Nino Oxilia
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| Nom de naissance | Angelo Oxilia |
|---|---|
| Naissance |
Turin |
| Décès |
Monte Tomba (Dolomites) |
| Nationalité |
|
| Profession |
Angelo Oxilia connu comme Nino Oxilia (né le à Turin et mort le sur le Monte Tomba (it)) est un journaliste, écrivain, poète, réalisateur et scénographe italien actif durant la période du muet.
Nino Oxilia commence sa carrière comme journaliste pour les journaux La Gazzetta di Torino et Il Momento. Étudiant à l'Université de Turin, il est actif dans la vie estudiantine et culturelle de la cité, participe à la Goliardia et entre très tôt en contact avec le mouvement crépusculaire et futuriste.
En 1909, il écrit pour la Goliardia turinoise le célèbre hymne Il Commiato (Les Adieux), connu aussi d'après son refrain comme Giovinezza (Jeunesse). Il est mis en musique par Giuseppe Blanc.
Il acquiert sa célébrité grâce au succès de sa comédie Addio giovinezza! (Adieu jeunesse !, 1911), écrite en collaboration avec Sandro Camasio[1], Elle va inspirer quatre adaptations cinématographiques, dont la première est l'Addio giovinezza! (1913) tourné par Oxilia lui-même. Une collaboration précédente d'Oxilia et Camasio a donné naissance à la comédie La zingara (La tzigane).
La profonde amitié doublée d'une collaboration littéraire entre Oxilia et Camasio leur vaut d'être appelés I dioscuri : « Les dioscures », dans le milieu de la Goliardia turinoise au début du XXe siècle.
Oxilia compose ensuite la comédie La Donna e lo specchio (La Femme et le miroir) et, en 1912, avec Sandro Camasio et Nino Berrini, la revue estudiantine théâtrale Cose dell'altro mondo (Les Choses de l'autre monde), dans le genre satirique et humoristique, qui est également un succès[2].
Son unique recueil de poésies est Gli orti (Les jardins[3]), une publication posthume de 1918 dans le genre crépusculaire.
Parti au front durant la Grande Guerre, il perd la vie le , fauché par une grenade, alors qu'il participe à la résistance héroïque sur le monte Tomba, contrefort du monte Grappa.
Œuvres
Théâtre
- 1909 : La zingara (La tzigane) (texte et mise en scène avec Sandro Camasio)
- 1911 : Addio giovinezza! (Adieu jeunesse !) (texte et mise en scène avec Sandro Camasio)
- 1912 : Cose dell'altro mondo (Les Choses de l'autre monde) (revue théâtrale écrite avec Sandro Camasio et Nino Berrini)
- 1914 : La Donna e lo specchio (La Femme et le miroir)
Poésie
L'œuvre poétique de Nino Oxilia constitue un témoignage significatif de la scène littéraire turinoise au tournant du XXe siècle. Bien que sa notoriété repose principalement sur son activité théâtrale et cinématographique, sa production lyrique suit un parcours autonome et structuré. Initialement influencée par les modèles classiques et par Gabriele D'Annunzio, sa poétique s'inscrit ensuite dans le courant du crépuscularisme. Elle ne s'y limite toutefois pas, intégrant des influences symbolistes, des échos de l'œuvre de Giovanni Pascoli ainsi que quelques rares affinités avec le futurisme[4].
Primi versi (1904-1905)
Rédigé entre mai 1904 et juillet 1905, le recueil Primi versi demeure inédit du vivant de l'auteur. Il n'est publié qu'en 1973 par Roberto Tessari au sein de l'édition intégrale de son œuvre poétique. Cet ensemble documente la phase d'apprentissage de l'auteur, alors adolescent, et révèle une voix poétique en formation. Les poèmes sont marqués par l'influence de la tradition du XIXe siècle et du début du XXe siècle, notamment celle de Pétrarque et de Gabriele D'Annunzio[4]. L'ascendant de ce dernier est particulièrement explicite dans la pièce de clôture, L'opera mia! (datée du 5 juillet 1905 et dédiée au poète de Pescara), ainsi que dans l'essai contemporain La poesia moderna e Gabriele D’Annunzio. Bien que ces écrits témoignent d'une dette stylistique évidente envers ses modèles, ils illustrent la recherche d'une autonomie créative et préfigurent la distance critique qui caractérisera ses œuvres de maturité[4].
Dulcis amor (1906)
Les débuts publics d'Oxilia remontent à 1906, avec la parution dans la Gazzetta del Popolo della Domenica d'une suite de quatre sonnets intitulée Dulcis amor, signée sous le pseudonyme « Angiolo Nino Oxilia ». Le choix du sonnet, forme centrale de la tradition italienne, témoigne de son attachement à la lyrique pétrarquiste et d'une volonté d'affirmation formelle au sein du paysage littéraire de l'époque[4]. La thématique amoureuse y est développée avec des tonalités oscillant entre intimisme et lyrisme, où s'entremêlent réminiscences dannunziennes et inflexions plus sobres. Malgré la jeunesse de l'auteur, Dulcis amor constitue une étape clé de son parcours : cette œuvre marque sa première déclaration publique de vocation poétique et son insertion officielle dans la scène littéraire turinoise du début du siècle[4].
