Ganelon
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ms. BNF, Fr. 2813, folio 124r[1].
| Activité | |
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| Parentèle |
Charlemagne (beau-frère) Roland (gendre) |
| Propriétaire de |
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Ganelon est un personnage de l'épopée-chanson de geste La Chanson de Roland, qui représente l'archétype littéraire du félon, du traître et du lâche.
Il épouse la sœur de Charlemagne (qui n'est pas nommée dans l'œuvre et reste désignée par cette périphrase) et devient donc le beau-frère de l'empereur. Partisan de la paix à tout prix avec les musulmans d'Espagne, Ganelon trahit son gendre, Roland, en faisant organiser son massacre à Roncevaux par l'ennemi arabe, le « calife Marsile (li algalifes Marsilies) ».
Dans un contexte où, les armées de Charlemagne étant en Espagne, le supposé dernier sultan musulman ayant offert sa soumission à condition que Charlemagne quitte l'Espagne, Ganelon prend seul, dans le Conseil, le parti de l'acceptation[2].
Aussi Roland propose que Ganelon soit envoyé en ambassade auprès du sultan, ce que Ganelon tient pour déloyal et lui fait déclarer vouloir attirer sur Roland une telle hostilité qu'elle durera le reste de sa vie[3]. Et quand Ganelon accepte la mission, il annonce qu'à Saragosse où réside le sultan il fera une petite folie pour passer sa colère ; « quand il l'entend, Roland se met à rire »[4].
Au cours du voyage vers le sultan avec Blancandrin, un projet est élaboré entre eux pour supprimer Roland, seul obstacle à la paix selon Ganelon[5]. Le sultan accepte ce plan, qui consiste à laisser partir Charlemagne avec des otages, et attaquer son arrière-garde et tuer Roland dans un col des Pyrénées[6]. Le sultan donne à Ganelon « dix mulets chargés du plus pur or d'Arabie[7] » et vingt otages.
De retour au camp de Charlemagne, « le félon, le parjure » Ganelon raconte que l'armée musulmane a fui et s'est toute noyée, et que le sultan viendra en vassal en France les mains jointes pour recevoir la religion dans le mois suivant son départ, « soyez-en sûr, sire[8] ».
Malgré un songe qui lui révèle la trahison de Ganelon[9], Charlemagne retourne en France et, aux cols et étroits défilés, il laisse Ganelon désigner qui sera à l'arrière-garde : « ce sera Roland, vous n'avez pas de baron aussi vaillant[10] », ce que Roland accepte avec colère mais fierté.
Avec une grande armée, le sultan prend position à Roncevaux : « Les Francs mourront, la France en sera honnie. Charles le vieux, à la barbe fleurie, tant qu'il vivra ne cessera de souffrir et d'enrager[11] ». Ils fondent sur l'arrière-garde des Français, Roland dédaigne de sonner du cor pour que l'armée de Charlemagne revienne[12], et tous sont massacrés.
À ce point, le récit annonce la suite : « Charles le Grand en pleure et se lamente. Mais à quoi bon ? Ils n'auront pas de secours de lui. Et ce jour-là Ganelon le servit indignement quand il alla à Saragosse vendre les proches vassaux du roi. Il en perdit ensuite et les membres et la vie : au procès d'Aix il fut condamné à être pendu et, avec lui, trente de ses parents qui ne s'attendaient pas à une telle mort[13] ».