Gli orti
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| Gli orti | |
| Auteur | Nino Oxilia |
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| Pays | |
| Genre | Poésie |
| Éditeur | Alfieri & Lacroix |
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Gli orti (littéralement « Les potagers ») est un recueil de poèmes de l'écrivain et cinéaste italien Nino Oxilia, publié à titre posthume à Milan en 1918 par l'éditeur Alfieri & Lacroix[1],[2]. L'ouvrage constitue le testament littéraire de l'auteur, figure centrale de la vie culturelle de Turin au début du XXe siècle et représentant du courant crépusculaire[1],[2].
Liste des poèmes
La publication du recueil intervient quelques mois après la mort d'Oxilia, survenue en sur le mont Tomba lors de la Première Guerre mondiale[1],[2]. Mobilisé comme officier d'artillerie, l'auteur conservait le manuscrit avec lui sur le front afin d'en achever la révision[1],[2]. Les événements militaires, et notamment la retraite consécutive à la bataille de Caporetto, ont entraîné la perte d'environ un tiers du contenu original[1],[2].
Sous la direction du journaliste Renato Simoni, les éditeurs ont rassemblé quarante-deux poèmes, dont certains sont demeurés incomplets[1],[2]. La structure initiale prévue par Oxilia devait s'articuler autour de quatre sections thématiques : « Orti del sogno » (Potagers du rêve), « Orti della felicità » (Potagers de la félicité), « Orti del piacere » (Potagers du plaisir) et « Orti del sangue » (Potagers du sang)[1],[2].
- Gli orti (Les potagers)
- A cavalcioni del tempo (À califourchon sur le temps)
- Parole che vengono di lontano (Paroles qui viennent de loin)
- Alla finestra mentre piove (À la fenêtre pendant qu'il pleut)
- In automobile sotto la pioggia (En automobile sous la pluie)
- Io porto in me un’oasi di luce (Je porte en moi une oasis de lumière)
- Dopo il rifiuto (Après le refus)
- Sono stanco delle parole consuete... (Je suis las des paroles habituelles...)
- Ti avevo detto taci... (Je t'avais dit tais-toi...)
- Il canto dell'ira (Le chant de la colère)
- Perché? (Pourquoi ?)
- Il soffitto (Le plafond)
- La canzone folle (La chanson folle)
- Primo intermezzo (Premier intermède)
- Le passeggiere (Les passagères)
- Talvolta (Parfois)
- Tu e io (Toi et moi)
- Invito a Maria convalescente (Invitation à Maria convalescente)
- È tardi (Il est tard)
- Ma non le dissi nulla... (Mais je ne lui ai rien dit...)
- Tu mi guardi... (Tu me regardes...)
- Maggiolata (Chant de mai)
- Amo il marciapiède d'alluminio (J'aime le trottoir d'aluminium)
- O visto (J'ai vu)
- Studio di bianco e nero (Étude en blanc et noir)
- Studio di colore in pieno sole (Étude de couleur en plein soleil)
- Secondo intermezzo (Second intermède)
- Aspettando una donna (En attendant une femme)
- L'elogio del letto (L'éloge du lit)
- L'amante sconosciuta (L'amante inconnue)
- Viva la vita!... (Vive la vie !...)
- L'intestino presidente di Repubblica (L'intestin président de la République)
- A sera quando... (Le soir quand...)
- Contraddizione (Contradiction)
- Il canto dell'uguaglianza (Le chant de l'égalité)
- Il canto del soldato in marcia (Le chant du soldat en marche)
- Ieri (Hier)
- Il saluto ai poeti crepuscolari (Le salut aux poètes crépusculaires)
- Il cuore, l'anima, il poeta (Le cœur, l'âme, le poète)
- La preghiera della patria (La prière de la patrie)
- Dio (Dieu)
- Invocazione ai giovani (Invocation aux jeunes)
Thématiques et esthétique
Gli orti témoigne d'une transition esthétique dans l'œuvre d'Oxilia. Ses premières productions, telles que la pièce à succès Addio giovinezza! (1911), étaient marquées par l'insouciance et la tradition goliardique ([2]. Le décès de son collaborateur Sandro Camasio en 1913, suivi de l'expérience des tranchées, oriente sa poésie vers une réflexion plus grave et solitaire[1],[2].
Si le recueil s'inscrit dans la lignée du crépuscolarisme par son attention portée au quotidien, à la mélancolie et aux atmosphères provinciales, il s'en distingue par un certain éclectisme[1],[2]. Oxilia s'éloigne de la tonalité purement élégiaque d'un Sergio Corazzini ou de l'ironie de Guido Gozzano pour intégrer des éléments de modernité ([2]. Dans des textes comme Il saluto ai poeti crepuscolari, il évoque la fin d'un monde ancien au profit des découvertes scientifiques, de l'automobile et du cinématographe, annonçant par certains aspects la sensibilité futuriste ([2]. Les compositions finales, rédigées au front, introduisent une dimension patriotique liée à la vie de soldat[1],[2].
Réception
La sortie de l'ouvrage a coïncidé avec la reconnaissance institutionnelle de l'auteur, l'Université de Turin lui ayant décerné un diplôme en droit à titre posthume en ([2]. La critique souligne la capacité d'Oxilia à synthétiser les influences de Gabriele D'Annunzio et de la poésie classique avec une langue proche du registre parlé, faisant de ce recueil l'une des dernières manifestations significatives de la poésie lyrique italienne d'avant-garde avant la fin du conflit[1],[2].