George Hunter (photographe)

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Naissance

Regina (Saskatchewan)
Décès

Mississauga (Ontario)
Nationalité
Canadienne
Activité
Photographe
George Hunter
George Hunter à son domicile de Mississauga
Naissance

Regina (Saskatchewan)
Décès

Mississauga (Ontario)
Nationalité
Canadienne
Activité
Photographe
Distinction
Académie royale des Arts du Canada
Site web
Compléments
A créé la Fondation canadienne de la photographie du patrimoine

George Hunter, né en 1921 à Regina (Saskatchewan) et décédé le à Mississauga (Ontario), est un photographe canadien. Sa carrière s’étend sur quelque soixante-dix ans au cours desquels il a voyagé à travers toutes les provinces du Canada et a rapporté des photos de plus d’une centaine de pays, dont un grand nombre prises du haut des airs. Ses photos apparaissent dans nombre d’atlas, manuels, encyclopédies et magazines, faisant de lui un des photographes les plus publiés au Canada. Elles se retrouvent dans les galeries, musées et archives publiques, de même que sur des billets de banque et un timbre du pays[1]. Il est l’un des premiers photographes à avoir été fait membre de l’Académie royale des arts du Canada et créa la Fondation canadienne de la photographie du patrimoine[2].

Né à Regina (Saskatchewan) en 1921 peu avant la Grande Dépression, George, encore adolescent, déménagea avec sa famille à Winnipeg. En 1937, il fut choisi par ses camarades de classe pour représenter son école secondaire lors du couronnement du roi George VI à Londres. Il acheta pour l’occasion une caméra Voigtländer Bessa avec laquelle il documenta son voyage; de retour au pays il développa ses photos pour illustrer des conférences et réussit à vendre sa première photo, celle d’un cheval dans un champ; ce fut le début de sa carrière de photographe[3],[4].

De son excursion en Grande-Bretagne, complétée par un tour de l’Irlande à bicyclette, il rapporta le gout des voyages. S’inspirant des images d’Eugène Adget et de Henri Cartier-Bresson, il se mit à photographier les alentours de Winnipeg et, pendant les vacances, se rendit (toujours à bicyclette) jusqu’à Minneapolis aux États-Unis et à Kenora au Canada. Après ses études, il se lia avec Nicholas Morant et Harry Rowed, deux photographes professionnels documentant la construction du chemin de fer. Leur enthousiasme et un bref stage dans un laboratoire photographique lui permirent de constater qu’il n’était pas fait pour une vie sédentaire. La Deuxième Guerre mondiale allait commencer. Réformé pour raisons médicales, il trouva un emploi au Winnipeg Tribune où la devise était : « Si vous ne parvenez pas à prendre la photo demandée par l’éditeur, ne vous donnez pas la peine de revenir au travail »(Notre traduction)[3].

Après deux ans à ce quotidien, il travailla de 1945 à 1950 pour l’Office national du film du Canada (ONF). Sans quitter Winnipeg, il suggérait des affectations au bureau-chef d’Ottawa, ce qui lui permit entre autres d’être désigné comme photographe officiel du Canada aux Nations-Unies et, en 1946, d’être envoyé dans l’Arctique documenter le mode de vie traditionnel des Inuits. C’est au cours de cette période qu’il acquit son brevet de pilote[3],[5],[4].

La guerre terminée, il démissionna de son poste à l’ONF et s’installa à son compte faisant de nombreuses missions pour divers clients comme De Havilland ou Time Magazine. Il acheta un avion pour pouvoir prendre des photos aériennes, ce qui lui permit de recevoir un contrat du magazine Time-Life en 1954 pour un reportage intitulé The U.S. after Dark (Les É.U.A., la nuit). Ce reportage, jugé impossible à réaliser par les spécialistes du magazine mais qui devait s’étendre sur douze pages, longueur exceptionnelle à l’époque, lui valut les éloges d’une « Lettre de l’éditeur »[6],[7]. De cette période datent nombre de photographies aériennes de paysages canadiens dont certaines, en format géant (près de 10 mètres), furent présentées dans quatre pavillons canadiens lors de l’Exposition Universelle de Montréal en 1967 (Ouest canadien, Ontario, Québec et pavillon fédéral)[3].

