Le conseil général du Calvados, dans sa séance du , reconnait la nécessité de construire une ligne de chemin de fer entre Mézidon et Granville en passant par Falaise et Condé-sur-Noireau[2]. Le projet n'est pas réalisé en tant que tel, mais l'ouverture successive de plusieurs lignes reprend cet itinéraire.
Dans la deuxième partie des années 1850, des études sont menées par la Compagnie des chemins de fer de l'Ouest afin de relier Mézidon au Mans. Le tracé proposé par la Compagnie passe à sept kilomètres de la ville de Falaise. Un tracé approchant à quinze cents mètres de la ville de Falaise est étudié, mais ce nouveau tracé entraînerait une augmentation trop importante des dépenses. Considérant que l'importance commerciale de Falaise est assez grande pour mériter que le chemin de fer la desserve, on décide de construire un court embranchement ferroviaire d'environ 8 km partant de la nouvelle ligne Le Mans - Mézidon à la hauteur de la gare de Coulibœuf[3]. La ligne principale est ouverte dans sa totalité le et l'embranchement vers Falaise le de cette même année.
Pour permettre la liaison Falaise - Condé-sur-Noireau, la Compagnie des chemins de fer normands ouvre le une ligne d'intérêt local longue de 29 km entre Falaise et Berjou, située sur la ligne Caen - Flers. Trois ans après l'ouverture de la ligne, la Compagnie des chemins de fer normands est placée en liquidation[4] et l'exploitation de la ligne Falaise - Berjou est reprise par la Compagnie des chemins de fer de l'Ouest à partir du [5]. La gare de Falaise n'est dès lors plus desservie que par des trains de la Compagnie des chemins de fer de l'Ouest, puis par ceux de l'Administration des chemins de fer de l'État après le rachat de la compagnie en 1908.
À partir de 1904, elle est le terminus d'une ligne à voie étroite (60 cm) de la compagnie des Chemins de fer du Calvados en provenance de la gare de Caen et desservant la station de Falaise-Château après avoir traversé la plaine de Caen. L'exploitation de cette ligne à voie étroite est abandonnée en 1932.
La section de la ligne Falaise - Berjou entre Pont-d'Ouilly et Falaise cesse d'être exploitée le , au moment de la création de la SNCF.
Après les bombardements de la Seconde Guerre mondiale, la gare est réparée. La quasi-totalité de la ligne de Falaise à Berjou est fermée aux trafic voyageurs en 1954. Le trafic de marchandises cesse définitivement le sur l'embranchement de Coulibœuf et sur ce qu'il reste de la ligne de Berjou (2,630 km)[6]. Ces deux lignes sont déclassées du réseau ferré national le afin d'agrandir une coopérative et d'aménager un chemin de randonnée[7]. Le bâtiment-voyageurs est finalement démoli en pour laisser la place à un supermarché[8].
Notes et références
↑«Ouverture de l'embranchement du chemin de fer de Falaise à Morteaux-Coulibeuf», L'Ordre et la Liberté, (lire en ligne)
↑Département du Calvados - Conseil général - Rapport général du Préfet - Rapports des chefs de service - Délibérations du conseil - Session de 1853, Caen, Ve Pagny, 1854, p.278
↑Département du Calvados. Conseil général. Rapports et délibérations du Conseil - Session de 1856, Caen, Ve Pagny, 1856, pp.403–404
↑Département du Calvados - Conseil général - Délibérations - Session extraordinaire du 26 avril 1877, Caen, Pagny, 1877, pp.4–8
↑Département du Calvados - Conseil général - Délibérations - Session de décembre 1877, Caen, Pagny, 1877, pp.140–151
↑«À Falaise, avant le Carrefour Market il y avait une gare», Ouest-France,