Grandes Chroniques de France
chronique médiévale française
From Wikipedia, the free encyclopedia
Les Grandes Chroniques de France sont une chronique médiévale retraçant l'histoire des rois de France, en langue vernaculaire, qui fut un succès littéraire du Moyen Âge.

Les Grandes Chroniques qui couvrent l'origine des Francs, depuis leur ancêtre troyen supposé jusqu'à Clovis, l'époque mérovingienne, les dynasties carolingienne et capétienne directe des rois de France jusqu'à l'Histoire contemporaine de la rédaction des Chroniques (dont les éditions allant le plus loin poussent jusqu'à l'année 1461), constituent la pièce maîtresse de l'histoire royale française. Le tout est le plus souvent illustré d'enluminures de grande qualité, dont une édition illustrée par Jean Fouquet.
Origine
L'initiative des Grandes Chroniques a été sujette à débat[1], notamment à l'issue des travaux de Bernard Guenée[2].
Longtemps, les Grandes Chroniques furent présentées comme une commande de saint Louis, une œuvre de politique culturelle et didactique du roi de France. Cependant, rien n'assure qu'une commande fut passée par lui[1]. Alors, on a pu penser à une commande faite à Primat de Saint-Denis par l'abbé de Saint-Denis lui-même, Mathieu de Vendôme, mais rien ne l'indique clairement non plus[1].
En fin de compte, comme l'indique Antoine Brix, « la genèse et l’élaboration du Roman des rois furent [...] entièrement monastiques » et non liées à une commande de saint Louis[1]. La rédaction des Grandes Chroniques doit être comprise plus comme une justification de l'importance de l'abbaye de Saint-Denis dans le royaume qu'un éloge de la dynastie royale[1].
Présentation
Le moine Primat de Saint-Denis écrit vers 1250 le Roman des rois faisant le récit des rois jusqu'à Philippe Auguste, en utilisant entre autres les sources suivantes : Liber historiæ Francorum, Gesta Dagoberti, Annales de Lorsch, Chronique de Frédégaire, Vita Karoli Magni, Vita Hludovici, Gesta Normannorum ducum.
Progressivement, au XIVe siècle, de nouveaux épisodes de l'histoire sont ajoutés, par d'autres moines de Saint-Denis (l'atelier dionysien étant le plus grand centre historiographique du royaume à cette époque) tout d'abord, puis dans l'entourage du roi lui-même à partir de Charles V. On peut penser que Pierre d'Orgemont, chancelier de Charles V y a participé[1].
Cette œuvre retrace les principaux faits et gestes des règnes de tous les rois des dynasties mérovingienne, carolingienne et capétienne. Elle fait remonter l’origine des rois de France aux Troyens de l'Antiquité[n 1].
Les Grandes Chroniques rencontrent un succès chez les princes et les aristocrates à la fin du XIVe siècle avec quarante-cinq copies enluminées des chroniques entre 1380 et 1422[1]. Plus de 115 manuscrits antérieurs à la Renaissance nous en sont parvenus avec de grandes variations entre eux, tant dans la richesse, le nombre et le style de leurs enluminures que dans la longueur de leurs textes[1]. La plupart a cependant été réalisée pour une clientèle royale ou noble puisque les Grandes Chroniques étaient l'œuvre centrale de l'historiographie officielle française en langue vernaculaire. L'analyse de la sélection des sujets représentés selon les époques laisse entrevoir une évolution des préoccupations politiques des différentes classes des commandeurs du livre au fil du temps.
On peut citer parmi les plus remarquables celui de Jean le Bon (Londres, British Library, manuscrit français enluminé par Mahiet)[3], ceux de Charles V (Paris, Bibliothèque nationale de France, manuscrit français 2813[4]), celui attribué à Charles VII (1455-1460, Bibliothèque nationale de France, Ms. Fr. 6465, enluminé par Jean Fouquet[5]) et Philippe le Bon (1457, Saint-Pétersbourg, Bibliothèque nationale russe).