Gaston Meyer
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Gaston Meyer, né le à Savignac-les-Églises en Dordogne[1] et décédé le à Paris, est un journaliste sportif français qui occupe le poste de rédacteur en chef du quotidien sportif L'Équipe de 1954 à 1970. Spécialiste de l'athlétisme, il était surnommé « le pape du demi-fond »[2].
Une vie gouvernée par le chiffre 7
Il est d'origine alsacienne par son père[3] et quercynoise par sa mère[4] ; ses parents se sont connus à Varsovie (Pologne) où son père tient une librairie française et sa mère est professeur de français. Après la mort, en 1912, de sa grand-mère qui l'élève à Albas (Lot), il est placé, à l'âge de 7 ans, en pension au lycée Gambetta de Cahors (Lot)[5]. Il perd ensuite son père, en 1919, ruiné par la guerre et la révolution russe[6].
Durant sa jeunesse il se passionne pour l'athlétisme et le pratique, ainsi que le rugby, à l'École Primaire Supérieure de Luzech (Lot) qu'il a intégrée en 1919[7]. Il vit ensuite à Grenoble (Isère) où sa mère est infirmière[7], puis, en 1921, dans sa famille paternelle à Mulhouse (Haut-Rhin) où il effectue un stage dans une banque et y découvre le football, dont il devient un passionné[8]. Il assiste aux Jeux olympiques d'été de 1924[9] et fait ensuite, à partir du printemps 1925, son service militaire au 164e régiment d'artillerie de Metz (Moselle). Libéré à l'automne 1926, il rejoint alors sa mère à Paris où il travaille dans une agence de la Banque de Mulhouse[10].
Après avoir assisté aux Jeux olympiques d'été de 1928[11], il commence sa carrière journalistique le dans le bihebdomadaire L'Aéro-sport où son premier article porte sur le match d'athlétisme Angleterre-France à Londres[12]. En 1931, il entre à L'Écho des Sports et travaille pour Le Petit Journal[13].
Il entre à L'Auto en 1933 comme chef de la rubrique athlétisme[14]. Il couvre pour L'Auto avec Jacques Goddet les Jeux olympiques de Berlin en 1936 dont il garde le souvenir d'une « organisation exemplaire » et dément qu'Adolf Hitler ait refusé de serrer la main de Jesse Owens, expliquant que protocolairement, il était tenu de quitter le stade à 18 h, c'est-à-dire avant la proclamation des résultats[15].
Congédié du Petit Journal , il entre en 1937 à Ce soir comme simple secrétaire de rédaction et y travaille jusqu'à son interdiction en [16].
Lors de la mobilisation de 1939, il est affecté sur la ligne Maginot. Fait prisonnier le [17], il est prisonnier de guerre à Sondershausen en Thuringe, où les sorties en ville son autorisées. Il crée le journal du camp[18]. Sa captivité dure 42 mois[19]. Grâce à l'envoi anonyme à son intention de journaux allemands de sport, il rédige et envoi à L'Auto des articles[20]. Libéré en , il reprend sa rubrique athlétisme à L'Auto dès et, après la libération de Paris, travaille pour L'Ordre qu'Émile Buré vient de relancer, étant en charge des rubriques athlétisme et rugby et écrivant ses articles sous le nom de Jean Savignac[21].
Après la Libération, il entre dans le nouveau quotidien sportif Élans ()[22]. Son éditorial du premier numéro est cinglant en pointant notamment les carences de la presse sportive d'avant-guerre, et, déjà, du poids des médias dans la société : « Si les colonnes des journaux avaient été consacrées au bilboquet, il n'est pas douteux que le bilboquet serait aujourd'hui le premier sport français. »[23]. Après 77 numéros publiés, le journal fusionne avec L'Équipe le 17 juin 1946, et Gaston Meyer rejoint la rédaction de l'héritier de L'Auto[23],[24]. Il est directeur en chef adjoint de L'Équipe de 1947 à 1956, puis rédacteur en chef dudit quotidien de 1956 à 1970[6]. Il y crée notamment les Cahiers de L'Équipe.
Gaston Meyer est l'auteur de plusieurs ouvrages de référence sur l'athlétisme tels L'athlétisme (1966) ou Le grand livre de l'athlétisme français (1975).
