En parallèle, elle initie un certain nombre d’engagements politiques[1]. En 1936, âgée de seize ans, elle entre aux Jeunesses communistes, puis elle met ses compétences de dactylo au service du Parti communiste algérien[1]. Celui-ci, interdit par le gouvernement de Vichy, est contraint de devenir un mouvement clandestin en 1940[4],[1]. Elle est appelée d’Oran avec d’autres militants communistes pour réorganiser une direction communiste à Alger, aidés par des anciens des Brigades internationales tels que Maurice Laban[1]. Ils appellent à l’indépendance de l’Algérie dès [1]. Son nom figure sur une liste du Comité central du Parti communiste algérien[1]. Arrêtée à Alger au milieu de l’année 1941, elle est mise nue et torturée par le commissaire français Achiary[1], emprisonnée à la prison de Serkadji[1] puis condamnée aux travaux forcés[5]. Elle est libérée en février-, quelques mois après le débarquement allié en Afrique du Nord de [1].
En 1946 avant la naissance de son fils, elle connaît des problèmes importants de santé. Elle est accueillie à l’hôpital Tenon à Paris puis placée en cure dans un sanatorium dans les Alpes, de 1949 à 1951[1]. Puis elle revient à Oran, et reprend place au Parti communiste algérien et à l’Union des femmes[1].
Après le démantèlement dans l’été 1956 du maquis communiste des Combattants de la libération, groupe de guérilla créé par le Parti communiste algérien après le déclenchement de la guerre d'Algérie, elle et son mari Roger Bénichou participent aux secours apportés aux rescapés de ce maquis[1],[2]. Début , elle et son mari sont arrêtés, torturés[6] et condamnés. Sa situation est citée dans un éditorial du journal communiste L’Humanité le par Léon Feix: «N’est-il pas révoltant que Gaby Gimenez, ancien conseiller général d’Oran, condamnée aux travaux forcés sous Vichy, ait été victime de procédés pires que ceux dont elle a eu à souffrir cruellement en 1941»[7]. Elle est condamnée par le tribunal permanent des forces armées d’Oran le à vingt ans de travaux forcés ramenés à quinze ans par un nouveau jugement en , après que les avocats aient pu faire valoir un vice de forme[1]. Elle rejoint les condamnées femmes à la prison de El-Harrach[1] avant d’être transférée à Paris à la prison de femmes de La petite Roquette parmi les prisonniers de droits communs[1]. A Oran, l’OAS menace ses parents et blesse sa sœur dans un attentat[1]. Simone Weil obtient qu’elle rejoigne des prisonniers politiques femmes au Centre pénitentiaire pour femmes de Rennes. Puis elle est libérée bien après les accords d’Évian[1],[2]. Elle retourne ensuite en Algérie devenue indépendante, avec son mari, reprend un métier de comptable, et obtient la nationalité algérienne en 1977[1],[2],[3].
↑(en) Allison Drew, We are no longer in France: Communists in colonial Algeria, Manchester University Press, (lire en ligne), p.190
↑Léon Feix, Rosa Moussaoui et Alain Ruscio, «L’Humanité 25 septembre 1956», dans L'Humanité censuré: 1954-1962, un quotidien dans la guerre d'Algérie, Cherche Midi, (lire en ligne)
↑Sylvie Thénault, Une drôle de justice: Les magistrats dans la guerre d'Algérie, La Découverte, (lire en ligne)
↑Léon Feix, Rosa Moussaoui et Alain Ruscio, «L’Humanité 25 septembre 1956», dans L'Humanité censuré: 1954-1962, un quotidien dans la guerre d'Algérie, Cherche Midi, (lire en ligne)