Gadzarts
anciens élèves (ENSAM)
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Les gadzarts (parfois orthographié « Gadz'Arts ») sont les élèves et les ingénieurs issus de l'« École nationale supérieure d'Arts et Métiers » (ENSAM).

Étymologie
Leur surnom vient d'une contraction de « Gars des Arts », « Les Arts » ou « les Arts et Métiers » étant le diminutif habituellement donné à l'École. Ce surnom remonte au XIXe siècle, et s'inscrit dans un contexte culturel interne à cette École. Ce contexte illustre la longue lutte des élèves contre une administration de l'École, à l'époque peu coopérative. Il a abouti aujourd'hui à une vie étudiante et associative très développée. Cette vie se manifeste à l'extérieur par de nombreuses manifestations festives souvent prestigieuses, des activités sportives, culturelles et humanitaires, mais aussi professionnelles[1].
Vie étudiante à Arts et Métiers ParisTech
La vie étudiante aux Arts et Métiers comprend de très nombreux événements et manifestations, fruit de l’investissement et de la participation des élèves-ingénieurs de tous les centres. La vie étudiante comprend l'organisation des Grands Galas, des événements sportifs et des actions humanitaires, auxquels il faut ajouter les activités à but purement professionnel (Junior Entreprise (AMJE), recherche de stages et d'emploi)[2].
Galas (Guinches)

- À Aix-en-Provence, les élèves organisent trois galas par an dans l'école. Le Bal du Bapt’s suit la cérémonie du baptême des nouveaux Gadz'Arts fin novembre ou début décembre selon les années ; ensuite, le Bal des 508, qui célébrait à l’origine la mi-parcours de la formation des élèves à l’école ; enfin, la Nuit des 100 Jours[3] (100 jours avant la remise des diplômes) accueille au mois de mai plus de 5 000 personnes.
- À Bordeaux, le Gala des Fignos[4] accueille chaque année quelque 3 000 personnes pour fêter la création de la nouvelle promotion de gadzarts.
- À Cluny, le Grand Gala de accueille chaque année au mois de mai dans le cadre prestigieux de l'abbaye de Cluny quelque 4 500 convives[2]. Ce qui le qualifie de troisième plus grand gala de France, derrière celui de l’École polytechnique (France) et le bal des 100 jours des Arts & Métiers d'Aix-en-Provence.
- Grand Gala de Cluny 1993
Traditions

Historiquement, le folklore étudiant Arts et Métiers a fortement influencé celui des écoles nationales professionnelles (1880-1960). En effet, celles-ci ont longtemps fourni une importante source de recrutement de gadzarts. La communauté gadzarts revendique aujourd'hui ces traditions basées sur les valeurs d’entraide et de fraternité ainsi que sur la mémoire orale des nombreuses anecdotes et des nombreux chants liés à l’histoire de l’école[5].
Uniforme
L’uniforme actuel est de couleur bleu marine et, très proche de l’uniforme des officiers de la Marine nationale, il arbore l’insigne de grade d’enseigne de vaisseau de deuxième classe de la Marine nationale[6]. Cette inspiration vient du fait que de nombreux gadzarts faisaient carrière dans l’armée lors de la confection de l’uniforme. Avec l’intégration de Nicole Laroche, première femme gadzarts en 1964, une version féminine de l’uniforme fait son apparition[7].
- Évolutions de l’uniforme des gadzarts
- En 1805, 1816, 1848, 1870, 1890 et 1906.
- Premier uniforme vers 1806.
- Vers 1910 (Angers).
- Uniforme après 1935.
« Clé d’Ex »
À la fin de sa scolarité dans un campus, chaque promotion réalise sa « clé d’Ex », œuvre collective originale qu’elle conserve tant qu’un de ses membres reste en vie. Ensuite, elle est déposée au musée national gadzarts de Liancourt[8].
- Clé d'Ex
- Promotion Cluny 191.
- Promotion Cluny 191.
- Clés d'Ex de Cluny.
Surnom
Chaque gadzarts a un surnom[2] (surn's en argad'z) qu’il choisit au cours de la première année d’école et qu’il garde toute sa vie. Ce surnom devient sa buque sous forme de signature. Il est fréquemment un jeu de mots, transcrit en argad'z, de son patronyme. Par exemple, l’élève Pathé peut très bien devenir le gadzarts Zenkroüte ou encore l’élève Malé devenir Xion. Les gadzarts se présentent entre eux en précisant leur surnom, leur patronyme, leur num's de famille gadzarts et leur promotion ; par exemple, « Malé dit Xion, 54 KIN 194 ».
