Ghost in the Shell (film, 1995)
film d'animation de Mamoru Oshii
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Ghost in the Shell (攻殻機動隊, Gōsuto In Za Sheru/Kōkaku Kidōtai) est un film d'animation de Mamoru Oshii sorti en 1995. Il s'agit d'une adaptation cinématographique du manga du même nom de Masamune Shirow.
Kōkaku Kidōtai
Akio Ōtsuka
Iemasa Kayumi
| Titre original |
攻殻機動隊 Kōkaku Kidōtai |
|---|---|
| Réalisation | Mamoru Oshii |
| Scénario | Kazunori Itō (en) |
| Acteurs principaux |
Atsuko Tanaka Akio Ōtsuka Iemasa Kayumi |
| Pays de production |
|
| Genre | Science-fiction, action, policier |
| Durée | 82 minutes |
| Sortie | 1995 |
Série
Pour plus de détails, voir Fiche technique et Distribution.
En 2004, Mamoru Oshii a réalisé Ghost in the Shell 2: Innocence, conçue comme une œuvre distincte et non comme une véritable suite. En 2008, Mamoru Oshii a sorti une version mise à jour du film original, Ghost in the Shell 2.0, proposant un nouveau montage sonore et des animations 3D plus modernes.
Synopsis
L'histoire se déroule en 2029 dans un monde futuriste et dystopique de type cyberpunk. Le major Motoko Kusanagi et son collègue Batou, deux cyborgs, travaillent dans l'unité spéciale anti-terroriste du gouvernement (la section 9) de New Port City au Japon. Au cours d'une de leurs enquêtes, ils sont chargés de capturer un redoutable pirate informatique, insaisissable, connu seulement par son pseudonyme de « Puppet Master » (le « Marionnettiste »).
La traque se déroule sur fond de « guerre des services » de la section 9 face à la section 6, une unité rivale, cette dernière s'intéressant aussi au Puppet Master dans le cadre d'un projet mystérieux, le « Projet 2501 ».
Résumé détaillé
En 2029, les progrès technologiques permettent d'augmenter le corps humain, voire de le remplacer intégralement par des prothèses cybernétiques. Parmi ces innovations figure le cyberencéphale, une enveloppe mécanique pour le cerveau humain permettant l'accès à Internet et aux réseaux de données. Le terme « ghost » désigne couramment la conscience qui habite le corps, appelé « shell ».
Le Major Motoko Kusanagi est chef d'unité d'assaut pour la Section 9 de la sécurité publique de la futuriste ville de New Port, au Japon. Sur demande de Nakamura, directeur de la Section 6, elle assassine un diplomate étranger afin d'empêcher un programmeur nommé Daita de faire défection.
L'interprète du ministre des Affaires étrangères est victime d'un piratage de ghost, vraisemblablement dans le but d'assassiner des personnalités lors d'une prochaine réunion diplomatique. Suspectant le Puppet Master d'en être l'auteur, l'équipe de Kusanagi remonte les appels téléphoniques ayant servi à transmettre le virus. Après une course-poursuite, ils capturent un éboueur et un individu armé. Ceux-ci se révèlent n'être que des personnes dont le ghost a été piraté, sans aucune connaissance du Puppet Master, l'enquête piétine.
L'usine de Megatech, une mégacorporation soupçonnée d'entretenir des liens étroits avec le gouvernement, est piratée et produit un corps cybernétique qui s'échappe sur une autoroute avant d'être renversé par un camion. En l'examinant, la Section 9 y découvre un ghost humain. Nakamura intervient alors de manière inattendue pour récupérer le corps, muni d'une autorisation du ministre des Affaires étrangères. Il affirme que le ghost qu'elle abrite est celui du Puppet Master lui-même, attiré dans cette enveloppe par la Section 6. Le corps se réactive, et le Puppet Master se décrit comme un être vivant issu des entrailles du Net, et réclame l'asile politique. Après un bref échange philosophique sur ce qui constitue l'humanité, un agent camouflé accompagnant Nakamura crée une diversion et s'empare du corps.
Ayant anticipé une manœuvre frauduleuse, l'équipe de Kusanagi se lance immédiatement à sa poursuite. Parallèlement, la Section 9 enquête sur le « Projet 2501 », mentionné par le Puppet Master, et établit un lien avec Daita, que la Section 6 cherche à retenir sur le territoire. Face aux informations recueillies, Daisuke Aramaki, directeur de la Section 9, conclut que la Section 6 a créé le Puppet Master à des fins politiques et cherche désormais à récupérer le corps qu'il occupe.
Kusanagi piste la voiture transportant le Puppet Master jusqu'à un bâtiment abandonné, gardé par un char robotique lourdement armé. Impatiente de plonger dans le ghost du Puppet Master, elle engage le combat sans attendre de renforts et voit son corps robotique en grande partie détruit. Son partenaire Batou arrive à temps pour la sauver et l'aide à connecter son esprit à celui du Puppet Master.
Celui-ci explique à Kusanagi qu'il a été créé par la Section 6. En parcourant divers réseaux, il a acquis une conscience et commencé à s'interroger sur sa propre existence. Convaincu que l'essence de la vie réside dans la reproduction et la mortalité, il aspire à habiter un cerveau biologique voué à mourir. Ne pouvant s'échapper du réseau de la Section 6, il a dû se télécharger dans un corps cybernétique. Ayant interagi avec Kusanagi à son insu, il estime qu'elle remet elle aussi en question sa propre humanité et qu'ils ont beaucoup en commun. Il lui propose une fusion de leurs ghosts, en échange de quoi elle hériterait de toutes ses capacités. Kusanagi accepte.
