George Baxter (imprimeur)
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George Baxter, né à Lewes le et mort à Londres en , est un graveur et imprimeur britannique d'origine anglaise. Il est considéré comme l'un des pionniers de l'impression en couleur qu'il tenta de développer à un stade industriel et commercialement rentable.
Originaire du Surrey, George Baxter est le second fils de l'imprimeur John Baxter (1781-1858). À 20 ans, Baxter illustre des livres imprimés par son père, notamment portant sur l'agriculture ; à 23 ans, il s’installe à Londres pour devenir apprenti chez Samuel Williams (1788-1853), graveur sur bois. En 1827, George fonde sa propre entreprise d'impression d'estampes et épouse Mary Harrild, fille de Robert Harrild, un ingénieur imprimeur, ami de son père. Baxter commence alors à expérimenter ses propres techniques d’impression en couleur à partir de blocs de bois ; sa première estampe en couleur connue, Butterflies (« Papillons »), est un bois gravé en couleurs publiée fin 1828[2], et bénéficie sans doute de la longue tradition déjà bien établie en Extrême-Orient, mais aussi de recherches menées au siècle précédent, entre autres par Jacob Christoph Le Blon, qui publia après 1720, son Coloritto, un essai qui connut alors à Londres une certain intérêt[1]. Au cours de cette même période, William Savage (1770-1843), imprimeur londonien originaire du Yorkshire, travaille sur l'impression en couleur et la conception d'encres spéciales, et publiera même en 1832 un important essai intitulé Printing Ink in various Colours[3].
Après une série de tentatives positives, Baxter dépose un brevet intitulé Patent No. 6916 – Improvements in Producing Coloured Steel Plate, Copper Plate and other Impressions (« Améliorations dans la production de plaques d'acier colorées, de plaques de cuivre et autres impressions ») qui décrit le procédé combinant gravure en creux et en relief qu'il continuera d'utiliser pendant les trente années suivantes. En 1837, il publie Pictorial Album; or, Cabinet of Paintings, un ouvrage contenant des dessins, exécutés à la couleur à l'huile d'après des tableaux originaux, avec des illustrations en vers et en prose, qui lui sert d'outil promotionnel. Le brevet était valable pour une durée de 14 ans ; après son renouvellement en 1849 pour cinq années supplémentaires, il commence à vendre des licences d'utilisation de son procédé d'impression à d'autres entreprises d'imprimerie.
Baxter s'est également attelé à perfectionner l'impression lithographique en couleur, un procédé qu'il appelle oleography[4].
Les estampes de Baxter portent la mention « Imprimé à l'huile et publié par G. Baxter, titulaire du brevet, 11, Northampton Square » ou « Baxter Patent Oil Printing 11 Northampton Square ». Le siège du 11 Northampton Square, à Clerkenwell, Londres, resta le domicile et l'atelier de Baxter de 1844 à 1860. Une blue plaque est apposée sur le bâtiment actuel à cette adresse[5].
Malgré son excellence technique et la popularité générale de ses estampes, l'entreprise de Baxter ne fut en réalité jamais rentable : son procédé était laborieux et il est probable que son perfectionnisme l'ait empêché de terminer à temps nombre de commandes. En 1860, il organise une vente de tout son stock et de son matériel, dont la majeure partie ne trouva pas preneur. Baxter est déclaré en faillite en 1865, ayant servi de garant à un ami débiteur devenu insolvable. Il meurt en , des suites d'un accident d'omnibus deux mois auparavant. Finalement, son fils, George Baxter junior vend ses plaques et ses blocs à l'imprimeur Vincent Brooks et Abraham Le Blond de la société Le Blond & Co., qui republie par la suite certaines de ses estampes. Dans les années 1870, la chromolithographie supplante le procédé Baxter.
On estime que Baxter a imprimé à lui seul plus de vingt millions d'estampes au cours de sa carrière.
Galerie
- The Pictorial Album; or, Cabinet of Paintings, couverture (1837), British Library[6].
- Ilustration tirée de China: Its State and Prospects par Walter Henry Medhurst (Londres, John Snow, 1838).
- Page extraite de The Sunday at Home (1880), imprimée à Londres par Joseph Martin Kronheim sous procédé Baxter.
Le procédé Baxter
Le procédé Baxter pour la production d'estampes en couleurs combinait les techniques d'impression en relief et en creux. Une matrice était préparée, généralement en acier, par une combinaison de gravure, de pointillé, d'eau-forte et d'aquatinte. Baxter semble également avoir utilisé occasionnellement la manière noire et la lithographie pour créer sa matrice. Cette dernière définissait les contours principaux de l'image et une grande partie des tons, des lumières et des ombres. Elle était généralement imprimée dans une teinte neutre, comme le gris clair ou le terracotta. Souvent, Baxter utilisait plusieurs couleurs pour encrer la plaque matrice – par exemple, pour créer un dégradé de bleu dans le ciel, de beige au second plan et d'une couleur plus foncée au premier plan ; autrement dit, il encrait la plaque à la poupée. Baxter utilisait généralement l'aquatinte pour les paysages et le pointillé pour les visages et les figures.
Après l'impression de la plaque principale, des blocs étaient préparées, généralement en bois, mais aussi en zinc ou en cuivre, à partir des empreintes de cette plaque. On préparait généralement un bloc par couleur, bien que parfois deux couleurs ou plus, ou des teintes, fussent incluses sur le même bloc, ce qui nécessitait un encrage manuel de chaque zone. Chaque couleur était appliquée et laissée sécher avant l'ajout de la suivante. On pense que Baxter commençait l'impression par une teinte bleue, puis progressait à travers les autres couleurs dans un ordre prédéterminé ; tous les blocs étaient numérotées séquentiellement et étiquetées avec la couleur à utiliser. Il arrivait que jusqu'à 24 couleurs différentes soient utilisées, bien que dix puisse être considéré comme un nombre moyen. Baxter obtenait un repérage précis en fixant l'impression sur un certain nombre de pointes, sur lesquelles les blocs s'emboîtaient également.
On pense que Baxter utilisait parfois la coloration à la main pour les finitions – par exemple, des touches de rouge supplémentaires sur les lèvres des bouches, des reflets blancs éclatants sur les bijoux. On pense également que Baxter appliquait occasionnellement un glacis par une étape d’impression supplémentaire sur l’ensemble de l’image, composé de son vernis habituel auquel on ajoutait un siccatif durcissant pour le rendre insoluble dans l’eau. Le plus souvent, on pense que Baxter glaçait sélectivement à la main certaines zones de l’estampe à l’aide d’un glacis composé de gomme arabique, de blanc d’œuf et de savon de Castille.