Gabrielle Richet, née le et morte le à Lessines, est une infirmière belge active dans le service de renseignement durant la Première Guerre mondiale. Arrêtée et emprisonnée, elle meurt une dizaine d'années après la guerre des suites des mauvais traitements qu'elle a subis.
Gabrielle Marceline M. Sér. Richet naît le à Lessines. Son père est le conseiller communal puis échevin de l'instruction publiquesocialiste, Louis Richet (1863-1925) et sa mère Marie Missante (1868-1946). Elle a un frère et deux sœurs[1].
Lorsque la guerre éclate, elle essaie de rejoindre l'armée du roi Albert Ier derrière l'Yser depuis les Pays-Bas mais on lui demande de rejoindre plutôt le service d'espionnage, ce qu'elle accepte[2].
Elle retourne alors en Belgique et pendant cinq mois fournit des renseignements sur l’occupant concernant les troupes, les chemins de fer, les dépôts de munitions ou encore les usines travaillant pour l’armée allemande[3].
En , à la suite de l'arrestation du responsable de son réseau, plusieurs membres dont Gabrielle Richet, sont identifiés[4]. Elle est arrêtée le et incarcérée à la prison de Saint-Gilles. Huit mois après, son procès a lieu à Anvers: elle est condamnée à dix ans de travaux forcés en Allemagne. Dix neufs de ses co-inculpés sont condamnés à mort[3]. Elle est transférée le à la prison de Siegburg[2] où les conditions de détentions sont particulièrement dures[5] puis à celle de Delitzsch[4]. Le , des fusiliers marins révolutionnaires allemands libèrent tous les prisonniers[4].
Elle meurt le , probablement d'une tuberculose contractée en détention[2].
Des funérailles grandioses sont organisées à Lessines et des fonds sont récoltés pour lui ériger un monument[3].
Hommage
Après sa mort son nom est donné à une rue de Lessines, la chaussée Gabrielle Richet[3].
A l'occasion du centième anniversaire de l'armistice, la Bibliothèque et le Cercle de Généalogie de Lessines organisent l'exposition "Ces héroïnes de l'ombre durant la Grande Guerre" et éditent plusieurs fascicules qui lui rendent hommage, parmi d'autres résistantes[6] et la poste belge édite un timbre à son effigie[7].
123Suzanne van Rockeghem, Jeanne Verchival-Vevoort, Jacqueline Aubenas, Des femmes dans l'histoire en Belgique, depuis 1830, Bruxelles, Luc Pire, , 302p. (ISBN2874155233, lire en ligne), p.103
↑Chantal Antier, «Prisonnière française au bagne allemand de Siegburg 1915-1918. Louise de Bettignies», Guerres mondiales et conflits contemporains 2014/1 (n° 253), , p.27-41 (lire en ligne)