Canti brevi (1909)
Premier recueil poétique publié en volume et seul ouvrage paru sous la supervision directe de l'auteur, Canti brevi est édité par Spezia à Turin en 1909. Initialement conçu sous le titre Versi, le recueil rassemble 61 poèmes sans titre. Conformément aux instructions d'Oxilia, les textes sont imprimés uniquement sur les belles-pages (pages de droite) du volume. Cette mise en page reprend celle d'une édition célèbre de Canto novo de Gabriele D'Annunzio, confirmant l'influence formelle persistante du poète de Pescara[4]. L'œuvre se distingue par une forte dimension ironique et auto-ironique envers l'acte poétique, illustrée dès la couverture par une épigraphe de Maxime Gorki : « Ce sont des choses si vieilles, si rances, qu'elles ne valent pas la peine d'en parler ; à quoi bon ? ». Cette stratégie de dépréciation s'inscrit dans les codes du crépuscularisme, visant à porter un regard désenchanté sur le rôle de l'intellectuel et la fonction sociale de la poésie[4].
Différentes sensibilités cohabitent au sein des Canti brevi : aux thématiques crépusculaires liées aux « petites choses », à la fuite du temps et au sentiment de la mort, s'ajoute une sensualité explicite aux accents érotiques proches des Laudi de D'Annunzio. Le recueil intègre également des influences pascoliennes et des références à la tradition lyrique classique, notamment à travers la figure de l'apostrophe au cœur. Le noyau central demeure le thème de la jeunesse évanescente, déjà exploré dans la chanson Il commiato (1909) ; composée à l'origine comme un hymne d'étudiants (goliardisme), elle connaîtra une immense postérité sous le titre de Giovinezza !. L'œuvre se distingue ainsi par un entrelacement original de mélancolie, de vitalisme et de nostalgie, tout en restant formellement ancrée dans le courant crépusculaire[4].
Gli orti (1918)
En 1918, grâce à l'intervention de Renato Simoni, le recueil posthume Gli orti est publié à Milan chez Alfieri & Lacroix. L'ouvrage rassemble quarante-deux poèmes, dont certains ont été reconstitués à partir de fragments de manuscrits dispersés au front[4]. La liasse originale, qu'Oxilia transportait avec lui durant la guerre, a été partiellement perdue : selon le témoignage de Simoni, environ un tiers des textes a été détruit, rendant impossible une reconstitution intégrale de l'œuvre originale[5]. Les notes d'Oxilia prévoyaient une structure divisée en quatre sections — Orti del sogno (Jardins du rêve), Orti della felicità (Jardins de la félicité), Orti del piacere (Jardins du plaisir) et Orti del sangue (Jardins du sang). Cependant, la perte de nombreux poèmes (dont La pesca notturna, Quando sogno, Il canto della nostalgia et Il canto del sottomarino) a empêché le respect de ce plan originel. Les textes subsistants ont néanmoins été ordonnés en suivant, dans la mesure du possible, les intentions de l'auteur[5]. Le recueil, qui comprend le célèbre Saluto ai poeti crepuscolari (Salut aux poètes crépusculaires), témoigne du dialogue étroit d'Oxilia avec les courants poétiques du début du XXe siècle. À la sensibilité élégiaque des crépusculaires — Guido Gozzano, Sergio Corazzini, Sandro Camasio — et au ton « paradisiaque » de D'Annunzio, s'ajoutent des échos de Pétrarque et du Stilnovismo. Parallèlement, l'œuvre s'ouvre à la modernité en introduisant des motifs contemporains tels que le cinématographe, le télégraphe et l'automobile[4].
Dans sa présentation, Simoni définit le volume comme le testament d'un artiste qui, bien que marqué par la mort prématurée de Camasio et l'expérience de la guerre, continue de poursuivre la « réalité secrète de ses rêves » à travers une poésie tendue « vers les cimes », dans un équilibre entre nostalgie et élan vital[5]. Pour la critique, Gli orti ne représente pas seulement le congé lyrique d'Oxilia, mais constitue l'un des aboutissements de la période crépusculaire. L'œuvre s'en approprie les thèmes avec éclectisme, tout en manifestant une attention particulière aux mutations technologiques et sociales de son époque[4].
Chanson
- 1909 : Il Commiato (Les Adieux) connu aussi d'après son refrain comme Giovinezza (Jeunesse)
Filmographie
- 1913 : In hoc signo vinces (Sous ce signe tu vaincras)
- 1913 : Il Focolare domestico
- 1913 : Addio giovinezza! (Adieu jeunesse !)
- 1913 : Il Velo d'Iside (Le Voile d'Isis)
- 1913 : Cadavere vivente (Cadavre vivant)
- 1914 : Sangue blu (Sang bleu)
- 1915 : Papà (Papa)
- 1915 : Fleur de mal (fior di male) de Carmine Gallone scénario Nino Oxilia
- 1915 : L'ammiraglia (L'amirale)
- 1915 : Nella fornace (Dans la fournaise)
- 1915 : Il Sottomarino no 27 (Le Sous-marin no 27)
- 1917 : Rhapsodie satanique (Rapsodia satanica)
