Gilbert May

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Gilbert May
Gilbert May livre son ultime témoignage public lors de la Journée internationale dédiée à la mémoire des victimes de l'Holocauste à Strasbourg le 27 janvier 2013.
Biographie
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Université de Strasbourg
Université de Strasbourg (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
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Distinctions

Gilbert May, né le à Strasbourg et mort le dans la même ville, est un chef d'entreprise, ancien déporté résistant[1]. Il est l'un des rares juifs alsaciens à avoir été déporté dans le camp de concentration du Struthof.

Jeunesse

Gilbert May naît à Strasbourg le [2],[3].

Le , la déclaration de guerre entraîne l’évacuation de la capitale alsacienne. La famille s’installe vers Saumur. L’armistice du et l’annexion de fait de l’Alsace-Moselle ne leur permet pas de rentrer à Strasbourg. Ils s’installent donc à Saint-Amand-Montrond dans le Cher. Gilbert échappe à l’incorporation de force et étudie le droit à l’Université de Strasbourg, évacuée alors à Clermont-Ferrand.

Résistance et déportation

En 1943, il entre dans la Résistance afin d’aider à cacher les enfants juifs. Avec son père et son frère, il confectionne et fournit des faux papiers aux Juifs persécutés. Il participe aussi aux parachutages d’armes et de nourriture en provenance d’Afrique du Nord.

Recherché pour son activisme résistant, il rejoint le mouvement « Libération-Sud » en 1943 et intègre un maquis du département de la Creuse. En 1944, il est membre du maquis « Cher Sud », « compagnie Surcouf »[2].

Son père est fusillé par la Milice française à Saint-Amand-Montrond le . À la même époque, le maquis de soixante hommes où se trouvent les deux frères à Saint-Dizier-Leyrenne près de Bourganeuf est attaqué par un régiment de la Division SS Das Reich de 1 200 hommes armés de mitrailleuses lourdes et de mortiers qui montait vers la Normandie.

Neuf hommes sont blessés dans le groupe dont Gilbert May qui est atteint par une balle dans la gorge. Son frère Jean-Pierre présent à ses côtés le panse, et tous les blessés sont allongés dans l'herbe. Quand les SS donnent l’assaut, son frère le maintient debout. Les huit blessés restés allongés sur le sol sont abattus d’une balle dans le crâne.

Transféré dans une prison près de Cologne, Jean-Pierre May est abattu le . Gilbert May est interné à la prison de Clermont-Ferrand sous le nom de Jean Michot, puis déporté vers le camp de concentration de Natzweiler-Struthof (Alsace) le sous le matricule 26645 [4].

Après l’évacuation du Struthof en septembre, Gilbert May est transféré au Kommando d’Augsbourg où les déportés creusent une usine souterraine pour Messerschmitt.

Atteint d’une double pneumonie, il est conduit à Dachau avant d’être envoyé dans un nouveau Kommando, celui de Kaufering -Landsberg, où il participe à la construction de baraques. Lorsque ce Kommando est évacué le , Gilbert May est entraîné dans une marche de la mort de deux jours pour retourner à Dachau.

Le à 17h, les troupes américaines entrent dans le camp de Dachau et le libèrent.

Le témoin

À son retour de déportation, Gilbert May reprend ses études et rentre à Strasbourg où il se marie et dirige des affaires dans le domaine des vins, des emballages métalliques et de la confection.

Gilbert May est très engagé sur le plan associatif pour la mémoire de la Résistance et de la Déportation :

  • Vice-président national des Anciens de Dachau,
  • Trésorier national de l’UNADIF (Union Nationale des Déportés Internés et Familles) et de la FNDIR (Fédération Nationale des Déportés Internés de la Résistance),
  • Président départemental de l’UNADIF et de la FNDIR.
  • Membre de la commission exécutive du Struthof,
  • Vice-président du Comité d’action de la Résistance,
  • Membre de la commission départementale et membre de la commission de solidarité de l’ONAC.
  • Président d’honneur de la Licra Strasbourg

Il s’occupe également de l’UFAC et du Concours national de la résistance et de la déportation.

Toujours présent aux manifestations organisées en mémoire des victimes, il continue à transmettre son message aux jeunes générations :

« Zakhor ![5]. Car si par malheur vous ne continuiez pas à rappeler le souvenir de cette tragique période, les millions de victimes du nazisme seraient morts pour rien. »

Marié, il est père de deux fils, de quatre petits enfants et huit fois arrière grand-père.

Gilbert May meurt le à Strasbourg à l'âge de 88 ans. Il repose au cimetière israélite de Cronenbourg situé dans la même ville.

Distinctions

Hommages

Notes et références

Voir aussi

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