George Wolfe Plank
illustrateur américain
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Biographie

George Wolfe Plank naît en 1883 dans une famille pauvre près de Gettysburg, en Pennsylvanie. Après le décès de sa mère, il est élevé par ses grands-parents à Bendersville. Alors qu'il travaille dans des usines et des magasins, il apprend à dessiner et à peindre en autodidacte[1].
En 1907, il s'installe à Philadelphie et commence à éditer The Butterfly Quarterly avec Margaret H. Scott, Alice Smith et Amy Smith[1]. De 1911 à 1936, il travaille pour l'édition britannique de Vogue et ses illustrations ornent les couvertures des éditions américaine et britannique. En 1914, il part pour la Grande-Bretagne avec deux amis, James et Mildred Whitall, et se lie d'amitié avec d'autres modernistes, comme Hilda Doolittle (H.D.)[2].
En 1915, Plank rencontre E.F. Benson, avec qui il noue une relation intense. Ni Plank ni Benson ne se déclare publiquement homosexuel. Cependant, leur correspondance et leurs journaux intimes ne laissent pas de doute quant à leur orientation sexuelle. Ils vivent ensemble, se présentent comme un couple dans leurs cercles sociaux, et Plank se lie également d'amitié avec Mary Benson, la mère d'E.F. Benson[3]. En 1916, il illustre la couverture du dernier livre d'E.F. Benson, The Freaks of Mayfair[2].
Il réalise d'autres illustrations pour les livres de ses amis, comme Genesis de Lady Wellesley et Hedgehog de HD. Il travaille également dans la production théâtrale et la conception de costumes, la propagande pendant la Première Guerre mondiale et la cartographie, ainsi que la création de tissus, de décorations, de papeterie et de jouets[1].
Jusqu'en 1920, date à laquelle leur relation prend fin brutalement, Plank et Benson passent du temps ensemble à Londres et dans la villa de Benson dans le Sussex, l'ancienne maison d'Henry James[3]. En 1927, Plank emménage dans une maison conçue pour lui par Edwin Lutyens[2].
Pendant la Seconde Guerre mondiale, Plank s'engage dans la Home Guard et souffre d'hyperthyroïdie. Il devient citoyen britannique en 1945 et meurt la même année dans une maison de retraite du Sussex[1].
Style
L'œuvre de Plank est comparée à celle d'artistes tels qu'Arthur Rackham, Edmond Dulac, Alphonse Mucha et Gustav Klimt. Elle se caractérise par de larges aplats de couleurs vives qui mettent en valeur les volumes et les silhouettes de ses personnages. Sa composition est claire et simple, malgré la profusion de détails vestimentaires. Plank fait son entrée chez Vogue avec un style déjà bien affirmé et travaille pendant plusieurs années sans véritable rival, jusqu'à ce que le travail d'Helen Dryden (en) atteigne sa pleine maturité et qu'elle devienne l'une de ses plus importantes collègues. Il est également émulé par le travail de Georges Lepape et Frank Xavier Leyendecker[4],[5]. William Packer décrit la mode chez Plank comme « idéaliste, bizarre et improbable, à la fois audacieuse, romantique, et empreinte de nostalgie »[6].
Ce style même est qualifié de « queer » par Christopher Reed, qui comprend le terme « au sens le plus large, pour désigner une attitude qui prend plaisir à déstabiliser les hiérarchies institutionnelles ». L’esprit queer de l'édition britannique de Vogue atteint son apogée sous la direction de Dorothy Todd, rédactrice en chef de 1922 à 1926. Cependant, dès 1917, l’art de Plank remet déjà en question les normes artistiques ainsi que les constructions sociales hétérosexuelles et cisgenres. Il dessine des proportions corporelles « étiolées » vêtues de manière extravagante, dans une atmosphère inspirée de la décadence fin-de-siècle. Selon Dominic Janes, « son style est entièrement axé sur l’artificialité et la performativité »[2]. Ce que certains qualifient de « camp », d’autres le perçoivent comme « néo-rococo »[7].