Gilbert Lely
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Gilbert Pierre Raphaël Lévy |
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Gilbert Lely, né Lévy le à Paris XIIe et mort le à son domicile à Paris XVIIe, est un poète français.
Jeunesse et débuts
Après une enfance marquée par « la solitude et le manque d'affection »[1], Gilbert Lely se passionne pour la littérature grecque et latine. Il est tenté par le théâtre, avant de travailler dans l'édition d'art.
Ses premiers poèmes sont marqués par une tonalité parnassienne. En 1933, il devient responsable de rédaction de la toute jeune revue Hippocrate, revue d'humanisme médical[2].
Éditeur et biographe du marquis de Sade
Fin connaisseur de l’histoire de la médecine, qu’il illustre dans la revue Hippocrate, et historiographe — à la suite du travail fondamental de Maurice Heine — du marquis de Sade, Gilbert Lely est également l'éditeur de ses œuvres complètes (1962-1964), dont il publie en outre la correspondance inédite.
C'est en 1942, face aux ruines du château de Lacoste, autrefois propriété de Sade, qu'il a une véritable illumination — « sa première rencontre mystique avec Sade »[3] : l'amour de celle nommée « Josée » dans les poèmes du Château-Lyre se conjuguant soudain avec la présence de Sade et le souvenir de Maurice Heine[4]. En 1948, il rencontre le comte Xavier de Sade, qui lui ouvre les archives de sa famille, lui permettant ainsi d'entamer un travail d'historiographe et d'éditeur de Sade, qui sera poursuivi et complété, à sa manière, par Jean-Jacques Pauvert[5].
En 1952 et 1957, il fait paraître les deux tomes de Vie du marquis de Sade.
Poète
Protéiforme, son œuvre présente des libres traductions poétiques (Les Métamorphoses, 1930 ; La Folie Tristan, 1954), des poèmes dramatiques (Solomonie la Possédée, 1979) et des recueils divers (L’Épouse infidèle, 1966).
Yves Bonnefoy mentionne le côté « intemporel » de sa poésie et l'intérêt aiguisé de Lely pour le langage, sa relation particulière au langage, avec « un emploi rigoureux des mots, mené dans le scrupule le plus tendu mais avec des intuitions brusques, des intuitions fulgurantes », étant entendu que « l'écriture de poésie est l'intensification réciproque de la réalité que l'on vit et de la langue qui l'interroge[6] ». Bonnefoy lit dans cette tension entre vécu et langage un « grand cri de présence ».
Pour Gilbert Lely, la poésie doit « dévorer la réalité » et « sert à rendre assimilables les éléments nutritifs de la Réalité[7]. » Ainsi, rendant hommage à son ami René Char, dans le sillage du surréalisme, il donne cette définition de la poésie ou du « seul mode magnifique de vivre » :
« Nous avons toujours pensé que ce qui peut être dit de plus philosophique sur le fourvoiement éternel de l'homme, c'est que celui-ci a horreur de l'abolition des contraires. Or, le plus fécond espoir de l'existence nous semble précisément résider en des actes où se manifeste le refus des antinomies psychiques et métaphysiques que prétendent nous imposer les lois de la famille, de la religion et de l'ordre social présent ou à venir[8]. »
Vie privée et décès

Gilbert Lely épouse à Paris en 1979, Marie-Françoise Le Pennec, née le .
Mort le , il est inhumé au cimetière de Montmartre.
Postérité
Après la mort de son mari en 1985, Marie-Françoise Lely va s'employer à la réédition de son œuvre. Cela passe par la publication d'ouvrages comme Vie du marquis de Sade, réédité au Mercure de France en 1989 puis en 2004 ; la publication en trois volumes des Poésies complètes, édition critique établie et dirigée par Jean-Louis Gabin au Mercure de France en 1990, 1996, 2000 ; divers numéros d'hommage dans des revues, dont L'Infini en 1989, dirigée par Philippe Sollers.
En 1991, une soirée est organisée au Centre Georges-Pompidou, à l'initiative d'Yves Bonnefoy, dans le cadre de la Revue parlée, accompagnée d'une exposition intitulée « Pour Gilbert Lely »[9].
À l'occasion du festival d'Avignon 1996, le metteur en scène Christian Rist monte cinq spectacles originaux tirés de l’œuvre de Gilbert Lely et créés spécialement à cette occasion, en particulier deux pièces de théâtre, Ne tue ton père qu'à bon escient, tragédie de jeunesse, datée de 1932, saluée à l'époque par l'écrivain André Suarès, et Solomonie la possédée, poème dramatique tiré du conte russe d’Alexeï Remizov[10] ; une lecture originale, par de très jeunes gens, de La Folie Tristan, poème anglo-normand du XIIe siècle, adapté et réécrit par Lely tout au long de son existence, telle une œuvre « fétiche » ; ainsi qu'une mise en scène des Six métamorphoses d'Ovide, dans une traduction libre du latin par Lely[11]. Ces créations sont reprises à la rentrée au Théâtre Molière à Paris.
En 2004 ont lieu les manifestations du « Centenaire de Gilbert Lely » avec un colloque[12] à la Maison de l'Amérique latine et à la Sorbonne[13]. Ce Centenaire est d'abord conçu comme la recherche de lieux symboliques dans Paris ; le cœur en est une exposition « Hommage à Gilbert Lely - 1904-1985 »[14], qui se tient à la bibliothèque de l'Arsenal[3]. Enfin, une soirée Revue parlée, intitulée « Gilbert Lely biographe, écrire Sade », a lieu au Centre Pompidou[3].
