'acquisition de sa collection par des institutions étatsunienne. Elle a reçu des propositions allant de 9 000 à 30 000 livres en les refusant toujours, souhaitant que sa collection reste un patrimoine britannique.
Gabrielle Enthoven continue de venir chaque matin à 10h au musée pour répertorier sa collection jusqu’à sa mort à l'âge de 81 ans. Gardant pour la postérité le surnom de « Grande dame des premiers théâtres londoniens[37] ».
Première et Seconde Guerres mondiales
Première Guerre mondiale

En ce qui concerne l'implication de Gabrielle Enthoven dans la Première Guerre mondiale, il est fréquent de lire dans les journaux ou ses nécrologies qu'elle a rejoint, dès , le comité des réfugiés de guerre (War Refugee Committee)[38], et qu'elle faisait même partie des onze premières personnes à l'intégrer[38]. Elle y assumait alors le rôle de « cheffe des dossiers[31] ». Il est également fréquent de lire qu'elle a ensuite rejoint la Croix-Rouge britannique, dès 1915, et qu'elle y a pris la tête du département des dossiers des prisonniers de guerre (Records Department of the Central Prisoners of War) où elle est restée jusqu'en 1920[38]. La place qu'elle occupait à la Croix-Rouge a, cependant, fait l'objet de recherches plus approfondies, notamment par Kate Dorney dans son ouvrage de 2019 : Stage Women, 1900-50: Female Theatre Workers and Professional Practice.
En effet, l'autrice explique dans cet ouvrage que Gabrielle Enthoven n'a laissé aucune archive écrite relatant ses activités durant la guerre, et que cela « n'est pas une surprise[39] », puisqu'en effet, un grand nombre de moments de sa vie et de faits sur elle, ne sont pas documentés. On ne peut que spéculer sur ses activités à partir des témoignages d'autres employés de la Croix Rouge et des documents officiels[39].
En consultant son dossier de la Croix-Rouge britannique, elle apprend qu'elle a d'abord officié au bureau londonien pour les prisonniers blessés et disparus du comité pour les prisonniers de guerre (London Office for the Wounded and Missing of the Central Prisoner of War Committee), à Carlton House Terrace dès . Elle apprend également qu'elle a ensuite, bien pris la tête du département des dossiers (Records Department) mais seulement à partir d' et ce jusqu'à . Moment où elle a dû s'arrêter pour raison de mauvaise santé. Elle a alors 50 ans[39].
Dans un document officiel de 1921 : Notes issues des rapports du comité mixte de guerre et du comité mixte des finances de guerre de la Croix-Rouge britannique et de l'ordre de saint Jean de Jérusalem en Angleterre sur l'aide volontaire apportée aux malades et blessés sur le territoire national et à l'étranger et aux prisonniers de guerres britanniques entre 1914-19 (Notes from Reports by the Joint War Committee and the Joint War Finance Committee of the British Red Cross and the Order of St John of Jerusalem in England on Voluntary Aid rendered to the Sick and Wounded at Home and Abroad and to British Prisoners of War 1914-19) qui présente le développement et l'éventuel standardisation des services fournis par la Croix-Rouge et l'ordre de saint Jean, elle trouve également des éléments qui renseignent sur l'activité d'Enthoven durant la Grande Guerre[39]. Elle y découvre que le département des dossiers du comité pour les prisonniers de guerre (Central Prisoners of War Commitee) de la Croix-Rouge, n'a de toute façon, été établi qu'en 1916, Enthoven n'ayant pu y travaillé avant cette date, comme il l'est pourtant écrit dans les journaux. Il n'a été mis en place que deux ans après le début de la guerre, puisqu'il a fallu du temps pour établir un système centralisé dédié aux prisonniers de guerre et aux personnes disparues[39]. Celui-ci centralisait alors les missions du comité de l'aide aux prisonniers de guerre (Prisoners of War Help Committee) formé en et du fonds pour les prisonniers de guerre britannique (Fund for british War Prisoners) alors : « financièrement assisté par la Croix Rouge ainsi que par la générosité de donateurs privés[40]. ». La tâche de ce nouveau département est alors de rassembler des informations sur les prisonniers de guerre et les hommes blessés et disparus dans un fichier contenant leurs noms, numéros de matricule, leurs rangs, leurs régiments, leurs bataillons, leurs compagnies, leurs dates d'envoi au front et les fronts où ils combattaient. Ils avaient aussi la charge de tenir informé le bureau de la guerre et les proches de ces hommes sur leur état de santé, le lieu où ils se trouvaient ainsi que de recouper les noms des blessés, des tués ou des hommes fait prisonnier avec ceux des listes envoyées par la Croix-Rouge francfortoise[39].
