Edward Frederic Benson
écrivain britannique
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Edward Frederic Benson (Wokingham, Berkshire, - Londres, ), plus souvent désigné comme E. F. Benson, est un archéologue et romancier britannique connu pour son apport au genre fantastique.
Wokingham, Berkshire, Royaume-Uni
Londres, Royaume-Uni
| Nom de naissance | Edward Frederic Benson |
|---|---|
| Naissance |
Wokingham, Berkshire, Royaume-Uni |
| Décès |
(à 72 ans) Londres, Royaume-Uni |
| Activité principale |
| Langue d’écriture | Anglais britannique |
|---|---|
| Genres |
Œuvres principales
- La Chambre dans la tour (1912)
- Queen Lucia (1920)
Biographie

Jeunesse
Edward Frederic Benson est le fils de Mary Sidgwick, proclamée « femme la plus intelligente d'Europe »[1] et d'Edward White Benson (1829-1896), archevêque de Cantorbéry[2].
Il appartient à une fratrie de six enfants, dont :
- Arthur Christopher Benson (1862-1925), auteur des paroles de l'hymne Land of Hope and Glory sur une musique d'Edward Elgar, et directeur de Magdalene College (Cambridge).
- Margaret Benson (1865-1916), autrice et égyptologue amateure.
- Robert Hugh Benson (1871-1914), proche du mouvement d'Oxford, converti au catholicisme et romancier[1].
La famille Benson est « étonnamment queer » : aucun des enfants de ne marient[1],[3], leur mère fait emménager son amante, Lucy Tait, dans la maison familiale[4] et l'homosexualité d' E.F. Benson et ses adelphes est constatée[2],[4]. La fratrie est également disposée à la dépression et à la graphomanie[1].
Edward Frederic Benson fait ses études au Marlborough College et à Cambrige où l'écriture et l'archéologie sont ses centres d'intérêt, et obtient son diplôme en 1891[1],[2]. Cette période de sa vie est marquée par des relations passionnelles qu'il décrit dans ses journaux[4]. Par la suite, elle lui inspire plus tard son roman David Blaize (1916), emprunt d'homoérotisme[2]. Dans le contexte répressif de l'Angleterre, il ne fait jamais état publiquement de son homosexualité[3], bien que sa famille parle ouvertement de sa préférence pour la « compagnie des hommes »[4]. Son homosexualité ne fait plus de doute aujourd'hui[5].
Âge adulte
Benson est un athlète accompli. Il pratique le patinage artistique de haut niveau, ce qui lui permet de représenter son pays dans des compétitions internationales. Il aime la compagnie des hommes, n'apprécie pas les femmes et a plusieurs amis homosexuels[2] comme Romaine Brooks et Somerset Maugham[3].
Pendant quelques années, il partage avec John Ellingham Brooks, un homosexuel notoire[1],[6], une villa d'été à Capri avant la Première Guerre mondiale. La villa attire les jeunes hommes gay de toute l'Europe[2].
Il vit en Grèce et en Égypte durant la majorité des années 1890[1], puis il emménage dans le West End à Londres[2]. En 1915, il rencontre George Wolfe Plank avec qui il a une relation épistolaire marquée par de nombreux codes queer emblématiques de l'époque avant d'entrer dans une relation vraisemblablement amoureuse[4]. Mary, la mère d'E.F. Benson, s'émerveille de leur relation et accueille George à bras ouverts[4].
À partir de 1919, et pour une longue période de sa vie, Benson habite Lamb House, l'ancienne maison de Henry James dans le village de Rye, Sussex de l'Est[1]. George Plank emménage avec lui jusqu'à leur rupture en 1920[4]. Edward Frederic Benson devient maire de Rye entre 1934 et 1937[2]. À la fin de sa vie, il devient proche de son valet, Charlie Tomlin[4].
Il meurt d'un cancer de la gorge en 1940, à l'University College Hospital de Londres.
Carrière
Archéologie
Entre 1892 et 1895, Benson E.F. Benson est membre de la British School at Athens. En cette qualité, il participe au chantier d'excavation des fondations du Thersilion à Mégalopolis[1].
En 1893, le considérable succès rencontré par son premier roman, Dodo: A Detail of the Day, l'empêche d'obtenir un poste pérenne dans le domaine de l'archéologie en raison du caractère polémique du texte[1].
En 1895 il appartient aussi à la Society for the Promotion of Hellenic Studies (« société de promotion des études hellénistes ») d'Égypte[2]. Entre 1894 et 1896 il dirige un chantier archéologique à Alexandrie subventionné par Cambrige, puis accompagne sa sœur Margaret Benson qui dirige les excavations du temple de Mut à Karnak[1]. En 1897 il s'installe de nouveau en Grèce où il travaille avec la Fondation des réfugiés présidée par le duc de Westminster[1].
Pendant la Première Guerre mondiale il est propagandiste en Turquie, en Italie et en Pologne[1].
Littérature

E.F. Benson décide de s'adonner sérieusement à la littérature en 1895, et devient un auteur prolifique[1]. Il publie des biographies mais est surtout connu pour ses romans, dont 70 sont publiés[2]. Le Cycle de Mapp et Lucia est particulièrement apprécié, et deux de ses romans sont parfois qualifiés de policiers : Le Talisman des Vail (1929) et The Blotting Book (1908)[7],[8]. Il demeure surtout connu pour ses oeuvres fantastiques, genre qu'il aborde dès 1895 avec The Judgement Books et auquel il consacre la plus grande partie de son œuvre.