Promu officier de la Légion d'honneur en 1971[25], lauréat de l'Académie des sports, il reçoit le titre de « Gloire du sport » attribué par la Fédération des internationaux du sport français[2].
En 1978, il publie ses Mémoires sous le titre Les Tribulations d'un journaliste sportif[26], qui reçoit la même année le Grand Prix Sport et Littérature.
Dans ses Mémoires, Gaston Meyer observe que « le chiffre 7 a constamment gouverné sa vie ». Il a 7 ans quand sa grand-mère, en 1912, meurt, ce qui oblige ses parents à le placer en pension. 7 ans plus tard, en 1919, son père meurt. 7 ans plus tard, en 1926, il entre dans la vie active. 7 ans plus tard, en 1933, il est engagé à l'Auto. 7 ans plus tard, en 1940, il devient prisonnier de guerre. 7 ans plus tard, en 1947, il devient rédacteur en chef adjoint de l'Équipe[6]. Il écrit et publie ses Mémoires en 1978 et meurt 7 ans plus tard en 1985.
Notes et références
- ↑ « Acte de naissance n° 4 », Archives départementales de la Dordogne (consulté le )
- 1 2 Monique Berlioux, Serge Laget et Eric Lahmy, Gloires du sport, Biarritz, Atlantica, , 269 p. (ISBN 978-2-758-80003-3, OCLC 690566623).
- ↑ Gaston Meyer 1978, p. 20 : « J'ai assez peu connu mon père, issu de ces familles alsaciennes qui avaient préféré quitter leur pays en 1871, plutôt que de subir le joug allemand. ».
- ↑ Gaston Meyer 1978, p. 17.
- ↑ Gaston Meyer 1978, p. 22.
- 1 2 3 Gaston Meyer 1978, p. 11.
- 1 2 Gaston Meyer 1978, p. 37.
- ↑ Gaston Meyer 1978, p. 39.
- ↑ Gaston Meyer 1978, p. 88-89.
- ↑ Gaston Meyer 1978, p. 42.
- ↑ Gaston Meyer 1978, p. 89-90.
- ↑ Gaston Meyer 1978, p. 11-12.
- ↑ Gaston Meyer 1978, p. 47-56.
- ↑ Gaston Meyer 1978, p. 71-72 : « Un beau jour de mai 1933, je recevais une convocation téléphonique émanant d'Henri Desgrange, directeur omnipotent de l'Auto… (…) C'est ainsi que je devins chef de la rubrique athlétisme de l'Auto. ».
- ↑ Gaston Meyer 1978, p. 91-92.
- ↑ Gaston Meyer 1978, p. 97-103.
- ↑ Gaston Meyer 1978, p. 103-108.
- ↑ Gaston Meyer 1978, p. 110.
- ↑ Gaston Meyer 1978, p. 10-11 : « Bien plus tard, en Thuringe, un cauchemar hantait la plupart de mes sommeils de prisonnier de guerre (…) Une cure de 42 mois dans les camps de prisonniers en Allemagne ».
- ↑ Gaston Meyer 1978, p. 111.
- ↑ Gaston Meyer 1978, p. 118 : « À cette époque, je collaborais également à l'Ordre, journal politique d'Émile Buré, personnage légendaire. J'y traitais d'athlétisme et aussi de rugby, sous le nom de Jean Savignac. Mais les journaux d'opinion étaient d'ores et déjà condamnés. ».
- ↑ Gaston Meyer 1978, p. 124 : « J'avais donc accepté sans hésiter la responsabilité rédactionnelle d'Élans. ».
- 1 2 coll., L'Équipe, 50 ans de sport, Paris, Calmann-Lévy/L'Équipe, 1995, p. 18 (ISBN 2-702-12484-4).
- ↑ Gaston Meyer 1978, p. 126 : « L'accord de fusion signé séance tenante sur la base des ventes respectives qui étaient alors de 55 % pour l'Équipe et de 45 % pour Élans ».
- ↑ France Football Officiel, .
- ↑ Gaston Meyer, Les Tribulations d'un journaliste sportif, Paris, J.C. Simoën, , 208 p. (OCLC 461620390).