Vers le milieu de la décennie 1960, il vendit son avion pour acheter un autobus, lequel, une fois modifié et avec l’ajout d’une échelle ajustable sur le toit ainsi que d’une motocyclette amarrée à l’arrière, lui servit de logis, de bureau et de laboratoire. Pendant dix ans il devait s’en servir pour visiter plusieurs fois toutes les provinces, se rendant jusqu’au Yukon et en Alaska[3]. Hunter devait aussi voyager pendant des décennies dans quelque 135 pays à travers le monde, en Amérique aussi bien qu’en Asie (avec une prédilection pour l’Afghanistan), en Afrique et même au Pôle nord en mission pour De Havilland qui voulait garder le souvenir de l’atterrissage de leur Dash 8 lors de l’expédition Lomonosov en 1979[3],[4].

Après une longue carrière « qui lui permit de se sentir aussi bien chez lui à Vancouver et à Halifax qu’à Winnipeg, Toronto ou Ottawa, »[3], George Hunter décida de prendre sa retraite à Mississauga (Ontario) où il devait s’éteindre le [3].

Œuvre

Billet de banque de 5$ émis en 1972 reproduisant une photo de George Hunter (Musée de la Banque du Canada).

Son passage à l’Office national du film de 1945 à 1950 permit à George Hunter de faire de nombreux voyages à travers le Canada et de se spécialiser non seulement dans la photographie de paysage, mais également dans la photographie documentaire, grâce notamment à un voyage au cours de l’été et de l’hiver 1946 dans le Grand Nord canadien qui devait le marquer en lui permettant de photographier la vie des Inuits de cette région avant que leur mode de vie ne change drastiquement au début des années 1950. Ce reportage photographique devait, selon ses dires, constituer l’un des moments les plus forts de sa carrière[8].

Une de ses spécialités fut la photographie aérienne. Dès son premier voyage à Londres, il prit ses premières photos du haut des airs par la fenêtre d’un autogyre[5]. Ayant déjà pris des leçons de pilotage, il s’empressa, immédiatement après avoir quitté l’ONF le , d’acheter un avion usagé Piper Clipper quatre places dont il fit modifier la porte pour qu’elle puisse coulisser et lui permette de prendre des photos dans les airs. En arrêtant le moteur en plein vol et utilisant une très petite ouverture, il parvint à réaliser le célèbre reportage que les quarante-six reporters-photographes de Time-Life avaient jugé impossible[3],[5]. Il devait vendre le Piper en 1956 pour acheter un Cessna dont la porte fut modifiée cette fois pour s’accrocher sous l’aile et permettre la prise de photos. Il devait en résulter de nombreuses aventures comme de se retrouver éjecté dans les entretoises de l’avion lorsque le pilote, survolant Edmonton dans un avion Aeronca dont la porte avait été ouverte, fit une brusque embardée pour éviter de frapper un oiseau en plein vol[3],[4].

Dans les années qui suivirent et cette fois avec son autobus transformé il devait parcourir toutes les provinces canadiennes, décrochant plusieurs contrats de l’industrie minière jusqu’à ce le tollé contre les dommages causés à l’environnement par les mines à ciel ouvert mette fin aux contrats de ces compagnies. Il se tourna alors vers la photographie de tourisme et la publicité qui lui donnèrent l’occasion de visiter nombre de pays dont l’Afghanistan (pour lequel il aura une prédilection particulière y allant à trois reprises en 1975, 1977 et 1979 avant l’invasion russe). Sur terre comme dans les airs, il devait en rapporter un lot d’aventures comme d’être chassé d’un village algérien par des paysans armés de fusils et de pelles qui refusaient d’être photographiés[3].

