Ghazala

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Naissance
Après 632
MossoulVoir et modifier les données sur Wikidata
Décès

Koufa, Califat omeyyade (actuel Irak)
Nom dans la langue maternelle
غزالة
Activité
Ghazala
Biographie
Naissance
Après 632
MossoulVoir et modifier les données sur Wikidata
Décès

Koufa, Califat omeyyade (actuel Irak)
Nom dans la langue maternelle
غزالة
Activité
Conjoint

Ghazala (en arabe : غزالة, Ghazala?), dite « al-Haririyya » ou « al-Haruriyya », morte en à Koufa, est l'épouse de Shabib ibn Yazid al-Shaybani, chef de la rébellion kharidjite de 695. Ghazala dirige la prière dans la grande mosquée de Koufa, après la prise de la ville. Elle est regardée a posteriori comme l'une des premières imames avec Oumm Waraka, compagnonne de Mahomet.

Relation avec Shabib ibn Yazid

Les informations sur Ghazala ne viennent que des sources sunnites, qui contiennent des éléments anti-kharidjites car considérés comme hérétiques. Les propos sur Ghazala sont parfois contradictoires d'un ouvrage à un autre, mais Ghazala est admirée pour son courage et ses talents à cheval, ainsi que son ascétisme et sa piété[1],[2].

Selon les sunnites, les kharidjites ont une vision égalitaire de la chefferie : une personne peut être cheffe ou imame tant qu'elle est pieuse et juste, peu importe son origine sociale, tribale ou son genre. Selon ces mêmes sources, le djihad était un pilier de l'islam pour les hommes et les femmes, qui allaient à la bataille comme certaines femmes du temps de Mahomet[3].

L'historien Khalifa ibn Khayyat (mort en ) rapporte que Ghazala entre à Koufa avec Shabib ibn Yazid, mais ne précise pas leur relation. C'est l'historien abbasside irakien al-Jahiz (m. ), qui indique que Ghazala était mariée à Salih ibn Musarrih, commandant kharidjite ; lorsque Shabib lui succède, ce dernier aurait « hérité » de Ghazala. Il pourrait d'agir d'une pratique pré-islamique d'attribuer des femmes par héritage, ce qui est condamné par le Coran (IV, 19)[4].

L'acharite Ibn Tahir al-Baghdadi (m. ) affirme pour sa part que Salih a permis l'imamat à une femme anonyme, qui participait aux batailles. Après ces précisions, al-Baghdadi indique que Ghazala était la mère et Jahziya l'épouse de Shabib[5].

Prière dans la grande mosquée de Koufa

Selon Ibn Khayyat, Ghazala est montée sur le minbar et a récité le wird, une prière privée surérogatoire qui se concentre sur la récitation du Coran, à la suite d'un vœu fait[4].

Dans sa Chronique, le lettré musulman Tabari (m. ) raconte que Ghazala avait fait le vœu de réciter deux unités de prières dans la grande mosquée de Koufa, si son mari parvenait à conquérir la ville aux Omeyyades. Il réussit, et Ghazala dirigea la prière et récita les sourates de La Vache et La Famille d'Imrân, les plus longues du Coran[6]. Cette prière permet aux kharidjites d'affirmer leur contrôle spirituel, et la récitation de ces deux sourates en particulier montre la mémorisation du Coran par Ghazala, un trait associé au chef idéal dans l'islam[7].

Selon Ibn A'tham al-Kufi (m. début du IXe siècle) toutefois, c'est Shabib qui récite les deux sourates, mettant sa mère al-Jahizah et son épouse Ghazala sur le minbar[8]. Al-Baghdadi rapporte un événement similaire, mais toujours en inversant le lien des deux femmes avec Shabib[5].

Al-Masudi (m. ), qui salue le courage et les compétences guerrières de Ghazala, donne comme détails que, lorsqu'elle récitait le Coran, soixante-dix hommes[n 1] entrèrent dans la mosquée pour une prière spontanée (ghada), où un imam n'est pas obligatoire[7].

Mort

Le gouverneur de Koufa, al-Hajjaj ben Yusef, envoie des troupes dans cette ville pour la contrôler de nouveau ; Ghazala est tuée durant l'attaque. Le cavalier assassin ramène sa tête à al-Hajjaj comme trophée de guerre, mais Shabib ibn Yazid l'arrête en chemin. Reconnaissant la tête de son épouse, le général ordonne à un kharidjite nommé Alwan de tuer le cavalier, puis Shabib enterre la tête de Ghazala en disant : « Elle est plus proche de vous tous dans la miséricorde »[9]. Khalid ibn Attab l'aurait assassinée, Tabari affirme qu'il s'agit plutôt de Farwah ibn al-Daffan al-Kalbi[10].

Perception de son imamat

Notes et références

Articles connexes

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