Promotions
La scolarité dans un centre a longtemps duré trois ans. Les élèves de première année étaient les conscrits, ceux de deuxième année les pierrots, et ceux de troisième année les anciens[9]. Depuis que la scolarité dans un centre régional est passée à deux ans, la dénomination de pierrot a disparu. Les élèves de première année sont aujourd'hui appelés conscrits, ceux de deuxième année anciens et ceux de troisième année P3, en référence à la troisième année qui se déroulait à Paris.
Les promotions sont désignées par le nom du centre d’où vient la promotion et l’année d’intégration à l’école dont on retire le chiffre des centaines. Par exemple, les élèves ayant intégré l'école en 1997 à Cluny forment la promotion Clun's 197 ou Cl197 ; ceux de 2022 entrés à Angers forment la promotion An222.
| Centre[10] | Abréviation | Période |
|---|---|---|
| Aix-en-Provence | Ai | Depuis 1843 |
| Angers | An | Depuis 1815 |
| Bordeaux | Bo | Depuis 1963 |
| Châlons-en-Champagne (ex Châlons-sur-Marne) | Ch | Depuis 1806 |
| Cluny | Cl | Depuis 1891 |
| Karlsruhe | Ka | De 1996 à 2016 |
| Lille | Li | Depuis 1900 |
| Metz | Me | Depuis 1996 |
| Paris | Pa | De 1912 à 1948 |
Depuis 1949, il n’y a plus de promotions intégrant directement le centre de Paris. Certaines promotions se choisissent également un nom d’association différent de leur désignation habituelle. Enfin, tous centres confondus, certaines promotions sont également baptisées par la société des anciens élèves du nom d'un gadzarts célèbre. Par exemple, les promotions 1982 ont pour nom de baptême Louis Delage.
Formation humaine complémentaire
La PTV
Lors de leur arrivée à l’école, l’association des anciens élèves propose aux élèves de première année une période d’intégration, anciennement appelée « PTV » (période de transmission des valeurs). Aujourd'hui dénommée « FHC » (formation humaine complémentaire), cette période d’initiation aux traditions des gadzarts vise à « créer du lien social, sous la forme d’une promotion soudée, dont les valeurs de solidarité, d’amitié et de convivialité dureront toute la vie[11]. »
Critiques
La PTV soulevait des critiques dont se faisaient l’écho les médias qui rapportaient des « rituels humiliants »[12], des « traditions controversées »[13], des « pratiques de manipulation »[14] ou des « rituels sectaires »[15].
Face à ces critiques et aux témoignages d’anciens élèves devant le Comité national contre le bizutage, le ministère de l’Education Nationale, évoquant des « dérives graves », a décidé d’agir en missionnant l’Inspection générale de l’Éducation nationale (IGAENR) pour mener une enquête de terrain sur les différents campus de l’école[16].
Evolution de la gouvernance de l’école
L’IGAENR souligne dans son rapport de [17] que la PTV « n’est — dans la majorité des cas — plus assimilable à un bizutage systématique[17] », mais que « par son organisation et ses contenus, et par l’incontestable pression psychologique qu’elle exerce sur des jeunes gens en position de fragilité par rapport aux "gadz’arts", étudiants et anciens élèves confondus, la PTV est génératrice de dérives — potentielles et avérées — assimilables à des actions de bizutage et ressenties comme telles[17]. »
L’IGAENR précise en outre que « refuser l’usinage revient à se mettre en marge de la communauté, ce que peu d’élèves acceptent ou assument car cela peut entraîner — les élèves en sont convaincus — la mise à l’écart du réseau des anciens, lequel est jugé potentiellement décisif pour la carrière[17]. »
Ce rapport a donné lieu à des recommandations dont la mise en application a été évaluée par une nouvelle mission de l’IGAENR, donnant lieu à un nouveau rapport en [18].
Ce dernier rapport indique que bien que « les instances de l’école [se soient] fortement mobilisées, […] pour aboutir à la signature d’une charte et à la rédaction d’un nouveau règlement intérieur[18] », « des dérives perdurent et des témoignages continuent de faire état d’actes de bizutage, pendant que persistent les effets négatifs de la PTV sur l’assiduité des élèves, sur la qualité des enseignements et sur l’état d’esprit des personnels[18]. »
En 2018, la direction générale de l'école prend la décision de mettre fin définitivement à la période de transmission des valeurs[19].