Si George Hunter lui-même n’atteignit pas la notoriété publique, ses images furent publiées dans nombre de magazines, atlas ou manuels spécialisés. Trois de ses images furent choisies par la Banque du Canada pour le verso de ses billets de 5 $, 10 $ et 50$ dans la série « Scènes du Canada » émis dans les années 1970. L’image du navire à moteur BCP 45 dans le Détroit de Johnstone (Colombie-Britannique) qui servit alors pour le billet de banque avait déjà fait l’objet de la couverture du magazine Toronto Star’s de fin de semaine ainsi que du Weekly Star en 1958[9]. Une autre de ses photographies, celle de l’aéroport international de Toronto, fit partie des témoignages gravés sur le disque d'or de Voyager (le Voyager Golden Record) faisant partie du contenu des deux sondes spatiales Voyager lancées en 1977 et destinées à renseigner d’éventuels autres habitants de l’espace sur la vie sur terre[4]. C’est également l’une de ses photos d’un petit village au milieu des Prairies canadiennes qui servit de motif au timbre de 17 cents émis en 1980 par Postes Canada lors de la célébration du soixante-quinzième anniversaire de la création de la province d’Alberta[10].

Expositions

George Hunter a fait l’objet de peu d’expositions au cours de sa carrière. Homme d’action, il préférait le respect de ses pairs à la notoriété publique et voulait que ses images se retrouvent là où elles pourraient être vues par le maximum de personnes. C’est ainsi que plutôt que de laisser l’ensemble de son œuvre à une seule institution, il la répartit là où il jugeait qu’elle serait le plus utile[4].

  • 2007 : The Mackenzie River, The Prince of Wales Northern Heritage Centre, Yellowknife (Territoires du Nord-Ouest)
  • 2006: George Hunter’s Canada: 1945 - 1955, The Mississauga Art Gallery, Mississauga (Ontario)
  • 2006: Inuit of the High Arctic - 1946, Stone Fish Gallery, Calgary (Alberta)
  • 2005: Not only Gold, Prince of Wales Northern Heritage Centre, Yellowknife (Territoires du Nord-Ouest)
  • 2005: George Hunter’s Canada, The Las Vegas Art Museum, Las Vegas (E.U.A.)
  • 1972: People of many Lands, Office national du film, Ottawa (Ontario)

Œuvres dans des collections publiques

Par contre, ses photographies se retrouvent dans de nombreuses collections publiques.

  • The Rooms Provincial Art Gallery,
  • Art Gallery of Nova Scotia,
  • Sherman Hines Photography Museum,
  • New Brunswick Museum,
  • Confederation Centre Art Gallery,
  • Centre canadien d’architecture,
  • Musée McCord,
  • Musée des beaux-arts de Montréal,
  • Centre d’histoire de Montréal,
  • Musée canadien de la civilisation,
  • North Shore Regional Museum,
  • Musée canadien de la photographie contemporaine,
  • Bibliothèque et Archives Canada,
  • Musée du Portrait du Canada,
  • Art Gallery of Ontario,
  • Robarts Library (University of Toronto),
  • Mississauga Art Gallery,
  • Manitoba Museum (HBC Collection),
  • Winnipeg Art Gallery,
  • Moose Jaw Museum and Art Gallery,
  • Whyte Museum of the Rockies,
  • Atlas Coal Mines National Historic Park,
  • Vancouver Art Gallery,
  • Art Gallery of Greater Victoria,
  • Royal British Columbia Museum,
  • Maritime Heritage Centre,
  • N.W.T. Mining Heritage Society,
  • Prince of Wales Northern Heritage Centre,
  • MacBride Museum, Barbados Museum and Historical Society,
  • Workers Arts and Heritage Centre.

Honneurs et récompenses

George Hunter, tiré de The Canadian Heritage Photography Foundation

George Hunter fut l’un des premiers photographes canadiens à être admis à l’Académie royale des arts du Canada en 1977. L’année suivante il fonda la Canadian Heritage Photography Foundation (Fondation canadienne pour la préservation de l’héritage photographique) dont le but était de collectionner, de sauvegarder, de numériser et d’archiver l’héritage photographique canadien pour le rendre accessible aux étudiants, chercheurs et à la communauté[11]. En 2001, la Canadian Association of Photographers and Illustrators lui remit un prix pour l’ensemble de sa carrière[4].

Notes et références

Bibliographie

Voir aussi

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