Des tireurs d'élite de la Section 6 survolent le bâtiment avec l'intention de détruire les cerveaux du Puppet Master et de Kusanagi pour étouffer l'affaire du Projet 2501. Le corps cybernétique du Puppet Master est détruit, mais Batou parvient à protéger la tête de Kusanagi, préservant ainsi son cerveau. La Section 9 encercle les lieux et les tireurs battent en retraite.
Kusanagi se réveille dans la planque de Batou, dans un corps de taille enfantine qu'il lui a trouvé au marché noir. Elle lui explique que l'entité qui l'habite désormais n'est ni le Major ni le Puppet Master, mais une combinaison des deux. Elle promet à Batou qu'ils se reverront, quitte la planque et s'interroge sur la direction à prendre.
Fiche technique
- Titre original : Kōkaku kidōtai
- Titre français[1] : Ghost in the Shell
- Réalisation : Mamoru Oshii
- Scénario : Kazunori Itō (en) d'après un manga de Masamune Shirow
- Design des personnages : Hiroyuki Okiura
- Musique : Kenji Kawai
- Société de production : Production I.G
- Sociétés de distribution : Tōhō (Japon) ; Manga Entertainment (Amérique du Nord) ; Pathé (jusqu'en 2017, en vidéo sous le label Manga Entertainment) / @Anime (France)
- Budget : 600 000 000 yens (environ 5 millions d'euros/6 millions de dollars)[2]
- Pays de production : Japon
- Langue originale : japonais
- Format : couleur — 35 mm — 1,85:1 — Dolby stéréo Digital
- Durée : 83 minutes
- Dates de sortie :
- Classification :
Distribution
- Atsuko Tanaka (VF : Tania Torrens) : le major Motoko Kusanagi
- Maaya Sakamoto : Motoko Kusanagi jeune
- Akio Ōtsuka (VF : Daniel Beretta) : Batou
- Tamio Ōki (VF : René Bériard) : Aramaki, le chef de la section 9
- Iemasa Kayumi (VF : Gilles Tamiz) : le Projet 2501, alias le « Puppet Master »
- Kōichi Yamadera (VF : Pascal Renwick) : Togusa
- Tesshō Genda (VF : Pierre Hatet) : Nakamura, le chef de la section 6
- Yutaka Nakano (en) (VF : Bruno Devoldère) : Ishikawa
- Kazuhiro Yamaji (VF : Marc Alfos) : l'éboueur no 1
- Shigeru Chiba (VF : Jean-Jacques Nervest) : l'éboueur no 2
- ? (VF : Déborah Perret) : la voix de l'ordinateur central
Production

Genèse
Après le succès des deux adaptations de Patlabor réalisées par ses soins, Mamoru Oshii écrit un pitch de ce qui deviendra Jin-Roh, la brigade des loups. Au moment de présenter son idée à Bandai Visual, le producteur de l'époque lui impose cependant de travailler sur le projet d'adaptation du manga Ghost in the Shell. Oshii, qui connaît déjà le matériau de base, s'applique alors à traduire visuellement les idées très complexes du manga[5].
Direction artistique
Les décors de la ville de New Port City au Japon, où se situe l'action, sont imaginés par le directeur artistique du film Hiromasa Ogura (小倉 宏昌). Celui-ci s'est, pour cela, inspiré de Hong Kong et notamment de la citadelle de Kowloon, ainsi que d'une ville imaginaire dessinée par Takashi Watabe (渡部 隆)[6].
Censure
Le film, dans sa version française, est traduit de manière à censurer la première phrase du personnage de Motoko. Le Major invoque alors un problème d'alimentation électrique pour expliquer ses difficultés de communication avec Batou, tandis que le texte original fait référence à sa menstruation et annonce ainsi certaines thématiques revenant tout au long du film, sous des formes moins explicites[7].
Accueil

Critique
Largement considéré comme l'un des plus grands films d'anime, ou film d'animation, de tous les temps, les critiques ont particulièrement salué les effets visuels du film, obtenus grâce à une combinaison d'animation celluloïd traditionnelle et d'animation CGI.
Box-office
Le film a été initialement un échec au box-office avant de devenir culte à la suite de sa sortie en vidéo, générant un chiffre d'affaires d'environ 43 millions de dollars.
Suite et variations
Télévision
- 2002 : Ghost in the Shell: Stand Alone Complex, série animée à laquelle Mamoru Oshii a contribué lors de la deuxième saison[8].
Films d'animation
- 2004 : Ghost in the Shell 2: Innocence. Film de Mamoru Oshii dans lequel reviennent les personnages de Batou et Togusa, peu après la « disparition » du major.
- 2008 : Ghost in the Shell 2.0[9]. Remake réalisé par Mamoru Oshii à l'occasion de la sortie du film The Sky Crawlers. Les celluloïds du film original sont numérisés et le compositing (mélange de plusieurs sources d'images pour en faire un plan unique) permet d'y inclure de nouveaux effets spéciaux. Certaines séquences sont entièrement remplacées par des animations en images de synthèse. Les dialogues et la musique sont également réenregistrés et légèrement modifiés[10].
Film en prise de vues réelles
- 2017 : Ghost in the Shell de Rupert Sanders.
Postérité
Place dans l'histoire du cinéma d'animation
Ghost in the Shell est devenu progressivement un film culte. Il est considéré désormais comme un classique du cinéma d'animation japonais et du cinéma de science-fiction cyberpunk[11],[12].
Le film a inspiré des cinéastes tels que les Wachowski, les créatrices de la saga de films Matrix.
Allusions dans d'autres œuvres
En 1998, la chanson King of My Castle du Wamdue Project dirigé par le producteur de musique américain Chris Brann est accompagnée d'un clip qui reprend des séquences de Ghost in the Shell. La chanson, comme le film d'animation, aborde la question des liens entre la conscience et l'inconscient au sens freudien[13].