Il fait publier plusieurs recueils de nouvelles qu'il appelle des « histoires de fantôme »[9]. L'analyse de ces nouvelles fait ressortir une misogynie très marquée : il préfère les protagonistes célibataires ou dans un mariage malheureux dont la vie est déraillée par des apparitions maléfiques et cruelles, souvent féminines[9]. Les thèmes religieux et spirituels sont également omniprésents dans ses écrits de fiction[9].
À partir des années 1920 il intègre de plus en plus dans ses romans des thèmes homoérotiques, qui ne sont pas exactement des défenses ou des apologies mais ils remettent en question le conservatisme pudique de l'époque victorienne et contemporaine. Parmi les plus importants sont cités Colin (1923), Colin II (1926), The Inheritor (1930), The Life of Alcibiades (1928) et Phar isees and Publicans (1926)[4].
Œuvre
Romans
Série Mapp et Lucia
- Queen Lucia (1920) Publié en français sous le titre Queen Lucia, Paris, Salvy, 1990 ; réédition, Paris, 10/18 no 2701, 1996
- Miss Mapp (1922) Publié en français sous le titre Miss Mapp, Paris, Salvy, 1992 ; réédition, Paris, 10/18 no 2759, 1996
- Lucia in London (1927) Publié en français sous le titre Lucia à Londres, Paris, Salvy, 1991 ; réédition, Paris, 10/18 no 2702, 1996
- Mapp and Lucia (1931) Publié en français sous le titre Mapp et Lucia, Paris, Salvy, 1993 ; réédition, Paris, 10/18 no 2855, 1997
- Lucia's Progress (1935) Publié en français sous le titre La Gloire de Lucia, Paris, Salvy, 1994 ; réédition, Paris, 10/18 no 2892, 1997
- Trouble for Lucia (1939)
Autres romans
- Dodo: A Detail of the Day (1893)
- The Rubicon (1894)
- The Judgement Books (1895)
- Limitations (1896)
- The Babe, B.A. (1897)
- The Money Market (1898)
- The Vintage (1898)
- The Capsina (1899)
- Mammon and Co. (1899)
- The Princess Sophia (1900)
- The Luck of the Vails (1901) Publié en français sous le titre Le Talisman des Vail, Paris, Librairie des Champs-Élysées, Le Masque no 38, 1929
- Scarlet and Hyssop (1902)
- An Act in a Backwater (1903)
- The Book of Months (1903)
- The Relentless City (1903)
- The Valkyries (1903)
- The Challoners (1904)
- The Angel of Pain (1905)
- The Image in the Sand (1905)
- The House of Defence (1906)
- Paul (1906)
- Sheaves (1907)
- The Blotting Book (1908)
- The Climber (1908)
- A Reaping (1909)
- Daisy's Aunt (1910)
- The Osbornes (1910)
- Account Rendered (1911)
- Juggernaut (1911)
- Mrs. Ames (1912)
- Dodo's Daughter (1913)
- Thorley Wier (1913)
- The Weaker Vessel (1913)
- Arundel (1914)
- Dodo the Second (1914)
- The Oakleyites (1915)
- Mike (1916)
- David Blaize (1916)
- The Freaks of Mayfair (1916) (portraits)Publié en français sous le titre Snobs, Paris, Salvy, 1998 ; réédition, Paris, 10/18 no 3089, 1999
- An Autumn Sowing (1917)
- Mr. Teddy (1917)
- David Blaize and the Blue Door (1918)
- Up and Down (1918)
- Across the Stream (1919)
- Robin Linnet (1919)
- Dodo Wonders (1921)
- Lovers and Friends (1921)
- Peter (1922)
- "And the Dead Spake--" and The Horror Horn (1922)
- Colin: A Novel (1923)
- David of King's (1924)
- Alan (1924)
- Expiation (1924)
- Colin II (1925)
- Rex (1925)
- A Tale of an Empty House (1925)
- Mezzanine (1926)
- Pharisees and Publicans (1926)
- The Inheritor (1930)
- Secret Lives (1932)
- Travail of Gold (1933)
- Raven's Brood (1934)
Nouvelles et recueils de nouvelles
- Caterpillars (1912)
- The Room in the Tower (1912) Publié en français sous le titre La Chambre dans la tour, Paris, Librairie des Champs-Élysées, coll. Le Masque fantastique no 7, 1978Note : En lieu et place du recueil original, l'édition française propose sous ce titre un choix de dix nouvelles puisées dans quatre recueils différents : La Chambre dans la tour, Mrs Anworth, Et nul oiseau ne chante, Negotium perambulans, Home sweet home, Le Sanctuaire, Les Chenilles, La Maison du coin, Le Visage, Les Singes.
- The Countess of Lowndes Square, and Other Stories (1920)
- Visible and Invisible (1924)
- Spook Stories (1928)
- More Spook Stories (1934) :
- The Confession of Charles Linkworth (1938)
- The Return of Sherlock Holmes nouvelle coécrite avec E. H. Miles publiée dans The Mad Annual (1903) et traduite en français dans Les Avatars de Sherlock Holmes (Rivages/Noir Payot 2017)
Biographies et mémoires
- Sketches from Marlborough (1888)
- Winter Sports in Switzerland (1913)
- Crescent and Iron Cross (1918)
- Our Family Affairs, 1867–1896 (1920)
- Mother (1925)
- Sir Francis Drake (1927)
- The Life of Alcibiades (1928)
- As We Were: A Victorian Peepshow (1930)
- As We Are (1932)
- Charlotte Brontë (1932)
- King Edward VII (1933)
- The Outbreak of War, 1914 (1933)
- Queen Victoria (1935)
- The Kaiser and English Relations (1936)
- Charlotte, Anne and Emily Brontë (1936)
- Final Edition: Informal Autobiography (1940)