Galerie Goudstikker
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| Fondation | |
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| Dissolution |
| Type | |
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| Domaine d'activité |
Exposition d'oeuvres d'art, vente et revente d'oeuvres d'art, édition |
| Siège |
Amsterdam |
| Pays |
| Fondateur |
Jacob Goudstikker (d) |
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La galerie Goudstikker (Kunsthandel Goudstikker) est une galerie d’art située à Amsterdam. Fondée en 1845, la galerie devient sous la direction de Jacques Goudstikker l’une des plus importantes galeries d’art d’Europe[1]. Elle est spécialisée dans les Écoles flamande et italienne.
La galerie Goudstikker fut fondée en 1845 par les deux frères et associés Jacob et Simon Goudstikker. Dès 1845, Jacob rachète les parts de Simon. Située au 49 Kalvestraat, la galerie proposait alors à la vente des tableaux mais également des antiquités, des meubles, de la dentelle, des pièces d’artisanats et des sculptures[2].
Vers 1890, Eduard, le fils de Jacob rejoint la galerie qu'il modernise et développe : les antiquités et sculptures sont désormais reléguées au rôle de décor pour la collection de peintures qui s’agrandit. La galerie se spécialise alors dans les écoles hollandaises et flamandes du 17e siècle. À partir de 1921, Eduard dirige officiellement l’entreprise qu’il inscrit au registre du commerce. La galerie, située à l’angle de la rue Kavelstraat et Wijde Kapelsteeg possédait un petit espace de vente au rez-de-chaussée et une salle d’exposition plus spacieuse à l’étage[3].
Essor sous la direction de Jacques Goudstikker
Impliqué dans l’affaire familiale dès 1919, Jacques Goudstikker, le fils d’Eduard, en prend la tête après le décès de son père en 1924. Sous sa direction, la galerie se tourne désormais vers un public international, publiant ses catalogues en français plutôt qu’en néerlandais. D’un goût plus éclectique que son père, Jacques Goudstikker est l’un des premiers marchands d’art néerlandais à introduire les maîtres italiens du XVe siècle, notamment ceux des écoles florentine et vénitienne sur le marché néerlandais qui montrait jusqu’alors peu d’intérêt pour ces derniers. Le , la galerie déménage de la rue Kalverstraat vers le Herengracht 458 à Amsterdam, un immeuble monumental du quartier de Gouden Bocht orné de peintures au plafond réalisées par Gerard de Lairesse. Le décor intérieur était conçu pour répondre aux œuvres exposées. Ainsi, les murs de la pièce consacrée au artistes italiens était tapissés de velours de Naples, tandis que des vitraux médiévaux ornaient l’espace dédiés au peintres gothiques. En 1930, Jacques Goudstikker acquiert le château de Nijenrode dans lequel il organise expositions et évènements prestigieux. Le château devient dès lors la vitrine de la galerie Goudstikker qui connaît une importante croissance au cours des années 1930[4].
Sous l'Occupation
En , face l’arrivée imminente des troupes allemandes à Amsterdam, Goudstikker, craigant les politiques antisémites du régime nazi, décide de fuir les Pays-Bas avec sa femme Desi von Halban et son fils. Ils embarquent le sur le cargo SS Bodegraven à direction de l’Angleterre mais, dans la nuit du , alors qu'il se promenait sur le pont, Goudstikker tombe dans une cale et meurt sur le coup[5]. Le représentant néerlandais de Jacques Goudstikker, le comptable juif Dr A. Sternheim, chargé de gérer ses stocks en son absence, étant décédé d'une crise cardiaque le , et Goudstikker n'ayant pas encore désigné de successeur, la galerie et son stock de 1113 œuvres sont dès lors gérés par deux employés, Arie Albertus ten Broek et Jan Dik senior, restaurateur attitré de la galerie et homme de confiance du père de Jacques[6]. Le , Ten Broek est nommé directeur de la société au cours d'une assemblée extraordinaire des actionnaires. Presque aussitôt après, Alois Miedl, banquier allemand proche de plusieurs dignitaires nazi dont Hermann Göring, rejoint l'entreprise et en prend la direction opérationnelle[7]. Le , un accord est passé entre Ten Broek et Miedl. Ce dernier doit acquérir l'ensemble des biens immobiliers et mobiliers, y comprit les tableaux, de la société[8]. Hermann Göring , maréchal du Reich et grand collectionneur d'art, revendique cependant un droit de préemption sur les œuvres, et l'accord se voit ainsi annulé. Le Reichsmarschall fit ainsi l'acquisition de la quasi totalité de la collection tandis que Miedl acquit le reste des œuvres, la galerie, le château de Nijenrode et le domaine d'Oostermeer à Ouderkerk[9]. Cette vente réalisée pour un prix dérisoire et contre la volonté de la veuve de Goudstikker s'apparente à une forme d'appropriation. Pour exprimer sa gratitude, Göring vendit immédiatement une partie de la collection à Miedl à des conditions extrêmement avantageuses. Ce dernier put ainsi poursuivre avec succès la gestion de la galerie d'art J. Goudstikker NV pendant la guerre, notamment avec l'aide de Ten Broek et Dik senior. Exploitant la réputation international de la galerie Goudstikker, Miedl amassa une véritable fortune particulièrement via ses clients allemands. Durant la Seconde Guerre mondiale, la galerie d'art gérée par Miedl aurait ainsi vendu plus de 3 200 tableaux, d'une valeur de plus de 18 millions d'euros, en Allemagne nazie[10].
Après la Guerre
Après la Seconde Guerre mondiale, un nombre important d’œuvres issues de la collection Goudstikker sont récupérées par les Alliés et confiées à l’État néerlandais. En 1946, Desi von Halban retourne aux Pays-Bas, et tente de récupérer ses biens. Les démarches entreprises par la veuve de Jacques Goudstikker pour obtenir la restitution des œuvres des autorités néerlandaises s’étendent sur plusieurs décennies. Ce n’est qu’en 2006, après son décès, que le gouvernement des Pays-Bas restitue officiellement 202 peintures aux héritiers Goudstikker[11].