De la PTV à la FHC
En 2023, c'est la FHC, qui remplace la PTV, qui est pratiquée[20]. Ses objectifs sont de contribuer à :
- Développer la maturité psychologique et l’esprit d’équipe des élèves tout en favorisant l’épanouissement individuel, ainsi que la culture de l’École.
- Renforcer l’attractivité de l’École dans un contexte fortement concurrentiel.
- Développer les partenariats de l’École.
- Produire, exprimer et valoriser l’identité de l’ingénieur gadzarts ainsi que l’image de marque de l’École.
- Encourager les nouveaux arrivants qui le souhaitent à mettre en pratique des valeurs formant un cadre déontologique, utile pour l’exercice de leur futur métier d’ingénieur.
- Favoriser la vie de groupe, la création d’un vécu commun et d’un esprit de camaraderie.
Son organisation n’est pas secrète, mais doit rester une surprise pour les nouveaux arrivants, et se déroule dans un encadrement plus strict que l'ancienne PTV.
Sur l’essaimage des traditions gadzarts
Les traditions et le folklore gadzarts ont influencé de nombreux autres groupes d’étudiants, en particulier des écoles d'ingénieurs[réf. nécessaire].
On en retrouve des traces, particulièrement chez les ENI. En effet, la vie étudiante y est rythmée par la période d’intégration où les « Traditions » sont inculquées aux nouveaux élèves, les jeux Inter-ENI qui réunissent toutes les ENI pour un événement sportif, festif et folklorique, les actions humanitaires, les galas des différentes écoles ainsi que les divers événements organisés par les élèves, etc. Les blouses y sont également présentes : les étudiants de l’ENI de Tarbes arborent une blouse blanche, les étudiants de l’ENI de Saint-Étienne sont vêtus d’une blouse bleue, les étudiants de l’ENI de Belfort d’une blouse noire. Les étudiants de l’ENI de Brest et de l’ex-ENI du Val de Loire dérogent à la règle en portant respectivement une salopette orange et un gilet jaune de sécurité, mais les autres traditions citées précédemment sont présentes. Ces vêtements folkloriques sont décorés par leur propriétaires avec le surnom inscrit, des dessins, des broderies, de la couture, des pompons, des écussons, des badges[21].
À l’UTBM, la blouse, qui est un héritage des traditions de l’ENI de Belfort, est bordeaux[21]. L’UTT a repris le principe pour s’aligner avec l’UTBM avec une couleur de blouse marron.
Affaires judiciaires
Les fêtes de l'école d'ingénieurs ont donné lieu à des incidents graves sur fond d'alcoolisation. Pour Christian de Rocquigny, le procureur de Châlons-en-Champagne, « la succession d'incidents graves ou de drames lors de ces fêtes d'école à l'Ensam doit conduire à se poser des questions sur l'alcoolisation massive des étudiants à ces occasions. Chacun a une responsabilité morale vis-à-vis de ces jeunes[22]. » Une enquête administrative sur les conditions d'organisation des fêtes a été ouverte par le ministère de l'Enseignement supérieur.
Affaire Stéphane Kameugne
Le , après avoir participé au grand gala annuel de remise des diplômes d'ingénieurs de son école, Stéphane Kameugne, élève gadzart à Châlons-en-Champagne, disparaît et sera retrouvé mort dans un canal. Selon les analyses médico-légales, le jeune homme n’est pas mort noyé mais a été frappé à mort[23]. Les nombreuses pistes exploitées par le SRPJ de Reims ne permettront pas d’identifier le meurtrier et d’éventuels complices qui se sont débarrassés du corps en le plongeant dans les eaux du canal, en voulant retarder la découverte du corps ou encore maquiller le crime en accident[24]. En 2025, la famille de la victime assigne l'État en justice pour faute lourde et déni de justice. La justice n'aurait pas rempli ses obligations pour que l'enquête soit menée correctement. L'École nationale des arts et métiers est mise en cause. Il a été recommandé aux étudiants de ne pas trop parler à la presse[25].
Affaire François Nauguier
En 2013, François Nauguier, élève ingénieur de l'École nationale des arts et métiers (Ensam), âgé de 22 ans, meurt des suites d’une agression, dans le cadre de la fête de fin d'année des Gadz Arts de l'école de Châlons-en-Champagne. À la suite de l'enquête administrative demandée par Geneviève Fioraso, ministre de l'Enseignement supérieur, la direction générale d'Arts et Métiers décide d'arrêter les soirées étudiantes au niveau national. « Un audit interne sera mené dans tous les Centres, en concertation avec les étudiants, pour prendre le temps de tirer les conclusions de ce drame et installer des mesures de prévention supplémentaires[26]. »