Ce rapport mentionne directement Gabrielle Enthoven, qui y est décrite comme la «superintendente[39]» du département des dossiers du comité des prisonniers de guerre (Records Department of the Central Prisoniers of War Committee), terme que l'on peut traduire par «directrice». Ce poste impliquait, qu'avec son assistant, ils étaient responsables : « de faire suivre tous les ordres ; du tri et de l'expédition du courrier arrivant pour les différents groupes de régiment ; de la vérification de toute correspondance sortante ; de l'inscription dans tous les livres appropriés de tous les individus inscrits sur les listes envoyées au département ; de répondre à toutes les questions et d'apporter l'assistance nécessaire pour l'efficacité du travail du département lors de la réception d'information d'une des sources [...], le directeur devait alors tamponner la date et placer le document dans le casier approprié pour le groupe de régiment qui le concerne[40]. »
Il est également dit dans ce même rapport que c'est « Madame Barnadistone, qui a organisé le travail [du département des dossiers] et qui a posé les fondations du système, s'en occupant jusqu'en [...][40]» mais que : « la capacité d'organisation et la dévotion au travail d'Enthoven, malgré ses problèmes de santé, est à l'origine d'une grande partie du succès de ce travail[40]. »
En plus de cela, il est également mentionné qu'elle se serait rendue en France, après la guerre, comme on le comprend implicitement, afin de lever des fonds pour les écoles des zones françaises dévastées[38].
Seconde Guerre mondiale
Lors de la Seconde Guerre mondiale, Gabrielle Enthoven a suspendu son travail au Victoria and Albert Museum[1] pour retrouver son poste à la Croix-Rouge britannique[41]. Son travail au musée n'ayant repris qu'après l'Armistice, le [1].
Elle a reçu l'ordre de l'Empire britannique pour son travail à la Croix-Rouge[1].
Héritage et postérité
Gabrielle Enthoven est décédée à l'âge de 82 ans, le , chez elle à Cadogan Gardens, à Londres. En plus du don de sa collection au Victoria and Albert Museum en 1924, elle décide de léguer une partie de son héritage au Ministère de l’Éducation du Royaume-Uni, responsable du fonctionnement du Victoria and Albert Museum. Ce leg stipule qu’il devrait servir au budget de fonctionnement associé à sa collection théâtrale (recherche / maintenance / catalogage…)[3].
Pour célébrer les cent ans de la fondation de la collection Theatre & Performance, ou Théâtre et Spectacle, au Victoria and Albert Museum, sur la base du don de Gabrielle Enthoven de plus de 80 000 objets en lien avec le théâtre au Royaume-Uni[42], le musée a mis en place l'exposition : Enthoven Unboxed : 100 Years of Collecting Performance du au [43], nommée en son honneur. Celle-ci rend hommage à la collectionneuse avant de présenter, sous forme d'un abécédaire, des thèmes liés au spectacle vivant via des objets datant de la restauration à nos jours[44]. On y trouve, par exemple, un buste de Sarah Siddons, datant du XVIIIe siècle, comme les paroles manuscrites de Blackstar par David Bowie[44].