Genocost

génocide pour des gains économiques en RDC From Wikipedia, the free encyclopedia

Le terme Genocost signifie génocide pour des gains économiques. L’expression désignant le coût humain, social et économique des conflits armés liés à l’exploitation des ressources naturelles en République démocratique du Congo a été reprise dans le cadre légal national. La loi n° 22/065 du 26 décembre 2022 a notamment institué le Fonds national des réparations (FONAREV), chargé d’accompagner les victimes de violences sexuelles liées aux conflits et d’autres crimes graves. Ce concept est également porté par des organisations de la société civile qui militent pour la reconnaissance officielle et la réparation des souffrances subies par des millions de personnes.

Date
VictimesPopulation congolaise
TypeAccusation de Génocide pour des gains économiques
Auteurs présumésOuganda, Rwanda, Burundi
Faits en bref Date, Victimes ...
Genocost
Image illustrative de l’article Genocost

Date
Victimes Population congolaise
Type Accusation de Génocide pour des gains économiques
Auteurs présumés Ouganda, Rwanda, Burundi
Guerre
Coordonnées 4° 20′ 00″ sud, 15° 18′ 03″ est
Géolocalisation sur la carte : République démocratique du Congo
(Voir situation sur carte : République démocratique du Congo)
Genocost
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Contexte

En , après le génocide des Tutsi au Rwanda, entre 1 million[1] et 1,4 million[2] de réfugiés, majoritairement Hutus[1], dont certaines forces responsables des massacres : les miliciens Interahamwe, les membres du gouvernement génocidaire et les anciennes Forces armées rwandaises (ex-FAR)[3], s'installent dans l’est du Zaïre, actuellement connu sous le nom de République démocratique du Congo. Leur arrivée déstabilise fortement la région, entraînant une montée des tensions ethniques et de violents affrontements entre milices, réfugiés et communautés locales. Cette situation provoque l’effondrement des infrastructures et expose aussi bien les réfugiés que les populations congolaises à la faim et aux épidémies[4],[5].

La première guerre du Congo (1996-1997) voit l’Alliance des forces démocratiques pour la libération du Congo (AFDL), menée par Laurent-Désiré Kabila et soutenue par le Rwanda et l’Ouganda, renverser Mobutu Sese Seko après 32 ans de pouvoir. Le conflit provoque le déplacement de millions de personnes, ainsi que des destructions massives d’infrastructures civiles. Des dizaines de milliers de civils périssent, principalement en raison des maladies et de la malnutrition[4].

En 1998, l’expulsion des troupes rwandaises et ougandaises par Laurent-Désiré Kabila déclenche une nouvelle guerre en République démocratique du Congo, impliquant neuf pays africains et plusieurs groupes rebelles, connue sous le nom de Grande guerre africaine. Ce conflit a eu un impact humanitaire catastrophique, causant selon un rapport de l'International Rescue Committee environ 5,4 millions de morts[note 1], principalement à cause de maladies et de la famine[6]. Les populations civiles ont été particulièrement touchées, victimes de violences extrêmes, de massacres, de déplacements massifs et de viols systématiques, documentés par des organisations internationales comme Human Rights Watch et les Nations unies, qui ont signalé l’usage des viols comme arme de guerre[7]. Les exactions commises par les belligérants durant cette période sont documentées dans le rapport du projet Mapping[note 2], mais n'ont jamais été jugées[9].

En , un accord de cessez le feu de Lusaka est signé en République de Zambie dans le but de mettre fin à la deuxième guerre du Congo. Cet accord prévoit le retrait des forces étrangères présentes sur le territoire congolais et établit un cadre pour un gouvernement de partage du pouvoir impliquant les dirigeants congolais, l’opposition politique ainsi que les principaux groupes rebelles : le Rassemblement congolais pour la démocratie (RCD), soutenu par le Rwanda, et le Mouvement de libération du Congo (MLC), soutenu par l’Ouganda.

Malgré sa signature, le pays demeure largement divisé et instable. La violence perdure, empêchant le retour des populations déplacées, et les groupes armés continuent de contrôler de vastes zones dans l’est de la RDC, limitant l’efficacité de l’accord et maintenant une trêve fragile[4],[10].

Historique

Le terme Génocost né à Londres, en 2013, sous la plume d'un activiste du CAYP, la plateforme d'action de la jeunesse congolaise dans le sillon de publication du rapport Mapping, un rapport de l'ONU, qui documente l'ampleur des crimes commis dans l'est congolais depuis 1996 et pointe la responsabilité de plusieurs pays voisins : Ouganda, Rwanda, Burundi. Emerge alors l'idée d'un peuple congolais victime de l'appétit de ses voisins pour les richesses de son sous-sol, ses ressources minières donc, et d'une logique de prédation qui plonge ses racines jusqu'à la colonisation. Rapidement, la société civile congolaise s'en empare.

C'est une combinaison des mots génocide et cout, expliquant ainsi la nature économique du génocide en RDC. Dans l'histoire du génocide en République démocratique du Congo, les conflits actuels, qui ont couté la vie à plus de 6 millions de personnes, ne sont pas les premiers du genre. Selon des historiens comme Adam Hochschild et Isidore Ndaywel è Nziem, pendant le règne colonial du roi Léopold II (1885-1908), environ 10 à 13 millions de congolais ont été tués en raison de l'exploitation brutale du caouthchouc et d'autres ressources naturelles[11].

Combat pour la reconnaissance d'un génocide en RDC

Une place à Kinshasa est symboliquement rebaptisée place du Génocost. Des rassemblements y ont lieu chaque qui marque le début de la seconde guerre du Congo en 1998[12].Un mémorial a été inauguré à Kinshasa, composé de 93 stèles et d’une flamme éternelle, en hommage aux millions de victimes des conflits armés. Lors de la cérémonie de 2025, le président Félix Tshisekedi a appelé le Parlement à adopter une résolution reconnaissant officiellement les génocides commis sur le sol congolais. Le Fonds national des réparations (FONAREV) a indiqué avoir déjà identifié plus de 400 000 victimes, dans la perspective d’un mécanisme de réparation et d’un plaidoyer international pour la reconnaissance du Genocost comme génocide lié à l’exploitation des ressources naturelles[13].

Depuis 2013, la société civile congolaise se mobilise pour faire reconnaître le Genocost, terme désignant les crimes subis par le peuple congolais et leur coût humain et économique. En 2023, un mémorandum officiel, signé par plus de 60 organisations, a été remis aux autorités congolaises. Il appelle à : La reconnaissance légale du génocide congolais La justice, les réparations et la fin de l’impunité Une réforme juridique et l’appui de la communauté internationale[14]

La reconnaissance officielle et les actions de réparation sont des étapes essentielles pour empêcher la répétition de ces tragédies et pour honorer la mémoire des millions de victimes. Depuis 2023, année de sa première commémoration, La cérémonie du Génocost s'est imposée comme un évènement d'ampleur nationale, touchant profondément le cœur de nombreuses villes et localités à travers la République Démocratique du Congo, voire même à l'étranger, où dans de nombreuses grandes villes à l'instar de Paris, Bruxelles ou Londres, la diaspora congolaise organise des commémorations.

Notes et références

Voir aussi

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